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mardi 26 avril 2011

Partir, revenir (rattrapage) - par Adrienne


Dans "Vieni via con me", Roberto Saviano et Fabio Fazio se répondent sur le thème "je quitte l'Italie / je reste en Italie, parce que... "
Leur échange m'a inspiré ces réflexions:


Je pars parce qu'ici trop de choses me rappellent des douleurs
Je reste parce qu'ici tant de choses me relient au passé

Je pars parce que j'ai des envies d'ailleurs
Je reste parce que j'aime être ici

Je pars pour relever de nouveaux défis
Je reste parce qu'ici ma vie est déjà un défi

Je pars pour me rapprocher de mes amies
Je reste pour les amies qui sont ici

Je pars pour aller enseigner ailleurs
Je reste parce que j'enseigne avec passion ici

Je pars parce que l'évolution politique ne me plaît pas
Je reste parce qu'il faut continuer à le dire

Je pars parce qu'ici je n'ai plus de famille
Je reste parce que chaque fibre me relie à ce pays

Adrienne

dimanche 24 avril 2011

Partir, revenir (rattrapage) - par Céline Laurent


Comment ça, tu as dû t’endormir ? Je ne sais pas, je me suis retrouvée dans la voiture, il faisait nuit. Mais, ce matin, tu partais bien au boulot, non ? Oui, j’ai déposé Samuel au collège, et après j’ai vu les chiens sur la route. Je ne voulais pas les écraser, alors j’ai pris un petit chemin, que je ne connaissais pas. Des chiens ? Tu changes de route quand tu vois des chiens maintenant ? Oui, non, enfin, ce n’était pas comme d’habitude. Ces chiens étaient sur la route, et ils ne se poussaient pas si j’avançais. Alors j’ai pris ce chemin. Et j’ai eu envie de marcher dans le bois. Les feuilles étaient tellement lumineuses … J’ai ramassé une bogue de châtaigne. Et tu avais le temps ce matin, de faire une petite promenade peut-être ? Je ne sais pas, je me sentais si bien, dans ce jaune, ce calme. Alors quoi ? Je peux quand même savoir ce que tu fais de tes journées, puisque qu’apparemment tu n’es pas au bureau. D’ailleurs, j’ai dit à ta collègue que je ne savais pas où tu étais. Je ne pouvais pas quitter le bois et je ne savais pas quelle heure il était. Et Samuel, sur le trottoir, dans quel état il était quand il m’a appelé ? Tu y pensais, pendant ta balade ? Samuel ne m’en voudra pas, je lui raconterai et il comprendra. Mais regarde-toi, tu es pleine de terre, tu as de l’herbe dans les cheveux. Tu t’es roulée par terre pour t’amuser ? Non, bien sûr. Je suis allée jusqu’à un tas de feuilles mortes. C’est là qu’on s’est rencontré. Arrête maintenant. Explique-toi et ne tourne plus autour du pot. C’est insupportable. C’était comme avant, quand on jouait ensemble. On s’est serré dans les bras. Après je ne sais plus. Tais-toi, tu m’écœures. Ce n’est pas ce que tu crois. C’était elle, ma fée des bois, je lui disais tout. Quand j’allais me cacher, c’est elle qui me consolait. Grâce à elle, je n’étais jamais seule. Plus jamais seule…elle est enfin revenue. Regarde, elle m’a offert cette châtaigne. Pourquoi tu pleures ?

mardi 22 mars 2011

Partir, revenir (Ex n°12, rattrapage) par Wejna



Yves est rentré hier d’un an tour du monde. Yves est mon copain d’enfance. Il est venu directement dîner à la maison. Isabelle lui avait fait un tiramisu.
- Alors ce voyage, c’était comment ? lui a-t-on demandé, pour trouver un lien entre son absence et maintenant qu’il revenu.
- Bien, a-t-il simplement répondu avec le sourire. Puis voyant que son assistance restait un peu sur sa faim, il raconta deux trois anecdotes. J’ai appris le Russe, j’ai mangé des insectes au Laos, j’ai fait la fête à Shanghai, j’ai remonté l’Amérique du Sud, j’ai parcouru 10 000 kilomètres, etc. 
Ca a suffit à combler la curiosité de l’assistance. J’étais content de le retrouver mais une mince séparation de glace restait, invisible. C’est vrai qu’un an c’est long mais je dois reconnaître que je n’ai rien vu passer. Comment n’ai-je pas plus ressenti son absence ? Aurais-je été capable d’oublier mon super pot ?

