I remember England when I was young,
We travelled to London, the trains were rickety,
Soho was the place to be, and I bought a purple felt hat and a long dress and clogs,
I remember keeping change to get heating and electricity, and you wasted it on gambling machines,
I remember watching movies on the telly, and the news, and Top of the Pops, there was only one channel on the BBC,
I remember The Beatles, The Doors, The Stones, Grateful Dead, Jefferson Airplane, Bob Dylan, Marianne Faithful, and I remember The Who lived at Leeds.
I remember going to parties and going to the pub where we played darts, we played with beer mats too, and ate salt and vinegar chips, they said “Guinness is good for you” but I did not like the bitter taste and stuck to pale ale,
I remember we had fish and chips from newspaper wrappings and naughty teas with scones and jam and cream, and trifles, and lemon meringue pies, but also yucky cabbage and bright-coloured jelly,
I remember unexciting cricket games that lasted for hours, and bowling games with old people all dressed in white on immaculate lawns,
But I mostly remember
You,
My knight of light, the gem of all gems,
You were the silver lining of my clouds,
You were the swallow that made a summer.
mardi 3 novembre 2009
Je me souviens (9) - par Gilda
Onze je me souviens et un je ne me souviens pas
1. Je me souviens du temps où "Plumes d'Ange" m'aidait à tenir le coup lors des journées "d'usine". Je recevais l'épisode du jour (par P.O.L en feuilleton quotidien) en arrivant légèrement en avance le matin, l'imprimais si ça pouvait, puis le lisais par bribes lors des peu de pauses. L'internet à l'époque était encore trop cher pour qu'on l'ait chez soi. Ces lectures de contrebande ont infiniment compté. (encore merci)
2. Je me souviens de ces longues années où les deux tiers de mon temps étaient aliénés. Je gagnais ma vie. Mais à quel prix ?
3. Je me souviens que par deux fois mon grand frère d'élection m'a sauvé la vie. Je n'oublierai jamais. Je meurs facilement de chagrins d'amour.
4. Je me souviens que 48 heures après le plus beau jour de ma vie j'ai complètement craqué : le bonheur, tout simplement, je n'étais pas amarinée. C'était pour une victoire collective. J'ai cru ces jours-là en l'humanité. Ça n'a pas pu durer.
5. Je me souviens que la première fois que F. m'a écrit, c'était pour me citer un extrait d'un de mes blogs et me demander si j'étais bien celle qui. De stupéfaction j'ai failli tomber. Pourtant j'étais assise.
6. Je me souviens qu'il ne veut pas m'aimer. Je pleure : de mon côté, rien, vraiment rien ne s'y opposait et tout y était. Du sien, tout semblait s'accorder et lui qui a tout fait tout bien pour me charmer. Me fait-il payer son cruel passé ? Ne s'est-il pas rendu compte de ce qu'il faisait ?
7. Je me souviens, je crois, que faire l'amour, c'était bon (très).
8. Je me souviens que mes parents ne voulaient pas m'apprendre à lire avant l'école de peur de m'embrouiller. On peut faire les pire chose en croyant aider. Je me suis (bien) rattrapée depuis. Non mais.
9. - Je me souviens que ma plus belle nuit d'amour c'était à Sienne, me réveiller soudain avant l'aube, m'habiller à tâtons et filer sur LA place. Le soleil se levait. C'était beau à en pleurer . - Quel rapport avec l'amour ? - C'est bien ça le problème.
10. Je me souviens des livres qui ont changé ma vie. Toujours en bien. Ma liberté d'aujourd'hui, je la leur dois (et à quelques ami(e)s ce qui ne s'oublie pas).
11. Je me souviens qu'enfant, le foot fut ma passion ; comme pour tous mes copains du quartier. Quand Saint-Étienne gagnait, nos vies étaient belles. Je ne jouais pas si mal, vous savez ?
1. Je ne me souviens pas d'à quel étage loge l'Amie. Pendant les années où l'on se fréquentait, les temps chez elle ont tant compté. Alors cet oubli, quelle étrangeté.
1. Je me souviens du temps où "Plumes d'Ange" m'aidait à tenir le coup lors des journées "d'usine". Je recevais l'épisode du jour (par P.O.L en feuilleton quotidien) en arrivant légèrement en avance le matin, l'imprimais si ça pouvait, puis le lisais par bribes lors des peu de pauses. L'internet à l'époque était encore trop cher pour qu'on l'ait chez soi. Ces lectures de contrebande ont infiniment compté. (encore merci)
2. Je me souviens de ces longues années où les deux tiers de mon temps étaient aliénés. Je gagnais ma vie. Mais à quel prix ?
3. Je me souviens que par deux fois mon grand frère d'élection m'a sauvé la vie. Je n'oublierai jamais. Je meurs facilement de chagrins d'amour.
4. Je me souviens que 48 heures après le plus beau jour de ma vie j'ai complètement craqué : le bonheur, tout simplement, je n'étais pas amarinée. C'était pour une victoire collective. J'ai cru ces jours-là en l'humanité. Ça n'a pas pu durer.
5. Je me souviens que la première fois que F. m'a écrit, c'était pour me citer un extrait d'un de mes blogs et me demander si j'étais bien celle qui. De stupéfaction j'ai failli tomber. Pourtant j'étais assise.
6. Je me souviens qu'il ne veut pas m'aimer. Je pleure : de mon côté, rien, vraiment rien ne s'y opposait et tout y était. Du sien, tout semblait s'accorder et lui qui a tout fait tout bien pour me charmer. Me fait-il payer son cruel passé ? Ne s'est-il pas rendu compte de ce qu'il faisait ?
7. Je me souviens, je crois, que faire l'amour, c'était bon (très).
8. Je me souviens que mes parents ne voulaient pas m'apprendre à lire avant l'école de peur de m'embrouiller. On peut faire les pire chose en croyant aider. Je me suis (bien) rattrapée depuis. Non mais.
9. - Je me souviens que ma plus belle nuit d'amour c'était à Sienne, me réveiller soudain avant l'aube, m'habiller à tâtons et filer sur LA place. Le soleil se levait. C'était beau à en pleurer . - Quel rapport avec l'amour ? - C'est bien ça le problème.
10. Je me souviens des livres qui ont changé ma vie. Toujours en bien. Ma liberté d'aujourd'hui, je la leur dois (et à quelques ami(e)s ce qui ne s'oublie pas).
11. Je me souviens qu'enfant, le foot fut ma passion ; comme pour tous mes copains du quartier. Quand Saint-Étienne gagnait, nos vies étaient belles. Je ne jouais pas si mal, vous savez ?
1. Je ne me souviens pas d'à quel étage loge l'Amie. Pendant les années où l'on se fréquentait, les temps chez elle ont tant compté. