Prendre femme. Le film l’a marqué et s’il se trouve en cet instant même entre les deux agents chargés de le rapatrier, c’est parce qu’il a été contrôlé à la sortie du cinéma. Il n’a pas eu la place près du hublot. De profil, le visage de l’agent est déjà imprégné de rêveries que miroite l’horizon bleu au-dessus des nuages.
Trouver les coordonnées de Ronit Elkabetz. Il se rendra au cybercafé dont il a été un habitué pour solliciter l’efficacité de google et pouvoir dire tout le bien qu’il pensait du film, de l’actrice et de la réalisatrice. L’hommage à la dame se construit par nappes nourries du sourire de l’hôtesse blonde à l’accent de l’Est. A dix mille kilomètres au-dessus des âmes humaines qu’on ne voit plus. Il aurait aimé être une bernache.
Embrasser les mains de sa mère, celles de son père, puis ses frères et sœurs. Quatre années de clandestinité ne donnent pas le temps pour penser à faire des cadeaux aux êtres chers quittés alors pour le meilleur. Ni de bonbons pour les gosses du quartier pauvre où il a grandi. Embrasser même les voyous et les filles que la cruauté humaine n’épargnait pas.
Essayer de garder bonne figure auprès des ados qui l’ont érigé en héros parce qu’il a tout défié pour partir à la grande aventure du siècle des hordes indésirables et surtout parce qu’ils ne pensent qu’à faire comme lui, ces gosses. Il a laissé quelques gouttes de sueur perler sur son front et les a vues traces humides étalées sur le sol européen. Il revient certes, pourvu qu’on comprenne qu’il y a pire. Il ramène deux mille euros et des poussières et des choses vécues à raconter.
Acheter une télécarte, puis appeler d’un télékiosque à l’air libre en composant le numéro griffonné sur du bout de papier à jeter après la folle lubie. Les coordonnées sont, à coup sûr, celles de l’agent qui n’a jamais le temps pour les sornettes d’un autre monde, véhiculées par des milliers de kilomètres de câblage, venant d’un homme expulsé et qui, de nouveau, doit tout prouver.
Essuyer de nouvelles sueurs encore et encore, essuyer les pieds bénis de sa mère et puis…
Prendre femme, celle dont l’amour est le plus sublime sens à donner et à recevoir.
mercredi 14 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 15) - par Elisabeth L.
Prendre un avion pour ailleurs, et croire que cela allait changer ma vie, quelle illusion.
Je croyais que le monde me serait donné et il est resté à distance.
Je croyais rencontrer les autres et ils n’ont fait que chercher à m’éviter.
Je croyais oublier mon passé et il m’est revenu en boomerang.
Ce que je voulais c’était changer de vie, mais on n’en a qu’une seule.
Etre quelqu'un d’autre, n’importe qui de préférence !
J’ai pourtant fait les pieds au mur dans ce pays des Antipodes.
« Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! » comme dit le poète1.
Et maintenant je reviens las et je sais pourtant quelle est la voie.
Changer de tête, pas de visage, changer l’intérieur de ma tête.
Et cela ne peut venir que de moi.
Et peut-être aussi, qui sait, de la lettre que je vais recevoir.
Je croyais que le monde me serait donné et il est resté à distance.
Je croyais rencontrer les autres et ils n’ont fait que chercher à m’éviter.
Je croyais oublier mon passé et il m’est revenu en boomerang.
Ce que je voulais c’était changer de vie, mais on n’en a qu’une seule.
Etre quelqu'un d’autre, n’importe qui de préférence !
J’ai pourtant fait les pieds au mur dans ce pays des Antipodes.
« Amer savoir, celui qu’on tire du voyage ! » comme dit le poète1.
Et maintenant je reviens las et je sais pourtant quelle est la voie.
Changer de tête, pas de visage, changer l’intérieur de ma tête.
Et cela ne peut venir que de moi.
Et peut-être aussi, qui sait, de la lettre que je vais recevoir.
mardi 13 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 14) - par Magaly
Prendre une profonde respiration
La laisser descendre et couler en moi
Découvrir toutes ses parties qui font un tout
Prendre l’envie de m’écouter… enfin…
Décider de nourrir mes rêves pas seulement ma peau
Ouvrir les portes et redécouvrir le monde
Apprécier la caresse du soleil
Celle de la pluie et du vent aussi
Profiter des paysages immenses et des chemins de traverses
Goûter ce que je ne connais pas
Aimer ou non
Sourire aux autres et pas seulement aux audacieux
Examiner le chemin parcouru, apprécier la distance restante
Faire face à la vie et accepter de la recevoir.
Magaly
Partir, revenir (exercice n°12, 13) - par Brigitte F.
Prendre alors la vie d’un meilleur côté
Prendre encore l’amour et le rire pour partage
En reprendre, encore et encore
Passer d’un état second à un état premier, découverte et respiration
Souffle et vision, texte et lettre
Prendre surtout le temps de… le temps pour… le temps avec… le temps vers….le temps, le temps
Attendre la pleine lune et se sentir mieux
Attendre le printemps et se sentir revivre
Oublier l’hiver, ne plus se sentir vieux
Voir le bleu, le blanc, de la vie toujours en recevoir.
Prendre encore l’amour et le rire pour partage
En reprendre, encore et encore
Passer d’un état second à un état premier, découverte et respiration
Souffle et vision, texte et lettre
Prendre surtout le temps de… le temps pour… le temps avec… le temps vers….le temps, le temps
Attendre la pleine lune et se sentir mieux
Attendre le printemps et se sentir revivre
Oublier l’hiver, ne plus se sentir vieux
Voir le bleu, le blanc, de la vie toujours en recevoir.
lundi 12 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 12) - par Zelapin
Prendre l'avion sans vous,
c'est prendre du bon temps sur un accord mineur.
Quand nous nous poserons, je saurai des tas de choses sur notre vie que vous ne savez pas_encore.
Pour commencer, je vais faire une place à votre « être au monde », une place physique, vous choisirez la pièce, les meubles, les plantes, le tapis, ou rien comme vous le voudrez,
Puis je prendrai plaisir à ménager à vos « effets personnels » de pratiques étendues planes, je savourerai cette matérialité sans vie de votre présence, l'absence de vos formes dans ces tissus pliés vous dessinant déjà,
Avec pudeur et je le voudrais délicatesse je poserai près de la sonnette un nouveau petit carton manuscrit: un blanc, au-dessous un « et », au-dessous mon nom,
Dans le même esprit, un trousseau de clés sur le meuble de l'entrée,
Un nouvel abat-jour dépareillera avec bonheur au bout du canapé, son ampoule prête à lire par-dessus votre épaule,
Et ces banalités d'un ennui à mourir, ces contingences infâmes seront enfin les miennes puisque j'ose en rêver aujourd'hui en plein ciel, si j'ose vous les soumettre, si vous souhaitez les faire vôtres.
Me complaisant (sans garantie de durée mais avec une belle sincérité) dans cette triviale intendance d'une vie partagée, je m'apprête à vous recevoir.
c'est prendre du bon temps sur un accord mineur.
Quand nous nous poserons, je saurai des tas de choses sur notre vie que vous ne savez pas_encore.
