(Illustration de la version audio publiée début mars par Ecoutez Lire)
J'écris des romans de genre(s). Une de mes amies, aujourd'hui disparue, aurait dit avec un sourire "Et même de mauvais genre(s)."
Il faut dire que j'ai grandi dans la littérature populaire.
Dans les mythologies grecques et romaines et les Mille et une nuits.
Dans la Bibliothèque verte et le Livre de poche Policier (à l'époque où ils portaient sur leur tranche un cartouche distinctif qui était... un chat ! )
Dans Croc-Blanc de Jack London et Le dernier des Mohicans de Fenimore Cooper.
Dans Jules Verne et Maurice Leblanc. Et, bien sûr, Conan Doyle et Agatha Christie et H. G. Wells.
Alors qu'au lycée on ne jurait que par Balzac et Stendhal (qui m'endormaient profondément), je me régalais en lisant Les Trois Mousquetaires et La Légende des siècles. (Oui, Hugo était un auteur populaire, sinon il aurait pas eu deux millions de personnes à son enterrement...)
Je lisais aussi des BD franco-belges et des comic books, j'allais voir des films de cape et d'épée et des westerns.
Non seulement j'aimais les mauvais genres, mais aussi les mélanges de genres : les romans fantastiques de Conan Doyle, les histoires policières d'Asimov, les romances inter-espèces et intergalactiques de Philip José Farmer, les réécritures du Comte de Monte-Cristo d'Alfred Bester, les romances de SF de Robert A. Heinlein.
Quand je me suis mis à écrire des histoires, j'ai commencé par des nouvelles policières et des nouvelles de SF. L'une de mes toutes premières histoires, encore déchiffrable dans un de mes cahiers d'adolescent, est une histoire de vengeance avec voyage dans le temps. Ca s'appelait "Paradoxe (Le Condamné)" J'ai écrit ça à 15 ans.
Une autre est une histoire fantastique d'amour impossible qui finit par devenir possible. Bref, qui finit bien. J'ai écrit ça à 17 ans. Ca s'appelait "La Sylphide dans la colonne"
Mon coeur de lecteur a toujours balancé entre l'aventure, le mystère, le fantastique et l'histoire d'amour.
Et le cinéma, la radio, les chansons.
J'aime les histoires d'amour. Il y en a d'ailleurs dans tous mes romans, sans exception.
Plus tard, au début de mon âge adulte, beaucoup d'autrices m'ont aidé à mûrir :
Beauvoir, Woolf, Lessing, Sontag, Thérame, Millett, Steinem.
Ce
sont ces lectures - et ma rencontre avec la vie des femmes à travers
mon métier de médecin - qui ont (in)formé mon engagement féministe non
seulement dans l'exercice médical mais aussi dans mon écriture.
Quand j'ai été publié pour la première fois, La Vacation était un "roman médical"... Les suivants (en particulier La Maladie de Sachs) l'étaient aussi. J'ai été "reconnu" principalement comme un "écrivain-médecin" (ou un "médecin-écrivain"). Et pourtant, j'écrivais d'autres choses en parallèle : des romans policiers et de SF, des essais sur les séries télévisées.
J'ai toujours été un auteur transgenre et intersectionnel, au fond. Comme mes personnages. Parce que c'est comme ça que je me sens et que je vois le monde : comme l'intersection des expériences.
Au fil du temps, dans mes romans "mainstream" (ceux qui sont publiés par P.O.L) j'ai mêlé le médical, l'engagement féministe et l'histoire (Les Trois médecins) ; le médical et le sentimental (En Souvenir d'André) ; le médical, le féminisme et la SF (L'Ecole des soignantes), tout en construisant une longue fiction romanesque, historique, familiale et féministe, dans Abraham et fils, Les Histoires de Franz et Franz en Amérique.
Bref, je me suis amusé à jongler.