- Et toi, quoi de neuf à Paname ? demanda-t-il, me renvoyant malicieusement la balle.
Mais oui, qu’ai-je fait, moi, pendant cette année ? Quel est le chemin parcouru quand nous n’avons pas de carte à tracer ? J’eu envie de répondre : c’est la rentrée des classes, très peu différente de l’année dernière. Dans un mois ce sont les vacances scolaires de la Toussaint puis viendra Noël et les fêtes de fin d’année. On va de repères en repères...
- Tu sais les enfants changent beaucoup en ce moment, vite. Ils se transforment physiquement d’une saison à l’autre. Ils construisent leur caractère. Nous, on change peu. On les observe.
Je repris un peu de ce Chardonnay bien frais remonté juste de la cave. Il ne disait rien alors je poursuivis.
- Nous avons refait la cuisine. Elle est plus claire. D’après Isabelle, c’est la mode du blanc, enfin en ce moment. Avec un peu de vert vif. C’est toujours bon d’avoir des petits projets. 
- Tu te souviens du Texas ?
Bien sûr ça n’avait rien à voir avec les cuisines, mais il a demandé ça comme ça sans transition. Et je me souvenais du Texas. Et de la postière aussi. Un jour Yves avait découvert un vieux terrain vague derrière l’A10. On y accédait encore par des petits chemins dans la campagne. Il m’avait vendu l’endroit comme un désert aride avec des puits de pétrole, un truc géant. En vrai, c’était un terrain de falun à l’abandon derrière une autoroute. Les camions de marchandises passaient là à toute vitesse avec le soleil dans le dos, faisant briller les chromes quand ils en avaient. Pour nous c’était la route 66. Le terrain était grand pour deux mômes. Des pelleteuses étaient garées pas très loin. Ca pouvait ressembler à un désert et à une compagnie d’extraction d’or noir. C’était devenu une cachette, c’était notre Texas. Puis il avait raconté ça à la postière qui s’ennuyait un peu dans la journée et était contente de parler à deux gamins inventifs. Il l’avait convaincu de nous accompagner.
- Comment était-elle venu la postière déjà ? lui demandais-je comme si je ne me souvenais plus bien. Mais j’avais juste envie qu’il me raconte. Et il adorait ça.
- Je lui avais prêté un vélo trop petit et nous avions roulé entre les nids de poule et le bruit des camions.
En disant ça, on a revu les mêmes images et on est parti à rire.
Je me souviens des odeurs sur ce chemin, les odeurs de pesticide, les odeurs de fer près des rails abandonnées, de l’herbe fraîchement coupée, de la paille et la couleur des bleuets tout le long de la route. La postière avait bien rigolé je crois et nous aussi. Elle nous avait fait fumer là notre première cigarette, des Lucky Strike, et on avait rejoué des scènes de feuilletons américains ou de western, ça je ne me rappelle plus très bien.

- Tu sais que je me suis remis à fumer, lui avouais-je. Oui je sais j’avais arrêté, puis j’ai repris, souvent.
Je ne lui dis pas combien j’avais regretté qu’il parte, que je lui en avais voulu même. J’aimais ces moments, où nous laissions nos copines aller se coucher après le dîner pour nous échapper derrière la cabane de jardin avec un verre de whisky et un cigare. On refaisait le monde ou on se le faisait croire. On parlait whisky. Chaque ouverture de bouteille était sacrée. Il l’accompagnait d’une tirade d’une demi heure au bas mot sur sa provenance, sa distillation. C’est comme ça que j’ai apprécié les single malt de caractère, élevés aux embruns et à la tourbe. Nous aimions les Laphroaig un peu épais ou la finesse des Nikka un brin salés. Il ne se lassait pas de me parler des territoires et des hommes qui ont l’amour de la terre. Il a ce don de savoir vous faire voyager à travers un whisky, un cigare ou même un vin de pays. Une année, il voulu m’emmener faire un tour à bicyclettes des distilleries sur les îles d’Ecosse. Ou alors il disait : « viens, on s’achète un bateau, on part trois mois et on atteint le Cap Vert ». Mais il y avait Isabelle et les enfants déjà. Et puis on disait ça comme ça, pour déconner entre pots, ça n’était pas vraiment sérieux.