Pour commencer, je vais faire une place à votre « être au monde », une place physique, vous choisirez la pièce, les meubles, les plantes, le tapis, ou rien comme vous le voudrez,
Puis je prendrai plaisir à ménager à vos « effets personnels » de pratiques étendues planes, je savourerai cette matérialité sans vie de votre présence, l'absence de vos formes dans ces tissus pliés vous dessinant déjà,
Avec pudeur et je le voudrais délicatesse je poserai près de la sonnette un nouveau petit carton manuscrit: un blanc, au-dessous un « et », au-dessous mon nom,
Dans le même esprit, un trousseau de clés sur le meuble de l'entrée,
Un nouvel abat-jour dépareillera avec bonheur au bout du canapé, son ampoule prête à lire par-dessus votre épaule,
Et ces banalités d'un ennui à mourir, ces contingences infâmes seront enfin les miennes puisque j'ose en rêver aujourd'hui en plein ciel, si j'ose vous les soumettre, si vous souhaitez les faire vôtres.
Me complaisant (sans garantie de durée mais avec une belle sincérité) dans cette triviale intendance d'une vie partagée, je m'apprête à vous recevoir.
Partir, revenir (exercice n°12, 11) par Christine C.
Prendre un bateau pour traverser le Fleuve,
Marcher sur le Quai en direction du Pont,
Fermer les yeux,
Se souvenir des images, les superposer : un amoureux blond, des enfants souriants,un amoureux brun, d'autres enfants souriants, les miens, un gros
bonhomme noir à chapeau melon, l'eau qui brille comme de la paille
Ecouter les mouettes, le bruit des voitures qui traversent le Fleuve, les vibrations du Pont, les petites vagues qui se brisent,
Arriver au bout du Quai,
S'apercevoir qu'on a remonté le temps en remontant le Fleuve,
Lever enfin les yeux vers la Ville( aller de droite à gauche, de gauche à droite),
Se souvenir du poème de Sophia*, garder les mots longtemps dans la bouche, le chuchoter à ton oreille : digo o nome da cidade, digo para ver,
je dis le nom de la ville, je dis pour voir
Je dis pour que tu vois
C'est mon cadeau, je pense : plaisir d'offrir
joie de recevoir ?
* Sophia de Mello Breyner Andresen
Marcher sur le Quai en direction du Pont,
Fermer les yeux,
Se souvenir des images, les superposer : un amoureux blond, des enfants souriants,un amoureux brun, d'autres enfants souriants, les miens, un gros
bonhomme noir à chapeau melon, l'eau qui brille comme de la paille
Ecouter les mouettes, le bruit des voitures qui traversent le Fleuve, les vibrations du Pont, les petites vagues qui se brisent,
Arriver au bout du Quai,
S'apercevoir qu'on a remonté le temps en remontant le Fleuve,
Lever enfin les yeux vers la Ville( aller de droite à gauche, de gauche à droite),
Se souvenir du poème de Sophia*, garder les mots longtemps dans la bouche, le chuchoter à ton oreille : digo o nome da cidade, digo para ver,
je dis le nom de la ville, je dis pour voir
Je dis pour que tu vois
C'est mon cadeau, je pense : plaisir d'offrir
joie de recevoir ?
* Sophia de Mello Breyner Andresen
Partir, revenir (exercice n°12,10 ) par Paola
Prendre la tangente, voilà.
Je vais te faire ce cadeau mon Amour, revenir un jour et t’aimer. Devant ce ciel si bleu qu’il m’en faisait pleurer les yeux, j’ai compris ce que le vent m’a dit : partir et mieux revenir. C’est ça, Hombre, que tu voulais que je fasse, hein ?
Faire les valises, les vider du poids des ans, et les remplir de l’espérance. Les déplacer sur des roulettes, pour que jamais leur poids ne m’arrête.
Tiens, regarde, j’y mets le portrait de toi, celui au papillon, la photo que j’avais prise il y a un siècle au moins, tu étais vieux alors. Je la mets au fond, pour ne pas la voir, c’est toi, mais c’est le toi d’avant.
Et dessus, que crois-tu que je pose ? Mon livre, celui qui nous a fait grandir, celui que jamais tu n’as lu, c’est moi qui te l’ai écrit, mais de peur, non, tu ne sais même pas les premiers mots.
Les dessins des enfants, les miens. Ils sont mariés, je suis grand-mère, je ne les vois plus, depuis toi. Alors j’y vais, demain, me reconnaîtront-ils ?
Je suis belle encore, dans mon gris, dans mon vert, dans ma peau qui a pris le soleil. Dix jours partie, dix ans partis, c’est la magie des voyages, ils forment la jeunesse, et rendent fou les vieux sages. Alors mes petites culottes, à côté de mes bas noirs, ma prochaine destination c’est toi, je m’habille en vamp du soir.
Je l’aimais, je croyais, mais toi, toi l’homme au papillon, celui qui parle aux nuages et souffle avec le vent, toi qui a le sang qui bat l’encre de ton cœur, les mots doux, les mots si beaux, maintenant, viens, attends, j’arrive, je suis prête à les recevoir.
Paola.
www.lautrepaola.wordpress.com
vendredi 9 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 9) - par Salomé V.
- Prendre la tangente, partir, tout quitter, couper les ponts,
larguer les amarres,
disparaître,
- Rompre avec ce quotidien monotone, cette vie de
famille étouffante, ce boulot abrutissant,
- Ne plus tomber du lit à l’aube, courir toute la journée, suivre un planning bien organisé,
- Fini le théâtre, terminée la représentation, ne plus jouer le rôle du bon père de famille, de l’époux attentionné ou de l’informaticien dévoué,
- Faire ce que je veux, quand je veux, sans contrainte, sans anticiper la suite des événements,
- Respirer, vivre dans l’instant, profiter de ce qui se présente, avoir du temps,
- M’enivrer de musique, de bon vin, de grand air, bouquiner et dormir tout mon saoul, manger
n’importe quoi, m’habiller si je veux,
- Vivre l’aventure,
On dirait que ma vie est un cadeau que je viens de
recevoir.
jeudi 8 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 8) - par Sundog
Prendre cette liste et l'accrocher sur le frigo ou à scotcher sur ma table de nuit pour ne pas la perdre comme toutes les autres :
1- Gagner du temps, c'est ce que je vais faire désormais. C'est ce que je devrais faire. M'y atteler. Il faut que je me souvienne que la plus grande question de la journée était de savoir quel chemin nous allions prendre avec le groupe pour arriver au sommet de la montagne. Si seulement les gens dans ce groupe avaient été moins frileux les uns avec les autres. Mais pour qui je me prends ? J'ai été le plus froid entre tous.
2- Être plus à l'écoute des autres donc, comme je l'ai bien été avec les chevaux joueurs et peureux et les aigles aux yeux bandés du spectacle médiéval.
3- Être plus à l'écoute de moi-même, et peut-être faire plus de sport, et moins lire. Surtout moins lire des livres de supermarché.
4- Allez dans le café en bas de chez-moi et laisser sur la table mon numéro sur un bout de papier. Oser sans craintes. Pour que la jolie serveuse le trouve avec un pourboire conséquent. Surtout ne pas présumer de quoi que ce soit. Ne plus voir un futur qui n'existe pas.
5- Me délester de l'inutile et, surtout, de la peur de l'imprévisible qui n'a eu de cesse d'alourdir ma vie, et son pas.