Le projet de L'Amour à temps était déjà ancien, comme je l'ai expliqué dans les épisodes précédents du "making-of", et il était ancré dans toutes les influences qui m'ont baigné pendant mon enfance et à l'âge adulte. Comme l'étaient tous les romans précédents, plus ou moins.
Mais à l'heure où les cartons voyagent vers les librairies, je me rends compte que pour la première fois je viens d'écrire un roman dont le thème central est
une histoire d'amour, qui commence par une enquête familiale et
historique, qui se poursuit par un voyage fantastique tout en abordant
les problématiques féministes qui me sont familières - et parle aussi de
mon obsession pour l'écriture, les livres, les bibliothèques et les
librairies, sans oublier la culture anglophone et les chansons.
Et qui (je crois) se finit bien.
Autrement dit : une Romance. Avec certains des "tropes" les plus classiques du genre : l'amour interdit, la proximité forcée, la seconde chance, le triangle amoureux (avec un twist), l'amnésie, le voyage dans le temps, le "Qui t'a fait ça"...
Et, fondamentalement, c'est le roman que j'ai toujours voulu écrire. Depuis le début.
Je suis très heureux d'y être parvenu enfin (il était temps, hahaha) et je pense que c'est grâce à tous les romans précédents que j'y suis parvenu. Ceux que j'ai lus et ceux que j'ai écrits.
J'espère qu'aux yeux des lectrices il est réussi.
Mar(c)tin
PS : Je viendrai le signer en France au mois de mars.
Beaucoup de choses peuvent changer entre l'idée initiale (et la formulation) d'un projet et sa forme finale.
Ainsi, le titre définitif du roman est L'Amour à temps. Mais ça ne l'a pas toujours été -- en tout cas, pas consciemment, j'expliquerai pourquoi.
Au début de ce feuilleton, juste après ma résidence à Tours en septembre-octobre 2024, le titre provisoire du roman était : Some Other Time/Une autre fois.
J'en ai parlé au début de ce feuilleton, l'idée du roman - et son titre - étaient né(e)(s) il y a bien longtemps, après que j'ai découvert un disque de Blossom Dearie, intitulé Blossom Dearie sings Comden and Green (1959).
(NB : Les liens de cet article renvoient aux pages wikipédia en anglais qui, pour la plupart, ont des versions françaises).
Blossom Dearie
(1924-2009) était une chanteuse et pianiste de jazz américaine, qui a
travaillé avec beaucoup de grands noms (Miles Davis, Johnny Mercer,
Johnny Mandel) et vécu, travaillé et enregistré en France entre 1952 et
1957. Elle forma en particulier avec Christiane Legrand un groupe nommé
les Blue Stars, qui donna ensuite naissance aux Swingle Singers...
Betty Comden et Adolf Green
étaient un duo de librettistes, acteurs, scénaristes et chanteurs
américains qui ont écrit les lyrics de comédies musicales pour de
nombreux compositeurs, en particulier Leonard Bernstein (pour On the Town/Un jour à New York et Wonderful Town) et Jules Styne (pour Bells Are Ringing) ainsi que le scénario de Singing in the rain/Chantons sous la pluie.
***
J'ai tout de suite été très touché par le disque de Blossom Dearie, et en particulier par la troisième chanson du disque, intitulée Some Other Time, dont voici les paroles (et leur traduction).
Where has the time all gone to?
Haven't done half the things we want to.
Oh, well, we'll catch up
Some other time
Oh, comme le temps a passé /Il n'y en a jamais assez /Eh bien, ce sera pour /Une autre fois
This day was just a token,
Too many words are still unspoken.
Oh, well, we'll catch up
Some other time.
La journée s'est vite enfuie/Nous n'avons pas encore tout dit/Eh bien, ce sera pour/Une autre fois Just when the fun is starting,
Comes the time for parting,
But let's be glad for what we've had
And what's to come.