Il regardait le fond du jardin avec attention.
- Et cette cabane ? Tu l’a retapée ou bien ?
- Non. En plus elle est pleine de mousse.
Je sais qu’il y a de la mousse sur la cabane à jardin parce que j’y vais toujours, seul. Je m’y cache pour fumer. Il n’a pas voulu laisser ses rêves à l’enfance le salaud. Ils les a construits parce que c’est ce qu’il s’était promis d’être. Il n’a simplement pas réussi à grandir sans eux, à faire le deuil de ses jours heureux de petit garçon.
- Tu n’as jamais cessé d’y croire au fond...
- A quoi ?
- Au Texas.
- Et toi ?

 Wejna 

lundi 19 avril 2010

Partir, revenir (ex. n°12, le retour) - par Ornella N.


Prendre notre rencontre comme une chance.
Oublier les nuits passées à penser que peut-être.
Maquiller mes yeux bleus en noir pour ne pas lui ressembler.
Construire un futur où tu n’auras pas ta place.
T’imaginer souvent, berçant votre enfant.
Oublier que ça aurait pu être le nôtre.
Chasser la transparence de ton sourire sur les visages des hommes qui m’approchent.
Déménager pour vivre loin de ton fantôme.
Accepter notre défaite.
Ravaler mes larmes.
Etre forte.
Grandir.
Sourire de nos souvenirs.
Et puis un jour, vous rencontrer à nouveau.
Et, en ne t’aimant plus vraiment, proposer de vous recevoir.

vendredi 16 avril 2010

Partir, revenir (ex. n°12, 20 et dernier) : un kit de construction par Salomé V.


Partir-revenir : guide d’écriture



Prendre un élément de la rubrique 1 qui servira d’introduction, puis remplir le milieu comme bon vous semble, soit en suivant la tonalité donnée dans l’introduction, soit en créant un phénomène de surprise ou de rupture ; enfin, choisir un élément de la rubrique 2 qui servira de conclusion.

Vous l’avez compris, ce mini guide s’adresse aux amis écrivants qui essaient en vain de faire l’exercice d’écriture n°12 mais sont en panne d’inspiration. Je me permets de leur fournir ainsi quelques pistes, me plaçant très provisoirement au-dessus de la mêlée, ma modestie naturelle dût-elle en souffrir. Bonne chance à tous !



Rubrique n°1 :



1 - prendre son bain, un café, un taxi, une photo, un rendez-vous, des vacances, un flingue,

2 - prendre 4 bananes plantain, les éplucher, les couper en petites rondelles et les faire frire dans un peu d’huile,

3 - prendre ma place dans le trafic, les chemins de traverse, un enfant par la main pour l'emmener vers demain,

4 - prendre racine,

5 - prendre des vessies pour des lanternes, son ado boutonneux pour James Dean, son patron pour un type intelligent, son épouse pour un modèle de vertu, Diafoirus pour un médecin, BHL pour un philosophe, la vie de famille pour un long fleuve tranquille, les patients, les justiciables, les clients, pour des personnes respectables surtout si elles n'ont rien compris à vos explications,

6 - prendre sa femme pour une boniche (excusez le pléonasme),

7 - prendre à César ce qui est à César,

8 - prendre les signes extérieurs de richesse pour une preuve d'intelligence,

9 - prendre un amant - votre conjoint l'a bien cherché-, sa voisine en soutif sur son balcon - depuis le temps qu'elle vous provoque -, son pied intégral avec le premier inconnu qui passe,

10 - prendre une claque, un coup de poing en pleine gueule, un genou dans l'estomac, son gosse, les affaires de son conjoint...et les balancer par la fenêtre, le chiot du voisin du dessus et le noyer dans une bassine - marre qu'il pisse sur votre paillasson.