6- Relire Le Petit Prince pour voir s'il me change adulte, comme il m'a changé enfant.
7- Provoquer des changements anodins pour que ce que je vois dans le miroir puisse me servir un jour.
8- Téléphoner à mon père (ne pas oublier). Lui parler pour de vrai (pour une fois). Lui raconter comment le soleil brillait sur toutes les consciences pendant les vacances, et comment j'ai été heureux d'être là-bas, sans même m'en apercevoir. Essayer de ne pas entrer dans son jeu plaintif et négatif. Pendant la conversation : focaliser sur le soleil. Comme je l'ai reçu, lui expliquer sans paternalisme, qu'il n'est jamais trop tard, que lui aussi s'il le souhaite, peut le recevoir.
Sundog
1- Gagner du temps, c'est ce que je vais faire désormais. C'est ce que je devrais faire. M'y atteler. Il faut que je me souvienne que la plus grande question de la journée était de savoir quel chemin nous allions prendre avec le groupe pour arriver au sommet de la montagne. Si seulement les gens dans ce groupe avaient été moins frileux les uns avec les autres. Mais pour qui je me prends ? J'ai été le plus froid entre tous.
2- Être plus à l'écoute des autres donc, comme je l'ai bien été avec les chevaux joueurs et peureux et les aigles aux yeux bandés du spectacle médiéval.
3- Être plus à l'écoute de moi-même, et peut-être faire plus de sport, et moins lire. Surtout moins lire des livres de supermarché.
4- Allez dans le café en bas de chez-moi et laisser sur la table mon numéro sur un bout de papier. Oser sans craintes. Pour que la jolie serveuse le trouve avec un pourboire conséquent. Surtout ne pas présumer de quoi que ce soit. Ne plus voir un futur qui n'existe pas.
5- Me délester de l'inutile et, surtout, de la peur de l'imprévisible qui n'a eu de cesse d'alourdir ma vie, et son pas.
6- Relire Le Petit Prince pour voir s'il me change adulte, comme il m'a changé enfant.
7- Provoquer des changements anodins pour que ce que je vois dans le miroir puisse me servir un jour.
8- Téléphoner à mon père (ne pas oublier). Lui parler pour de vrai (pour une fois). Lui raconter comment le soleil brillait sur toutes les consciences pendant les vacances, et comment j'ai été heureux d'être là-bas, sans même m'en apercevoir. Essayer de ne pas entrer dans son jeu plaintif et négatif. Pendant la conversation : focaliser sur le soleil. Comme je l'ai reçu, lui expliquer sans paternalisme, qu'il n'est jamais trop tard, que lui aussi s'il le souhaite, peut le recevoir.
Sundog
Partir, revenir (exercice n°12, 7) - par Gilda F.
(Pour moi ce serait
dans un train. Il reviendrait d'au nord. Et puis ça serait après 8
jours et pas 10, c'était prévu 10 et puis voilà, ça n'aurait pas
été, alors la mort dans l'âme la femme aurait raccourci son
séjour)
Prendre la décision qui s'impose quant à cet amour que Zangra a mis en route mais qu'au bout du compte il n'éprouve pas ; cesser de se demander pourquoi il a fait ça.
Gagner enfin sérieusement au loto afin de l'aider néanmoins à sortir de sa mouise et mettre aussi hors d'eau les miens ; je ne suis ni éternelle ni fortunée. Il ne mérite pas la faillite dans laquelle il tombe.
(Re)trouver rapidement un amant compétent (et en forme) ; ou tellement mieux, un amoureux. Ne plus se soucier de Zangra puisqu'il ne le veut pas.
Achever fissa « Sans nouvelles », avancer vite « Café vanille, brasse papillon » et le difficile chantier EPAA. Ouvrir enfin le blog sur la vie quotidienne avec une part de thalassémie. Si je peux être encore un peu utile aux autres c'est là.
Ranger l'appartement, sont à retrouver tant de papiers officiels considérés comme importants ; j'aurais des ennuis si ça traîne.
Pour le bien qu'ils m'ont fait quand c'était réciproque, ne cesser d'aimer ni Jef, ni Marieke, ni non plus Zangra. Bien sûr ce n'est plus possible de la même façon. En être consciente sans pour autant nous renier. Ne pas laisser les dragons l'emporter. Pas les dragons, jamais. Seconder Florence.
Cesser de ne faire que donner, se préserver, ménager ses propres forces, apprendre enfin à recevoir.Gilda F.
mercredi 7 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12, 6) - par Martine B.
Prendre sa décision sans trop s’appesantir, quitter ceux qui cherchent à vous retenir
Se lancer un défi, en mesurer les risques,
Ignorer les peureux, les envieux, délaisser son confort,
recommencer ailleurs,
S’octroyer le temps de vivre, remplir son existence,
Décider de tout dire et choisir de l’écrire,
Changer ses habitudes pour aller de l’avant, puiser dans la rencontre un regain d’énergie
Donner beaucoup aussi, apprendre à recevoir.
Se lancer un défi, en mesurer les risques,
Ignorer les peureux, les envieux, délaisser son confort,
recommencer ailleurs,
S’octroyer le temps de vivre, remplir son existence,
Décider de tout dire et choisir de l’écrire,
Changer ses habitudes pour aller de l’avant, puiser dans la rencontre un regain d’énergie
Donner beaucoup aussi, apprendre à recevoir.
mardi 6 avril 2010
Partir, revenir et partir encore (exercice n°12, 5) - par Serge A.
Prendre un peu
de temps
Sentir le vent
venir
S’en aller
vider le vin de la cave
Gravir
l’escalier de pierre
Puis l’échelle
de meunier
Lisser de la
main la solive veinée
L’éviter
Ecouter encore
le grenier grogner
Puis se pendre
à la poutre porteuse
Prier le monde
de prendre ça
Comme une fin
de non recevoir.
lundi 5 avril 2010
Prendre l'air (Partir, revenir, 4) - par Franck Garot
1. Prendre l'air fatigué de celui qui a trop bossé
2. Taire tout ce qu'il faut taire de ces 10 jours
3. S'assurer que les collègues ne diront rien à Isabelle
4. Prendre l'air amoureux de celui qui l'aime
5. Taire tout ce qui pourrait lui prouver le contraire
6. S'assurer une nouvelle fois que l'hôtel a bien lavé mon linge
7. Prendre l'air heureux de celui qui retrouve les siens
8. Taire à ses enfants qu'ils devraient avoir honte de leur père
9. S'assurer que jamais ils ne se doutent
10. Prendre l'air dégagé d'un banquier suisse
11. Taire le but de ces retraits d'argent
12. S'assurer qu'ils passent pour des cadeaux professionnels
13. Prendre l'air fatigué de celui qui a trop bossé
14. Taire tout ce qu'il faut taire de ces 10 jours
15. S'assurer que ma vie n'essuie pas une fin de non recevoir
--
Franck Garot
dimanche 4 avril 2010
"In the Works" (*) (Ficelles et chapeaux-claque, 4)
En réponse (partielle) à Adélaïde...