On commençait à s'amuser/Il faut se séparer/Réjouissons nous de ce que nous avons partagé et/De ce qui viendra
There's so much more embracing
Still to be done, but time is racing.
Oh, well, we'll catch up
Some other time.
J'aimerais encore t'embrasser/Mais à présent, le temps est compté/Allez, ce sera pour/Une autre fois.
Ici, un mot du contexte : On the town est une comédie musicale qui raconte la journée de trois marins qui débarquent à New York pendant 24 heures de permission. Ils se lient à trois femmes de leur âge avec qui ils passent toutes ces heures et, bien sûr, les trois couples créent des liens... qui se défont à la fin de ces vingt-quatre heures. Some Other Time est chantée à la fin, lorsqu'ils et elles doivent se séparer. C'est une chanson mélancolique : On the Town a été écrite et représentée en 1944. La guerre n'était pas finie. Les marins qui bénéficiaient d'une permission n'étaient pas du tout sûrs de revenir vivants. Quand la pièce a été adaptée au cinéma, la guerre était finie. Les producteurs, qui voulaient en faire un film très joyeux et bondissant, n'ont pas inclus Some Other Time dans leur scénario.
La chanson est devenue un standard du jazz et a été reprise par beaucoup de musiciens et chanteurs parmi lesquels Bill Evans, Oscar Peterson, Tony Bennett, et beaucoup d'autres.
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J'avais l'idée d'un roman-d'amour-avec-voyage dans le temps (qui, incidemment, transposerait le mythe d'Orphée et Eurydice) depuis très longtemps. Quand j'ai entendu pour la première fois le disque de Blossom Dearie, au début des années 2000, j'ai eu le fantasme d'écrire sur ce thème un roman dont chaque chapitre serait "illustré" par l'une des chansons. J'avais même réorganisé les chansons dans l'ordre qui me semblait le plus approprié pour raconter mon histoire.
Comme souvent quand j'ai une idée initiale (ça a été le cas pour plusieurs de mes romans), j'ai pris des notes (manuscrites) et le projet est resté à l'état de préliminaires. Je suis revenu dessus périodiquement jusqu'au jour où j'ai décidé de m'y mettre à temps plein.
Il a évidemment beaucoup évolué en vingt ans, en passant du monde contemporain aux années 68 et 42, de Paris à Tours, d'un protagoniste français à une héroïne canadienne. Mais il m'est arrivé beaucoup de choses en 20 ans, alors, forcément, ça a déteint. :-)
Toujours dans la perspective de construire le roman autour des chansons du disque de Dearie/Comden/Green, le titre initial a longtemps été Some Other Time, puis Une autre fois car je n'étais pas sûr de vouloir publier un roman avec un titre anglais, certes simple, mais qui pouvait être rébarbatif. J'ai la faiblesse de penser (malgré ma grande affection pour la langue anglaise et ses cultures) que donner un titre anglais à un roman (ou à un film) en langue française est une forme de snobisme, de "marqueur" culturel qui "sélectionne" plus ou moins les lectrices et lecteurs potentiel·le·s.
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Dans mes archives électroniques (depuis mon premier roman, La Vacation (1989), je garde tout !), les fichiers informatiques les plus anciens intitulés "Some other time" datent de 2013, une année importante dans ma vie personnelle. (Je vivais déjà depuis quatre ans au Québec.)
Il y est question d'une "machine" à voyager dans le temps -- machine qui a disparu depuis ; mais il y est aussi question d'un personnage qui aide le protagoniste à voyager, et d'une jeune femme psychologue qui s'occupe d'un patient (ledit protagoniste) qui a passé 13 ans dans le coma (!!!). La jeune soignante, à son tour, voyage dans le temps, pour retrouver son patient avant qu'il n'ait son accident et tombe dans le coma. Dans ces mêmes notes, il semble évident que les trois personnages (le voyageur, la voyageuse, celui qui les fait voyager) sont intimement liés.