Rubrique n°2 :

1 - dans mes bras, ma galante aux yeux de biche et de tes lèvres un baiser fiévreux recevoir.

2 - vos invités arrivent, vous êtes prêt à les recevoir.

3 - tendre l'autre joue. Les baffes, c'est toujours par deux qu'il faut les recevoir.

4 - glisser un cercueil miniature dans une enveloppe et surveiller l'acheminement du courrier, pour s’assurer qu'elle va le recevoir.

5 - ne plus craindre les coups que vous ne manquerez pas de recevoir.

6 - se servir est plus efficace et plus sûr que d'attendre de recevoir.

7 - éviter à tout prix de se recevoir.

8 - à partir de maintenant, vous allez recevoir ce que vous allez recevoir.

9 - regarder la mort en face, se préparer à la recevoir.

10 - dorénavant, ne plus rester si longtemps sans recevoir.

Partir, revenir (exercice n°12, 19) - par Lyjazz récidiviste

Prendre garde à surfer sur la douceur de l'air
Être partie en hiver et
me laisser guider par la géographie du printemps
suivre le sens de la ligne du partage des eaux
aller par le canal jusqu'à la mer s'il le faut
le revoir et lui parler, à coup sûr
Prendre son regard dans le mien
me projeter dans sa vie et le ressac
car enfin, après ces dix jours loin, je sais quel est mon vœu
user d'empathie et de persuasion, obsidienne obédience
pour qu'il reconnaisse, enfin, ce que je peux faire pour lui
user de philtres aussi, pour obtenir, finalement, ce que je veux
mouiller à l'avance
Ah, oui, dans ce subtil va et vient je
veux qu'on
convienne d'une date, d'une heure, d'un moment
pour unir nos corps haletants
qui se frôlent, se cognent, se frottent
et ronronnent, feulent
tout d'abord en pensée qui se vit
car enfin, en moi je veux le recevoir....

jeudi 15 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 18) - par Marie L.


Prendre le temps. C’est ce qu’elle s’était juré de faire, pour elle, dans l’avion qui l’avait emmenée à New York trois semaines auparavant. Elle avait prévu de rentrer au bout de dix jours, mais au dernier moment elle avait changé son billet. On ne prend pas le temps comme on prend un avion. Alors ce temps dont elle avait besoin, elle avait décidé de se le donner, pour de bon. Trois semaines face à elle-même, pour décider. Revenir ou pas ?
En marchant dans les rues, sans savoir vraiment où la menaient ses pas, elle énumérait mentalement ce qui l’avait poussée à s’envoler.

Sa mère trop présente. Sans doute. Mais depuis quelques temps déjà elle savait s’en éloigner avant de lui laisser une chance de la ressaisir de son cordon nécrosé de solitude.

Son père. L’absent de toujours. Elle ne savait pas parler lorsqu’on lui a dit qu’il était parti. Le tabou autour de son nom, les photos cachées par ses ainés dans les agendas, le silence de plomb, comme toujours pour « ce qui risquerait de faire de la peine ». Elle ne saurait même pas dans quelle allée chercher.

Ses frères, si proches, si lointains, trop occupés par leur nombril d’ados quand elle aurait eu besoin d’une image masculine forte, enveloppante, de quelqu’un pour la soulager du poids de l’angoisse de cette mère abandonnée.

Cette sœur, inconnue, et qui le restera cas il ne peut en être autrement.

C’est comme ça. On n’y peut rien. Il ne faut pas remuer le passer. Ces petites phrases aussi, surtout, elle les a fuies. Trop occupés à occulter ce passé si effrayant pour eux, et pourtant si riche, ils en avaient tous oubliés le présent. Et ça c’était devenu insupportable.