Lundi 23 mars, à Paris, j'ai déjeuné avec Paul Otchakovsky-Laurens, « mon éditeur ». (J'ai été publié par tout plein de maisons, mais Paul O.-L. est et reste à jamais monéditeur, en raison des relations très particulières, très personnelles que nous avons établies depuis près de 22 ans.) On déjeune ensemble une ou deux fois par an, pour parler de ce que j'ai en travail, et ça me fait beaucoup de bien quand je ne sais pas ce que je vais écrire ensuite. Pendant de nombreuses années, (avant que je sois un écrivain « reconnu ») ces rencontres étaient pour lui l'occasion de me rassurer et de m'encourager sur la légitimité de ce que j'écrivais... Et tandis que j'écris ça, je me dis que je devrais raconter l'histoire de cette relation et de ma relation parallèle (mais pas superposable) avec Jean-Paul Hirsch, le bras droit et le frère en édition de Paul (ou son éminence grise, ou son ombre et notre ange gardien, à nous les écrivains maison), mais tout de suite après je me dis que c'est le genre d'histoire qu'on ne raconte que quand l'autre est mort et comme ce n'est pas du tout mon souhait et que j'ai pas du tout envie de lui porter la scoumoune, je pense que je vais m'abstenir, mais d'un autre côté pourquoi attendre que les personnes qu'on aime et/ou respecte soient mortes pour parler de la relation qu'on a avec elles ? Sacrée question à laquelle je vais résister aujourd'hui puisque ce n'est pas mon propos (mais je la mets de côté, ne vous en faites pas). Mon propos est ce dont j'ai parlé avec Paul l'autre jour : qu'est-ce que j'écris maintenant ?
« Maintenant », c'est à dire : « après Le Choeur des femmes ». J'ai investi beeaucoup d'énergie et d'amour et d'espoir dans ce roman, dont les lecteurs me le rendent bien depuis sa sortie (il s'en est vendu pas loin de 60 000 et il continue à se vendre, lentement mais régulièrement, ce qui n'est pas rien dans le contexte économique actuel du livre et de l'édition). Mais là, ces derniers mois, je me sentais « désinvesti », « vidé », bon à rien, et je me demandais quoi faire. Ou plutôt, pour être très précis, lequel de mes trois projets amorcés j'allais mener à bien.
Quand j'ai déjeuné avec Paul, je lui ai décrit les trois projets, il m'a écouté attentivement et puis m'a dit, comme il le fait presque toujours : « Peu importe quel livre vous faites, allez vers celui qui vous tient le plus à coeur et écrivez-le à votre rythme, sans pression aucune. » Traduction : « Je ne vous demanderai pas de me le rendre à date fixe pour pouvoir composer mon programme éditorial » ; Paul prend les écrivains et les livres comme ils viennent, il ne les presse ni ne les pressure jamais. Il me fait penser à ces directeurs de production de la télévision américaine qui, depuis les années 80, ont pour philosophie de laisser les scénaristes écrire et de les protéger des « Networks ». Paul publie les livres qu'il aurait voulu écrire. Il est si attaché à son indépendance éditoriale qu'il ne voudrait pas se mêler du travail des écrivains. Ça ne l'empêche pas de faire des remarques ou des objections parfois, et même de refuser des manuscrits (j'ai eu droit aux trois, en vingt ans, ce qui montre qu'il n'a rien de complaisant, même avec les écrivains maison, et d'autres que moi ont pu le constater) mais j'ai coutume de dire qu'il fait de l'édition comme Bruno Sachs fait de la médecine : sans entretenir de rapports de force avec les écrivains qu'il publie.
Il a ajouté « Vous savez probablement lequel de vos projets vous avez envie de mener à bien, mais en écrivant, ça vous paraîtra plus clair. » Et ça m'a donné l'idée de mettre « au propre » le début de chacun des trois projets en question et de les lui envoyer. Non parce qu'il va me dire lequel il préfère (ce serait me pousser dans une direction qui n'est pas nécessairement la mienne) mais parce que ça va me permettre, à moi, à l'écriture, de savoir vers lequel de ces projets va mon désir en ce moment.
Les dix jours passés à Paris, loin d'un lieu de travail (j'avais mon ordi avec moi, mais je ne peux pas vraiment écrire quand je suis en voyage et ne suis pas déjà immergé dans un livre en travail) ont eu également la vertu de me mettre « hors champ ». Des trois projets que j'avais très envie de prendre à bras-le-corps, j'en ai déjà mis un de côté. Il me reste à choisir entre les deux autres.
« Bon mais alors, c'est quoi ces deux foutu putain de bordel de projets à la noix ???? » vous demandez-vous.
Alors, sans ordre préférentiel :
1° Un truc romanesque qui s'est intitulé d'abord La tête d'un homme puis La voix des hommes (sur la suggestion de mon plus jeune garçon, en écho au Choeur des femmes). C'est un texte sarcastique de fiction d'inspiration autobiographique dans lequel un écrivain est seul chez lui (sa compagne est absente pour un délai et des motifs indéterminés) et doit faire face à l'intendance, à ses enfants et au texte qu'il écrit et qui s'intitule Cet homme en kit. C'est un roman dans lequel il n'y a pas de médecin (même si l'écrivain est peut être médecin, mais je ne suis pas sûr que ce soit indispensable à mon propos, qui rejoint des entrées récentes de ce blog, au sujet du « Temps d'écriture disponible »).
2° Un machin autobiographique inspiré par une discussion avec Daniel Pennac, l'automne dernier, au salon du livre de Montréal. Quand je lui parlais de mon admiration (envieuse...) à l'égard de l'influence consolatrice qu'ont eue sur tant de lecteurs des livres tels que Comme un roman ou Chagrin d'école, il m'a dit qu'il aimerait que j'écrive un livre du même genre sur le soin. J'ai cherché comment écrire un texte autobiographique sur la médecine, moi qui n'ai jamais été malade ni opprimé par les médecins (alors que Pennac a été un cancre opprimé par l'éducation nationale) et j'ai fini par me rendre compte que j'avais quelque chose à raconter sur la manière dont mes parents, chacun à sa manière, m'ont « enseigné » le soin. Le titre (inhabituellement long venant de moi qui aime les titres courts et polysémiques) serait
3° Un OLNI (objet littéraire...) qui est à la fois un roman de SF, une histoire d'amour transtemporelle (le personnage principal tombe amoureux d'une femme qui vit à une époque différente de la sienne, comme le personnage de Laura d'Otto Preminger tombe amoureux du portrait d'une femme qui vient d'être assassinée, ou comme le peintre de Portrait of Jennie de William Dieterle tombe amoureux d'un modèle qui est peut-être un fantôme), une interrogation sur le sentiment amoureux vu par l'anthropologie et la psychologie évolutionniste, une critique d'une société de plus en plus médicalisée, un roman épistolaire, une réflexion sur la mémoire, la lecture des textes du passés et l'écriture de textes qui seront (peut-être) lus dans le futur, une métaphore d'un vieux fantasme personnel qui m'a donné le goût des histoires de paradoxe temporel, etc. Un gros truc. Très ambitieux. Le genre de roman qu'on écrit après avoir lu des volumes de bouquins de physique quantique et révisé Orwell, Aldous Huxley et la moitié d'Asimov.