Ce que je trouve intéressant en relisant ça aujourd'hui (je n'ai pas rouvert mes plus anciens fichiers avant d'écrire ce texte pour le blog) c'est que les thèmes centraux sont déjà présents. Ce que j'avais oublié, cependant, c'est que la protagoniste, elle aussi, allait voyager dans le temps et que j'avais déjà, à ce moment-là, l'idée d'inverser le mythe (c'est Eurydice qui va chercher Orphée aux enfers).
Le choix de Tours (plutôt que Paris ou Tourmens, la ville imaginaire où se déroulent beaucoup de mes romans) a conditionné évidemment l'écriture du livre, et agi comme une "contrainte" au sens oulipien du terme, qui oblige à respecter certaines limites, mais qui donne une très grande liberté en puisant à l'intérieur de ces limites.
C'est parce que j'ai choisi Tours que j'ai résolu de manière simple mais (à mes yeux au moins) satisfaisante la question du voyage temporel.
J'avais initialement imaginé que la protagoniste était "transportée" dans le passé par une crise d'épilepsie qui survenait au cinéma (le cinéma occupe une place importante dans le roman) mais ça ne me satisfaisait pas. Et puis j'ai eu l'idée réjouissante d'employer un objet qui se trouve à Tours et qui m'a toujours fasciné... Si vous avez lu ce feuilleton dans son intégralité, vous savez de quoi je parle.
Mais les élément principaux étaient déjà mis en place. Ce qui a changé entre fin 2024 (la résidence) et le moment où j'ai mis le point final, ce sont des éléments d'importance différente mais qui sont tous essentiels à la narration :
-- les noms des personnages ; ils se sont transformés non seulement à l'écriture, mais au fur et à mesure que chaque figure prenait forme ; et aussi parce que les noms jouent un grand rôle dans un roman qui parle (entre autres) de la résistance, période à laquelle les personnages portaient souvent plusieurs patronymes/pseudonymes/diminutifs/noms de code... Comme pour mes romans précédents, j'ai puisé dans un "sac" métaphorique qui contenait... les noms et prénoms de mes ami·e·s les plus proches. Il n'y a que deux ou trois personnages "négatifs" dans le roman, dont un, historique, souvent cité mais aperçu seulement de manière fugace. Pour les autres personnages négatifs, j'ai inventé des noms qui ne risquaient pas de renvoyer à des patronymes réels ;
-- la place respective de l'historique et du romanesque ; dans la toute première version du roman, il y avait beaucoup de digressions historiques ; je les ai grandement élaguées dans les versions ultérieures pour ne garder que l'essentiel ;
-- l'ordre des chapitres : j'ai dû tâtonner beaucoup et assez longtemps pour trouver l'ordre qui me semblait le plus approprié, car tous les personnages principaux convergent en un même point du roman mais il me fallait les mettre en place et en situation de manière "parallèle"...
-- des éléments que j'avais prévu de faire figurer de manière très importante (les cinémas Studio de Tours, la Ligne de démarcation) n'apparaissent finalement que de manière anecdotique ou en "toile de fond" ; mais, même s'ils ne sont plus essentiels, ils m'ont servi à construire l'intrigue ;
-- d'autres éléments (l'activité d'un réseau clandestin ; la position géographique d'une librairie ; l'importance symbolique d'un jardin botanique ; l'apparition d'un de mes profs de médecine dans un café...) se sont imposés parce que toute l'histoire se passe à Tours, mais aussi au fil de la lecture des documents d'époque (en particulier La Dépêche du Centre, le quotidien publié pendant l'Occupation) ;
-- enfin, le titre a changé. Il a changé plusieurs fois : Some Other Time et Une autre fois ne me semblaient pas tout à fait appropriés ; je voulais que le titre contienne les deux mots "Amour" (c'est une histoire d'amour) et "Temps". J'ai cherché toutes les expressions et proverbes possibles qui, en français, pouvaient contenir l'un et l'autre. A un moment donné, j'ai dressé une liste de titres possibles, et j'en revenais toujours à Some Other Time, Une autre fois, Just in time (une autre chanson du disque de BD, citée dans le roman), mais aussi De temps en temps, chanson de Joséphine Baker (elle aussi citée dans le roman). Et enfin L'Amour à temps.