Un avion au dessus d’elle la sort de sa méditation ambulante. Elle sent la crispation autour d’elle dans la rue. Elle n’était pas née à l’époque, mais elle sent bien que chez les anciens la mémoire est vivante. C’est ça qu’elle est partie chercher, à de milliers de kilomètres de chez elle. La mémoire de son histoire. Et pour la retrouver, il fallait s’éloigner de la toile familiale.

Lucie. La lumière. Elle ne pouvait pas continuer à vivre dans l’ombre. Elle a pris son temps et sa décision, la décision de s’offrir le plus beau cadeau. Aujourd’hui, c’est sa vie à elle qu’elle a choisi de recevoir.

Partir, revenir (exercice n°12, 17) - par Muchanuit

prendre les décisions qui s'imposent
tordre le cou aux rumeurs
pousser les murs,virer Mimi, tout nettoyer
éliminer les poils superflus, gommer ce qui se voit
partir sur de nouvelles bases, revoir les fondamentaux
envisager le pire et s'attendre à tout
démolir les fondations, séparer le sol du plafond
trouver la solution, revoir la décoration
ajouter un parfum
mettre tout à plat, restaurer la confiance
élaguer, tailler, raccourcir
aller à l'essentiel,calmer le jeu, tendre la main
déposer les rideaux, poser des rtt
accrocher les tableaux, ranger les voitures
poser du galon dans les embrasures
libérer les accès interdits du séjour
arrondir les angles droit devant soi
ne pas verser dans l'angélisme
ni refuser les compromis ou les postures
choisir d'accueillir avec le sourire
goûter enfin le si délicat plaisir de recevoir.

mercredi 14 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 16) - par Younes J.

Prendre femme. Le film l’a marqué et s’il se trouve en cet instant même entre les deux agents chargés de le rapatrier, c’est parce qu’il a été contrôlé à la sortie du cinéma. Il n’a pas eu la place près du hublot. De profil, le visage de l’agent est déjà imprégné de rêveries que miroite l’horizon bleu au-dessus des nuages.

Trouver les coordonnées de Ronit Elkabetz. Il se rendra au cybercafé dont il a été un habitué pour solliciter l’efficacité de google et pouvoir dire tout le bien qu’il pensait du film, de l’actrice et de la réalisatrice. L’hommage à la dame se construit par nappes nourries du sourire de l’hôtesse blonde à l’accent de l’Est. A dix mille kilomètres au-dessus des âmes humaines qu’on ne voit plus. Il aurait aimé être une bernache.

Embrasser les mains de sa mère, celles de son père, puis ses frères et sœurs. Quatre années de clandestinité ne donnent pas le temps pour penser à faire des cadeaux aux êtres chers quittés alors pour le meilleur. Ni de bonbons pour les gosses du quartier pauvre où il a grandi. Embrasser même les voyous et les filles que la cruauté humaine n’épargnait pas.

Essayer de garder bonne figure auprès des ados qui l’ont érigé en héros parce qu’il a tout défié pour partir à la grande aventure du siècle des hordes indésirables et surtout parce qu’ils ne pensent qu’à faire comme lui, ces gosses. Il a laissé quelques gouttes de sueur perler sur son front et les a vues traces humides étalées sur le sol européen. Il revient certes, pourvu qu’on comprenne qu’il y a pire. Il ramène deux mille euros et des poussières et des choses vécues à raconter.

Acheter une télécarte, puis appeler d’un télékiosque à l’air libre en composant le numéro griffonné sur du bout de papier à jeter après la folle lubie. Les coordonnées sont, à coup sûr, celles de l’agent qui n’a jamais le temps pour les sornettes d’un autre monde, véhiculées par des milliers de kilomètres de câblage, venant d’un homme expulsé et qui, de nouveau, doit tout prouver.

Essuyer de nouvelles sueurs encore et encore, essuyer les pieds bénis de sa mère et puis…

Prendre femme, celle dont l’amour est le plus sublime sens à donner et à recevoir.

Partir, revenir (exercice n°12, 15) - par Elisabeth L.

Prendre un avion pour ailleurs, et croire que cela allait changer ma vie, quelle illusion.

Je croyais que le monde me serait donné et il est resté à distance.

Je croyais rencontrer les autres et ils n’ont fait que chercher à m’éviter.