Bon, vous l'avez compris tout de suite, c'est le troisième que j'ai mis de côté. Pas fou. Je sais quand un projet n'est pas mûr. Je caressais depuis longtemps l'idée d'un roman d'amour mêlé à une histoire de voyage dans le temps (il y en a au moins deux ébauches dans Histoires en l'air, POL, 2008) mais une suite d'événements et de rencontres inattendues l'a fait beaucoup progresser ces derniers temps, ce qui m'a amené à le remettre en chantier. Seulement, il en va de certains livres comme de certains films : plus la réflexion avance, plus les ambitions augmentent, et pour être à la hauteur, la préparation doit s'allonger.
Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps auront aussi peut être remarqué qu'il n'y a pas, dans la liste, le « prochain grand roman médical » dont je parle depuis longtemps, avant même d'avoir écrit Le Choeur des femmes. Ce roman-là, intitulé Les Sept Soignants en hommage aux Sept Samouraïs de Kurosawa et aux Sept Mercenaires de John Sturges, sera inspiré par mon expérience de groupe Balint à la fin des années 80 et par les transcriptions que notre « leader », le Dr Pierre Bernachon, faisait de nos séances. Là encore, ce sera un bouquin que j'ai besoin de « documenter ». Comme je n'ai pas l'intention de mourir bientôt, je le garde pour plus tard.
Donc, en l'état actuel des choses, les deux projets les plus avancés sont le 1° et le 2°. J'hésite d'autant plus que l'un est un roman, l'autre un texte autobiographique, et que je ne sais pas ce que j'ai envie d'écrire le plus (même s'il y a de l'autobiographie dans le premier...).
Alors je m'en vais retourner à mes textes, les imprimer, les relire, les bricoler, les assembler, les insérer dans un fichier bien propre et les envoyer à Paul. Et je pense que lorsque j'aurai appuyé sur la touche « Envoyer », je saurai lequel je veux faire : il sera déjà en train de me travailler.
Et en attendant, je suis curieux de savoir ce que vous en pensez.
Mar(c)tin
(*) In the works = en travail, en élaboration. "Bon, mais alors pourquoi vous l'écrivez pas en français ?" "Eh ben parce que... Chuis snob, chuis snob, c'est vraiment l'seul défaut que j'gobe..."
Lundi 23 mars, à Paris, j'ai déjeuné avec Paul Otchakovsky-Laurens, « mon éditeur ». (J'ai été publié par tout plein de maisons, mais Paul O.-L. est et reste à jamais monéditeur, en raison des relations très particulières, très personnelles que nous avons établies depuis près de 22 ans.) On déjeune ensemble une ou deux fois par an, pour parler de ce que j'ai en travail, et ça me fait beaucoup de bien quand je ne sais pas ce que je vais écrire ensuite. Pendant de nombreuses années, (avant que je sois un écrivain « reconnu ») ces rencontres étaient pour lui l'occasion de me rassurer et de m'encourager sur la légitimité de ce que j'écrivais... Et tandis que j'écris ça, je me dis que je devrais raconter l'histoire de cette relation et de ma relation parallèle (mais pas superposable) avec Jean-Paul Hirsch, le bras droit et le frère en édition de Paul (ou son éminence grise, ou son ombre et notre ange gardien, à nous les écrivains maison), mais tout de suite après je me dis que c'est le genre d'histoire qu'on ne raconte que quand l'autre est mort et comme ce n'est pas du tout mon souhait et que j'ai pas du tout envie de lui porter la scoumoune, je pense que je vais m'abstenir, mais d'un autre côté pourquoi attendre que les personnes qu'on aime et/ou respecte soient mortes pour parler de la relation qu'on a avec elles ? Sacrée question à laquelle je vais résister aujourd'hui puisque ce n'est pas mon propos (mais je la mets de côté, ne vous en faites pas). Mon propos est ce dont j'ai parlé avec Paul l'autre jour : qu'est-ce que j'écris maintenant ?
« Maintenant », c'est à dire : « après Le Choeur des femmes ». J'ai investi beeaucoup d'énergie et d'amour et d'espoir dans ce roman, dont les lecteurs me le rendent bien depuis sa sortie (il s'en est vendu pas loin de 60 000 et il continue à se vendre, lentement mais régulièrement, ce qui n'est pas rien dans le contexte économique actuel du livre et de l'édition). Mais là, ces derniers mois, je me sentais « désinvesti », « vidé », bon à rien, et je me demandais quoi faire. Ou plutôt, pour être très précis, lequel de mes trois projets amorcés j'allais mener à bien.
Quand j'ai déjeuné avec Paul, je lui ai décrit les trois projets, il m'a écouté attentivement et puis m'a dit, comme il le fait presque toujours : « Peu importe quel livre vous faites, allez vers celui qui vous tient le plus à coeur et écrivez-le à votre rythme, sans pression aucune. » Traduction : « Je ne vous demanderai pas de me le rendre à date fixe pour pouvoir composer mon programme éditorial » ; Paul prend les écrivains et les livres comme ils viennent, il ne les presse ni ne les pressure jamais. Il me fait penser à ces directeurs de production de la télévision américaine qui, depuis les années 80, ont pour philosophie de laisser les scénaristes écrire et de les protéger des « Networks ». Paul publie les livres qu'il aurait voulu écrire. Il est si attaché à son indépendance éditoriale qu'il ne voudrait pas se mêler du travail des écrivains. Ça ne l'empêche pas de faire des remarques ou des objections parfois, et même de refuser des manuscrits (j'ai eu droit aux trois, en vingt ans, ce qui montre qu'il n'a rien de complaisant, même avec les écrivains maison, et d'autres que moi ont pu le constater) mais j'ai coutume de dire qu'il fait de l'édition comme Bruno Sachs fait de la médecine : sans entretenir de rapports de force avec les écrivains qu'il publie.
Il a ajouté « Vous savez probablement lequel de vos projets vous avez envie de mener à bien, mais en écrivant, ça vous paraîtra plus clair. » Et ça m'a donné l'idée de mettre « au propre » le début de chacun des trois projets en question et de les lui envoyer. Non parce qu'il va me dire lequel il préfère (ce serait me pousser dans une direction qui n'est pas nécessairement la mienne) mais parce que ça va me permettre, à moi, à l'écriture, de savoir vers lequel de ces projets va mon désir en ce moment.
Les dix jours passés à Paris, loin d'un lieu de travail (j'avais mon ordi avec moi, mais je ne peux pas vraiment écrire quand je suis en voyage et ne suis pas déjà immergé dans un livre en travail) ont eu également la vertu de me mettre « hors champ ». Des trois projets que j'avais très envie de prendre à bras-le-corps, j'en ai déjà mis un de côté. Il me reste à choisir entre les deux autres.
« Bon mais alors, c'est quoi ces deux foutu putain de bordel de projets à la noix ???? » vous demandez-vous.
Alors, sans ordre préférentiel :
1° Un truc romanesque qui s'est intitulé d'abord La tête d'un homme puis La voix des hommes (sur la suggestion de mon plus jeune garçon, en écho au Choeur des femmes). C'est un texte sarcastique de fiction d'inspiration autobiographique dans lequel un écrivain est seul chez lui (sa compagne est absente pour un délai et des motifs indéterminés) et doit faire face à l'intendance, à ses enfants et au texte qu'il écrit et qui s'intitule Cet homme en kit. C'est un roman dans lequel il n'y a pas de médecin (même si l'écrivain est peut être médecin, mais je ne suis pas sûr que ce soit indispensable à mon propos, qui rejoint des entrées récentes de ce blog, au sujet du « Temps d'écriture disponible »).