J'ai bien aimé ce titre, qui contenait les deux élements importants de mon roman, dès que j'y ai pensé parce qu'il est polysémique : comme pour Le Choeur des femmes on n'entend pas la même chose que ce qu'on lit: l'amour à temps/l'amour attend.
Depuis, je me suis aussi rendu compte qu'il est encore plus polysémique que ça : le titre apparent en cache un autre, car c'est aussi une antistrophe, une équivoque, ou, comme on le dit de préférence aujourd'hui, une contrepèterie, un jeu de mot par inversion de phonèmes : l'amour à temps, l'amant à Tours...
Tout ça pour dire que l'élaboration d'un livre, c'est un processus continu, progressif, où l'on procède par tâtonnements, ajustements, bricolages et bidouillages. Qui, parfois, procurent des surprises !
Et c'est ce bricolage qui fait qu'au fond, écrire, c'est l'fun.
Je ne sais pas si ce livre sera beaucoup lu, mais, au moins, je me suis bien amusé en l'écrivant, et j'ai fait ce que je voulais.
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La vie et l'élaboration d'un livre ne cessent pas quand il est imprimé. On trouve des erreurs même après avoir corrigé les dernières épreuves (j'en ai repéré une, monstrueuse, le jour où on a envoyé le livre à l'impression, et grâce à l'extraordinaire équipe de POL et de Gallimard, on l'a rattrapée "par les cheveux")
On peut aussi être amené à corriger (ou à regretter, comme je l'ai récemment fait sur ce blog) des décisions éditoriales ou grammaticales très longtemps après la publication.
S'agissant d'un roman historique, il est très possible que j'aie commis des erreurs, et je pourrais très bien, après qu'on me les aura signalées, être amené à les rectifier pour l'édition en Folio, par exemple. (J'ai déjà signalé deux coquilles qui seront corrigées, mais je suis sûr que des lectrices et lecteurs m'en signaleront d'autres).
J'ai même constaté, à la lecture du chapitre 40, une impossibilité (ou, du moins, une implausibilité) que je n'ai pas rectifiée (ça aurait nécessité la réécriture de plusieurs phrases). Si vous la repérez, je vous enverrai un petit cadeau...
Mais bon, la perfection n'est pas de ce monde, j'ai fait du mieux que j'ai pu, et j'espère que le résultat tient debout.
Si c'est ce que les lectrices et les lecteurs pensent après l'avoir lu, j'en serai très heureux.
***
A présent, je me prépare à me balader en France pour y présenter le roman. Je ne manquerai pas, dans de prochains épisodes, de raconter comment ça s'est passé. Un livre, ce sont les lecteur·ice·s qui le font vivre en se l'appropriant.
Et j'ai une bonne nouvelle à annoncer : le livre aura une version audio, aux éditions Ecoutez Lire . Elle sera lue et interprétée par la chanteuse et actrice Cécile Cassel ("HollySiz") et produite/réalisée par Alice Le Prat ! Elle sera disponible en même temps que le volume, début mars.
Je serai en France entre le 5 et le 26 mars, et les éditions P.O.L ont organisé avec des librairires et bibliothèques des rencontres autour de L'Amour à temps pendant cette période.
Je ne suis plus sur Facebook, Twitter ou Instagram, alors si vous voulez diffuser ces informations sur ces (vos) réseaux, ce sera apprécié.
Mardi 10 mars : Clermont-Ferrand (63) librairie Les volcans
Mercredi 11 mars : Tours (37), à la bibliothèque municipale (là où tout a commencé !), en collaboration avec la librairie La boîte à Livres