Je croyais oublier mon passé et il m’est revenu en boomerang.

Ce que je voulais c’était changer de vie, mais on n’en a qu’une seule.

Etre quelqu'un d’autre, n’importe qui de préférence !

J’ai pourtant fait les pieds au mur dans ce pays des Antipodes.

« Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! » comme dit le poète1.

Et maintenant je reviens las et je sais pourtant quelle est la voie.

Changer de tête, pas de visage, changer l’intérieur de ma tête.

Et cela ne peut venir que de moi.

Et peut-être aussi, qui sait, de la lettre que je vais recevoir.

mardi 13 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 14) - par Magaly

Prendre une profonde respiration
La laisser descendre et couler en moi
Découvrir toutes ses parties qui font un tout
Prendre l’envie de m’écouter… enfin…
Décider de nourrir mes rêves pas seulement ma peau
Ouvrir les portes et redécouvrir le monde
Apprécier la caresse du soleil
Celle de la pluie et du vent aussi
Profiter des paysages immenses et des chemins de traverses
Goûter ce que je ne connais pas
Aimer ou non
Sourire aux autres et pas seulement aux audacieux
Examiner le chemin parcouru, apprécier la distance restante
Faire face à la vie et accepter de la recevoir.
 
Magaly

Partir, revenir (exercice n°12, 13) - par Brigitte F.

Prendre alors la vie d’un meilleur côté
Prendre encore l’amour et le rire pour partage
En reprendre, encore et encore
Passer d’un état  second à un état premier, découverte et respiration
Souffle et vision, texte et lettre
Prendre surtout le temps de… le temps pour… le temps avec… le temps vers….le temps, le temps
Attendre la pleine lune et se sentir mieux
Attendre le printemps et se sentir revivre
Oublier l’hiver, ne plus se sentir vieux
Voir le bleu, le blanc, de la vie toujours en recevoir.

lundi 12 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 12) - par Zelapin

Prendre l'avion sans vous,
c'est prendre du bon temps sur un accord mineur.
Quand nous nous poserons, je saurai des tas de choses sur notre vie que vous ne savez pas_encore.

Pour commencer, je vais faire une place à votre « être au monde », une place physique, vous choisirez la pièce, les meubles, les plantes, le tapis, ou rien comme vous le voudrez,

Puis je prendrai plaisir à ménager à vos « effets personnels » de pratiques étendues planes, je savourerai cette matérialité sans vie de votre présence, l'absence de vos formes dans ces tissus pliés vous dessinant déjà,

Avec pudeur et je le voudrais délicatesse je poserai près de la sonnette un nouveau petit carton manuscrit: un blanc, au-dessous un « et », au-dessous mon nom,

Dans le même esprit, un trousseau de clés sur le meuble de l'entrée,

Un nouvel abat-jour dépareillera avec bonheur au bout du canapé, son ampoule prête à lire par-dessus votre épaule,

Et ces banalités d'un ennui à mourir, ces contingences infâmes seront enfin les miennes puisque j'ose en rêver aujourd'hui en plein ciel, si j'ose vous les soumettre, si vous souhaitez les faire vôtres.

Me complaisant (sans garantie de durée mais avec une belle sincérité) dans cette triviale intendance d'une vie partagée, je m'apprête à vous recevoir.

Partir, revenir (exercice n°12, 11) par Christine C.

Prendre un bateau pour traverser le Fleuve,
Marcher sur le Quai en direction du Pont,
Fermer les yeux,
Se souvenir des images, les superposer : un amoureux blond, des enfants souriants,un amoureux brun, d'autres enfants souriants, les miens, un gros
bonhomme noir à chapeau melon, l'eau qui brille comme de la paille
Ecouter les mouettes, le bruit des voitures qui traversent le Fleuve, les vibrations du Pont, les petites vagues qui se brisent,
Arriver au bout du Quai,
S'apercevoir qu'on a remonté le temps en remontant le Fleuve,
Lever enfin les yeux vers la Ville( aller de droite à gauche, de gauche à droite),
Se souvenir du poème de Sophia*, garder les mots longtemps dans la bouche, le chuchoter à ton oreille : digo o nome da cidade, digo para ver,
je dis le nom de la ville, je dis pour voir

Je dis pour que tu vois
C'est mon cadeau, je pense : plaisir d'offrir
joie de recevoir ?


* Sophia de Mello Breyner Andresen

Partir, revenir (exercice n°12,10 ) par Paola


Prendre la tangente, voilà.
Je vais te faire ce cadeau mon Amour, revenir un jour et t’aimer. Devant ce ciel si bleu qu’il m’en faisait pleurer les yeux, j’ai compris ce que le vent m’a dit : partir et mieux revenir. C’est ça, Hombre, que tu voulais que je fasse, hein ?
Faire les valises, les vider du poids des ans, et les remplir de l’espérance. Les déplacer sur des roulettes, pour que jamais leur poids ne m’arrête.
Tiens, regarde, j’y mets le portrait de toi, celui au papillon, la photo que j’avais prise il y a un siècle au moins, tu étais vieux alors. Je la mets au fond, pour ne pas la voir, c’est toi, mais c’est le toi d’avant.
Et dessus, que crois-tu que je pose ? Mon livre, celui qui nous a fait grandir, celui que jamais tu n’as lu, c’est moi qui te l’ai écrit, mais de peur, non, tu ne sais même pas les premiers mots.
Les dessins des enfants, les miens. Ils sont mariés, je suis grand-mère, je ne les vois plus, depuis toi. Alors j’y vais, demain, me reconnaîtront-ils ?
Je suis belle encore, dans mon gris, dans mon vert, dans ma peau qui a pris le soleil. Dix jours partie, dix ans partis, c’est la magie des voyages, ils forment la jeunesse, et rendent fou les vieux sages. Alors mes petites culottes, à côté de mes bas noirs, ma prochaine destination c’est toi, je m’habille en vamp du soir.
Je l’aimais, je croyais, mais toi, toi l’homme au papillon, celui qui parle aux nuages et souffle avec le vent, toi qui a le sang qui bat l’encre de ton cœur, les mots doux, les mots si beaux, maintenant, viens, attends, j’arrive, je suis prête à les recevoir.

Paola.
www.lautrepaola.wordpress.com



vendredi 9 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 9) - par Salomé V.

-  Prendre la tangente,  partir, tout quitter, couper les ponts, larguer les amarres,  disparaître,
- Rompre avec  ce quotidien monotone, cette vie de famille étouffante, ce boulot abrutissant,

- Ne plus tomber du lit à l’aube, courir toute la journée, suivre un planning bien organisé,

- Fini le théâtre, terminée la représentation, ne plus jouer le rôle du bon père de famille, de l’époux attentionné ou de l’informaticien dévoué,

- Faire ce que je veux, quand je veux, sans contrainte, sans anticiper la suite des événements,

- Respirer, vivre dans l’instant, profiter de ce qui se présente, avoir du temps,

- M’enivrer de musique, de bon vin, de grand air, bouquiner et dormir tout mon saoul, manger 
n’importe quoi, m’habiller si je veux,

-  Vivre l’aventure,
On dirait que ma vie est un cadeau que je viens de recevoir.

jeudi 8 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 8) - par Sundog

Prendre cette liste et l'accrocher sur le frigo ou à scotcher sur ma table de nuit pour ne pas la perdre comme toutes les autres :

1- Gagner du temps, c'est ce que je vais faire désormais. C'est ce que je devrais faire. M'y atteler. Il faut que je me souvienne que la plus grande question de la journée était de savoir quel chemin nous allions prendre avec le groupe pour arriver au sommet de la montagne. Si seulement les gens dans ce groupe avaient été moins frileux les uns avec les autres. Mais pour qui je me prends ? J'ai été le plus froid entre tous.

2- Être plus à l'écoute des autres donc, comme je l'ai bien été avec les chevaux joueurs et peureux et les aigles aux yeux bandés du spectacle médiéval.

3- Être plus à l'écoute de moi-même, et peut-être faire plus de sport, et moins lire. Surtout moins lire des livres de supermarché.