2° Un machin autobiographique inspiré par une discussion avec Daniel Pennac, l'automne dernier, au salon du livre de Montréal. Quand je lui parlais de mon admiration (envieuse...) à l'égard de l'influence consolatrice qu'ont eue sur tant de lecteurs des livres tels que Comme un roman ou Chagrin d'école, il m'a dit qu'il aimerait que j'écrive un livre du même genre sur le soin. J'ai cherché comment écrire un texte autobiographique sur la médecine, moi qui n'ai jamais été malade ni opprimé par les médecins (alors que Pennac a été un cancre opprimé par l'éducation nationale) et j'ai fini par me rendre compte que j'avais quelque chose à raconter sur la manière dont mes parents, chacun à sa manière, m'ont « enseigné » le soin. Le titre (inhabituellement long venant de moi qui aime les titres courts et polysémiques) serait
Mon père était médecin
(et ma mère le soignait)
(et ma mère le soignait)
3° Un OLNI (objet littéraire...) qui est à la fois un roman de SF, une histoire d'amour transtemporelle (le personnage principal tombe amoureux d'une femme qui vit à une époque différente de la sienne, comme le personnage de Laura d'Otto Preminger tombe amoureux du portrait d'une femme qui vient d'être assassinée, ou comme le peintre de Portrait of Jennie de William Dieterle tombe amoureux d'un modèle qui est peut-être un fantôme), une interrogation sur le sentiment amoureux vu par l'anthropologie et la psychologie évolutionniste, une critique d'une société de plus en plus médicalisée, un roman épistolaire, une réflexion sur la mémoire, la lecture des textes du passés et l'écriture de textes qui seront (peut-être) lus dans le futur, une métaphore d'un vieux fantasme personnel qui m'a donné le goût des histoires de paradoxe temporel, etc. Un gros truc. Très ambitieux. Le genre de roman qu'on écrit après avoir lu des volumes de bouquins de physique quantique et révisé Orwell, Aldous Huxley et la moitié d'Asimov.
Bon, vous l'avez compris tout de suite, c'est le troisième que j'ai mis de côté. Pas fou. Je sais quand un projet n'est pas mûr. Je caressais depuis longtemps l'idée d'un roman d'amour mêlé à une histoire de voyage dans le temps (il y en a au moins deux ébauches dans Histoires en l'air, POL, 2008) mais une suite d'événements et de rencontres inattendues l'a fait beaucoup progresser ces derniers temps, ce qui m'a amené à le remettre en chantier. Seulement, il en va de certains livres comme de certains films : plus la réflexion avance, plus les ambitions augmentent, et pour être à la hauteur, la préparation doit s'allonger.
Celles et ceux qui me lisent depuis longtemps auront aussi peut être remarqué qu'il n'y a pas, dans la liste, le « prochain grand roman médical » dont je parle depuis longtemps, avant même d'avoir écrit Le Choeur des femmes. Ce roman-là, intitulé Les Sept Soignants en hommage aux Sept Samouraïs de Kurosawa et aux Sept Mercenaires de John Sturges, sera inspiré par mon expérience de groupe Balint à la fin des années 80 et par les transcriptions que notre « leader », le Dr Pierre Bernachon, faisait de nos séances. Là encore, ce sera un bouquin que j'ai besoin de « documenter ». Comme je n'ai pas l'intention de mourir bientôt, je le garde pour plus tard.
Donc, en l'état actuel des choses, les deux projets les plus avancés sont le 1° et le 2°. J'hésite d'autant plus que l'un est un roman, l'autre un texte autobiographique, et que je ne sais pas ce que j'ai envie d'écrire le plus (même s'il y a de l'autobiographie dans le premier...).
Alors je m'en vais retourner à mes textes, les imprimer, les relire, les bricoler, les assembler, les insérer dans un fichier bien propre et les envoyer à Paul. Et je pense que lorsque j'aurai appuyé sur la touche « Envoyer », je saurai lequel je veux faire : il sera déjà en train de me travailler.
Et en attendant, je suis curieux de savoir ce que vous en pensez.
Mar(c)tin
(*) In the works = en travail, en élaboration. "Bon, mais alors pourquoi vous l'écrivez pas en français ?" "Eh ben parce que... Chuis snob, chuis snob, c'est vraiment l'seul défaut que j'gobe..."
Partir revenir (ex. n° 12), 3 - par Lyjazz
Ca y est, je suis dans l'avion. Contente d'avoir fait ce voyage. Il m'a redonné de l'énergie. Etrange comme, à chaque fois, le fait d'être loin me donne du recul sur ma vie....Avant d'arriver j'ai bien envie de noter tout ce que je vois différemment, ce que je veux changer à partir de maintenant.
Prendre mes désirs pour des réalités
Prendre du temps pour écrire
Rendre le réel possible et l'impossible réel
Tendre vers cet état nécessaire pour moi à l'écriture, le plus souvent possible, et revenir aussi vers la réalité à volonté
Reprendre la main sur mon bureau (ranger, vider, agencer, manigancer, enfin !)
Attendre des nouvelles en créant
Prétendre à devenir écrivain
Sous entendre que je le suis déjà (parce qu'on l'est, et on le devient)
Vendre des objets qui ne me servent à rien (le faire, vraiment)
épurer, vider mon appartement
Entendre (continuer, écouter et répondre) les états d'âme des amis (et donc devenir Ilona, psychologue en camion)
Trouver comment me ressourcer (encore) après ces séances d'écoute/lecture
Ecrire (aussi) pour évacuer, dire, faire sortir ces vies qui m'habitent
Apprendre l'aromathérapie quantique
Proposer des apprentissages à mes enfants ?
Structurer davantage ma vie quotidienne
Demander à l'univers, et recevoir !
Prendre mes désirs pour des réalités
Prendre du temps pour écrire
Rendre le réel possible et l'impossible réel
Tendre vers cet état nécessaire pour moi à l'écriture, le plus souvent possible, et revenir aussi vers la réalité à volonté
Reprendre la main sur mon bureau (ranger, vider, agencer, manigancer, enfin !)
Attendre des nouvelles en créant
Prétendre à devenir écrivain
Sous entendre que je le suis déjà (parce qu'on l'est, et on le devient)
Vendre des objets qui ne me servent à rien (le faire, vraiment)
épurer, vider mon appartement
Entendre (continuer, écouter et répondre) les états d'âme des amis (et donc devenir Ilona, psychologue en camion)
Trouver comment me ressourcer (encore) après ces séances d'écoute/lecture
Ecrire (aussi) pour évacuer, dire, faire sortir ces vies qui m'habitent
Apprendre l'aromathérapie quantique
Proposer des apprentissages à mes enfants ?
Structurer davantage ma vie quotidienne
Demander à l'univers, et recevoir !
samedi 3 avril 2010
Partir, revenir (exercice n°12), 2 - par Balise
Prendre plus de temps pour moi. (Et lâcher prise, comme je l'ai fait pendant ces dix jours – depuis combien de temps n'avais-je pas pris de vraies vacances ?)
Faire plus de choses qui me plaisent, moins de celles qui m'emmerdent. (Et lire, écrire davantage pour moi, refuser les jobs alimentaires)
Écrire ce bouquin de cuisine, en parlant d'alimentaire. (Et arriver à en faire quelque chose qui me plaît. Et le publier, et devenir riche)
Rêver à des trucs impossibles. (Et pas seulement avant le petit-déjeuner. Et réaliser quelques trucs impossibles, aussi)
Savoir ce qui me plaît. (Et apprendre à temporiser les enthousiasmes délirants inhérents aux nouveaux projets)
Étudier les sujets qui me tiennent à cœur. (Et d'ailleurs j'ai trois bouquins de photo à éplucher à la maison – j'aurais dû les emmener pour l'avion)
Apprendre à dire non. (Et apprendre à ne pas dire oui tout de suite, et à changer d'avis, et à accepter de changer d'avis)
Oser avoir un avis. (Et ne pas se sentir en porte-à-faux lorsqu'il diffère de celui de la personne en face)
M'exprimer au lieu de me contenter d'écouter. (Et arrêter de penser que je n'ai rien d'intéressant à dire)
Évaluer mes relations. (Et supprimer celles qui me font mal, renforcer celles qui me rendent plus forte)
Accepter l'acceptable, même s'il n'est pas optimal. (Et ne pas chercher à optimiser ce qui fonctionne déjà correctement)
Donner le meilleur de moi-même, mais connaître mes limites, et accepter l'aide que je peux recevoir.
Le temps d'écrire (Ficelles et chapeaux-claque, 3)
Comment préserver le temps d'écrire... ? (Gilda)
Ca c'est la question à 1000 $, à laquelle il n'y a pas de réponse générale.
Le temps, je crois, c'est une question personnelle, et le temps d'écrire n'est jamais qu'une extension de la relation personnelle au temps. Du moins, dans mon expérience.
J'ai traversé plusieurs périodes d'écriture, évidemment : adolescent, j'écrivais pour faire face à... je ne sais pas quoi. À l'adolescence, sans doute. C'est une période assez dure pour qu'on ait besoin d'un soutien. Stylos et cahiers me soutenaient. Je passais plus de temps à écrire qu'à apprendre mes leçons (J'avais une mémoire qui m'a permis de me passer de réviser jusqu'en classe de première. Après, j'ai eu du mal...).
Etudiant en médecine, j'écrivais pour faire face à la solitude, à la frustration, à la colère et je le faisais la nuit, le week-end, en me disant qu'il faudrait que je bosse... Quand je suis arrivé à l'hôpital, je n'ai pas moins écrit, au contraire, j'ai acheté de nouveaux cahiers, cartonnés, et je les ai trimbalés avec moi pour pouvoir écrire à tout moment. Quelque chose me dit qu'un Ipad ne peut pas rendre tout à fait les mêmes services, mais je me trompe peut être. Si quelqu'un tient un journal sur un Palm pilot ou apparenté, qu'il le clame ici haut et fort, je pense que c'est important.
Médecin installé, j'ai attendu le patient (j'avais créé un cabinet médical à partir de rien) et j'ai donc beaucoup lu et beaucoup écrit pendant les heures d'attente. Ma salle d'attente à moi, c'était mon bureau...
Lorsque j'ai quitté mon cabinet et que mon activité de médecin s'est restreinte à deux consultations par semaine, j'ai eu beaucoup plus de temps pour écrire mais je n'étais pas encore un écrivain qui vivait de sa plume, alors je traduisais, j'écrivais des textes techniques ou des articles, et la littérature passait en second.
La maladie de Sachs a été écrit chapitre par chapitre, parfois à des semaines d'intervalles, pendant cinq ans. Il y a eu des tas de moments de découragement, et puis d'autres où je devais tout relire pour me rappeler ce qu'il y avait dans ce foutu bouquin.
Depuis onze ans, je suis un écrivain « professionnel » et j'écris (à peu près) ce que je veux (à peu près) quand je veux. La question du temps d'écrire ne se pose plus vraiment : je n'écris pas par plaisir EN PLUS (ou à la place) de mon travail : quand j'écris, c'est du travail et du plaisir en même temps.
Donc je peux dire que j'ai toujours eu du temps pour écrire : je l'ai pris quand il se présentait parce que justement, écrire (comme lire) a toujours été une manière d'employer mon temps de solitude pour comprendre ce qui s'était passé pendant mes temps de confrontation avec le monde.
Bien sûr, ça n'a pas toujours été apprécié autour de moi. Le temps qu'on passe à écrire au lieu de le passer en famille est bien sûr perdu pour la famille. Ça a été possible parce que j'ai choisi de travailler à la maison (en étant traducteur, d'abord) et que je pouvais toujours laisser tomber ce que je faisais pour aller m'occuper des enfants qui en avaient besoin, mais je n'aurais pas pu le faire si je n'avais pas vécu avec une femme qui gère très bien tout le matériel et s'occupe du confort de tout le monde. Le fait que je sois un homme n'est donc pas anodin.
Cela étant, Marie Darrieussecq est une femme, elle a des enfants, ça ne l'empêche pas d'écrire. Ce n'est pas le genre en soi qui « aide » c'est aussi les conditions dans lesquelles on vit et on s'entend avec son compagnon/sa compagne, et l'acceptation de l'activité d'écrivain (ou de peintre, ou de musicien, etc.) par l'autre. Mon activité d'écrivain ayant un caractère professionnel (depuis 1983, je gagne ma vie en partie grâce à l'écriture – journalisme, puis traduction, puis littérature et essais), je n'ai jamais été accusé par MPJ (ma compagne) de « perdre du temps à écrire » ; elle m'a toujours soutenu et encouragé, en sachant aussi que pour moi, écrire n'est pas une manière de me couper du monde : on peut me faire sortir de l'écriture et si j'écris, c'est aussi pour ma famille.
Une chose amusante, et qui n'est pas sans importance : j'ai passé beaucoup de temps à écrire-en-apprenant-à-maîtriser-un-outil-d'écriture. Je veux dire que l'acquisition d'un nouvel appareil (une machine à écrire mécanique, une électrique, un premier PC, tous les PC qui ont suivi et, début 2009, mon premier Mac et peut-être pas le dernier) ou l'abord d'une nouvelle forme d'écriture s'est toujours accompagnée d'une production littéraire. Quand j'ai appris à taper à la machine, en 1972, dans ma High-school américaine, j'en ai profité pour écrire trois nouvelles (la première, en classe !). Quand j'ai acheté ma première machine mécanique, j'ai écrit ce qui allait devenir ma première nouvelle publiée (Spectacle permanent). Quand j'ai acheté mon premier PC, j'ai repris le « tapuscrit » de la première version de La Vacation, et je l'ai transformé à mesure que j'apprenais à me servir de Word et que je maîtrisais l'ergonomie de l'ordinateur. Quand je me suis retrouvé face au Mac dans le bureau au CREUM, j'ai d'abord dit « Je ne sais pas si je vais savoir me servir de ça... » et puis... j'ai écrit Le Choeur des femmes.
De même, toutes les formes que je crois savoir maîtriser (la traduction, l'écriture d'articles scientifiques ou critiques, le roman, les formes hypercourtes de la presse et, plus récemment, des textes analytiques... en anglais) sont associées, dans mon esprit, à une suite d'expérimentations, d'essais et d'erreurs.
Comme si, pour moi, écrire passait constamment par l'apprentissage.