4- Allez dans le café en bas de chez-moi et laisser sur la table mon numéro sur un bout de papier. Oser sans craintes. Pour que la jolie serveuse le trouve avec un pourboire conséquent. Surtout ne pas présumer de quoi que ce soit. Ne plus voir un futur qui n'existe pas.

5- Me délester de l'inutile et, surtout, de la peur de l'imprévisible qui n'a eu de cesse d'alourdir ma vie, et son pas.

6- Relire Le Petit Prince pour voir s'il me change adulte, comme il m'a changé enfant.

7- Provoquer des changements anodins pour que ce que je vois dans le miroir puisse me servir un jour.

 8- Téléphoner à mon père (ne pas oublier). Lui parler pour de vrai (pour une fois). Lui raconter comment le soleil brillait sur toutes les consciences pendant les vacances, et comment j'ai été heureux d'être là-bas, sans même m'en apercevoir. Essayer de ne pas entrer dans son jeu plaintif et négatif. Pendant la conversation : focaliser sur le soleil. Comme je l'ai reçu, lui expliquer sans paternalisme, qu'il n'est jamais trop tard, que lui aussi s'il le souhaite, peut le recevoir.

Sundog

Partir, revenir (exercice n°12, 7) - par Gilda F.


(Pour moi ce serait dans un train. Il reviendrait d'au nord. Et puis ça serait après 8 jours et pas 10, c'était prévu 10 et puis voilà, ça n'aurait pas été, alors la mort dans l'âme la femme aurait raccourci son séjour)


  1. Prendre la décision qui s'impose quant à cet amour que Zangra a mis en route mais qu'au bout du compte il n'éprouve pas ; cesser de se demander pourquoi il a fait ça.

  2. Gagner enfin sérieusement au loto afin de l'aider néanmoins à sortir de sa mouise et mettre aussi hors d'eau les miens ; je ne suis ni éternelle ni fortunée. Il ne mérite pas la faillite dans laquelle il tombe.

  3. (Re)trouver rapidement un amant compétent (et en forme) ; ou tellement mieux, un amoureux. Ne plus se soucier de Zangra puisqu'il ne le veut pas.

  4. Achever fissa « Sans nouvelles », avancer vite « Café vanille, brasse papillon » et le difficile chantier EPAA. Ouvrir enfin le blog sur la vie quotidienne avec une part de thalassémie. Si je peux être encore un peu utile aux autres c'est là.

  5. Ranger l'appartement, sont à retrouver tant de papiers officiels considérés comme importants ; j'aurais des ennuis si ça traîne.

  6. Pour le bien qu'ils m'ont fait quand c'était réciproque, ne cesser d'aimer ni Jef, ni Marieke, ni non plus Zangra. Bien sûr ce n'est plus possible de la même façon. En être consciente sans pour autant nous renier. Ne pas laisser les dragons l'emporter. Pas les dragons, jamais. Seconder Florence.

  7. Cesser de ne faire que donner, se préserver, ménager ses propres forces, apprendre enfin à recevoir.

    Gilda F. 

mercredi 7 avril 2010

Partir, revenir (exercice n°12, 6) - par Martine B.

Prendre sa décision sans trop s’appesantir, quitter ceux qui cherchent à vous retenir

Se lancer un défi, en mesurer les risques,

Ignorer les peureux, les envieux, délaisser son confort,
recommencer ailleurs,

S’octroyer le temps de vivre, remplir son existence,

Décider de tout dire et choisir de l’écrire,

Changer ses habitudes pour aller de l’avant, puiser dans la rencontre un regain d’énergie

Donner beaucoup aussi, apprendre à recevoir.

mardi 6 avril 2010

Partir, revenir et partir encore (exercice n°12, 5) - par Serge A.



Prendre un peu de temps
Sentir le vent venir
S’en aller vider le vin de la cave
Gravir l’escalier de pierre
Puis l’échelle de meunier
Lisser de la main la solive veinée
L’éviter
Ecouter encore le grenier grogner
Puis se pendre à la poutre porteuse
Prier le monde de prendre ça
Comme une fin de non recevoir.