De tout cela, il ressort que je ne « préserve pas » le temps d'écrire. J'écris. Je me suis efforcé, depuis que je me suis mis à écrire, d'intégrer l'écriture à ma vie, de manière aussi professionnelle que possible. Quand j'étais médecin généraliste à temps plein et que j'écrivais « dans les interstices », Daniel Zimmermann, qui était mon « parrain en écriture » avec Claude Pujade-Renaud (ils ont publié mes premiers textes de fiction) me disait « Un écrivain, ça écrit dix heures par jour ! » Je répondais que je n'avais pas le temps (je bossais !). Il a insisté en disant que je ne serais pas écrivain si j'écrivais seulement « en plus ». Et je crois qu'il avait raison. La difficulté ne réside pas dans le fait de « trouver du temps » pour écrire, mais de sauter le pas et de recentrer, peu à peu, sa vie sur l'écriture. C'est un engagement, un risque, un choix. Mais il n'est pas différent du choix de devenir mère, ou alpiniste ou soignant(e). C'est un choix de vie.
(Merci à Jennie G. d'avoir accompagné en ligne l'écriture de ce texte)
vendredi 2 avril 2010
Partir, Revenir (exercice n°12), 1 - par Laurence
Dans l'avion qui le ramenait de ce si long voyage et pendant les heures qui le séparaient encore du moment de la revoir, il se promit de lui dire :
j'ai Pris mon mal en patience,
j'ai Appris la douleur de ton absence,
j'ai Rougi de me voir pleurer,
j'ai Tenté de t'oublier,
j'ai Inventé un monde sans toi,
j'ai Regardé d'autres femmes,
je Reconnais que tu me manques,
j'ai Envie de te revoir,
je Veux te serrer contre moi,
j' Ecarterai tous mes rivaux,
je N'oublierai plus ton anniversaire,
J' Irai même revoir ta mère,
Il Relit ces mots et s'inquiète déjà : saura t-elle les recevoir ?
j'ai Pris mon mal en patience,
j'ai Appris la douleur de ton absence,
j'ai Rougi de me voir pleurer,
j'ai Tenté de t'oublier,
j'ai Inventé un monde sans toi,
j'ai Regardé d'autres femmes,
je Reconnais que tu me manques,
j'ai Envie de te revoir,
je Veux te serrer contre moi,
j' Ecarterai tous mes rivaux,
je N'oublierai plus ton anniversaire,
J' Irai même revoir ta mère,
Il Relit ces mots et s'inquiète déjà : saura t-elle les recevoir ?
jeudi 1 avril 2010
Brève rencontre et plusieurs livres, dernière - par Martine B.
On a tous un jour ou l’autre des
coups de blues. L’hiver en France a été long, le plus jeune de nos fils nous en
fait voir de toutes les couleurs avec ses problèmes d’adolescent, il faut
l’accompagner avec fermeté, avec
tact et humour également, afin qu’il ne se prenne pas au piège des
comportements dits à risques. Or, le tact et l’humour me font cruellement
défaut en ce moment.
Arrêt maladie. Le corps dit STOP
parfois.
Repos forcé. Je ne parviens plus
à lire ni à écrire. Il fait beau enfin, dans le jardin je regarde les crocus
faner, les narcisses s’ouvrir, les bougeons sortir. Je me sens l’âme
contemplative. Pendant une semaine j’apprécie de passer mes
journées seule à la maison. Seule ! Le luxe absolu. Je comprends
que le rythme qu’on m’impose ne me convient pas, que je souffre de mon boulot.
Rien d’original, malheureusement.
Reprise du travail. Le blog comme
sas de décompression. En général je me connecte dès que je rentre à la maison.
Car même si j’ai du mal à écrire en ce moment, je lis tout ce qui est publié.
J’aime ce sentiment de partage avec des inconnus. Des inconnus qui pour
certains me deviennent presque familiers à travers leurs textes et/ ou leurs
blogs. J’ai un instant songé à me rendre au salon du livre dans l’espoir de rencontrer
quelques-un(e)s d’entre vous. Trop crevée, tant pis.
Ce mercredi allez savoir
pourquoi, je visite le blog le matin. Un commentaire me réjouit. Chance inouïe,
c’est peut-être la seule fois de l’année où je suis libre un mercredi
après-midi. La suite, vous la trouverez dans les commentaires de ce post.
C’est grâce à un autre
coup de pouce du hasard que j’ai rencontré Martin Winckler il y a quelques
années. Un ami m’avait invitée à une conférence débat, j’avais accepté parce que
J’avais aimé La Maladie De Sachs à la première lecture, et encore plus à la
seconde. De ce jour là, je me
souviens entre une foule d’autres choses
d’une magistrale leçon sur l’art du suspense. Les Trois Médecins était en cours
d’écriture et après nous avoir bien appâtés, Martin nous avait lancé : « Et
maintenant, si vous voulez connaitre la suite, il faudra lire le
roman ». Aujourd’hui je me dis que peut-être il ne la
connaissait pas lui-même, la suite !
Cette rencontre en tout cas
avait déclenché chez moi, comme chez beaucoup d’entre vous, le désir d’écrire
autre chose.
Ce mercredi donc nous nous sommes rencontrés à
nouveau. Nous avons parlé du blog, de romans parus ou en préparation. Et me voilà à nouveau dans l’expectative.
L’un des prochains romans de Martin m’intrigue et m’attire davantage que les
autres. Good news, c’est le plus abouti apparemment. En partant j’ai acheté «l’Agrégé »
de Bruno Schnebert (sans lire la quatrième de couverture…), je l’ai aussitôt
commencé dans le bus. J’adore son humour caustique.
Il y a des rencontres avec des
textes, avec des auteurs, qui sont des bouffées d’oxygène.
De même, j’ai vu récemment une
pièce intitulée « SIMONE de BEAUVOIR, écrire pour exister » dans
laquelle Laure Mandraud a mis en
scène la relation épistolaire
entre de Beauvoir et son « mari américain » comme elle aimait à
appeler le romancier Nelson Algren.
A travers ces lettres c’est toute une époque que l’on revit, et un amour
profond. Laure a réussi un tour de force. Ce spectacle rencontre un succès
mérité et sera présenté à Avignon.
Aujourd’hui j’ai de nouveau envie d’écrire.
Ecrire, à défaut de changer de vie. Ecrire, pour changer sa
vie.
Martine B.
mercredi 31 mars 2010
Partir, revenir (Exercice n°12)
Situation : Dans l'avion qui le/la ramène au bercail après avoir passé dix jours ailleurs, un homme ou une femme fait la liste de ce qui a/va changé(r) dans sa vie.
Contraintes : Ecrivez-le sous forme d'une énumération/liste de 7 à 21 lignes ou items ou phrases. Le texte doit débuter par le mot : "Prendre" et se terminer par le mot "recevoir".
Date limite de remise des textes : 15 avril 2010.
Mise en ligne au fur et à mesure des arrivées, comme d'hab.
Au boulot, Gang !
Mar(c)tin
Contraintes : Ecrivez-le sous forme d'une énumération/liste de 7 à 21 lignes ou items ou phrases. Le texte doit débuter par le mot : "Prendre" et se terminer par le mot "recevoir".
Date limite de remise des textes : 15 avril 2010.
Mise en ligne au fur et à mesure des arrivées, comme d'hab.
Au boulot, Gang !
Mar(c)tin
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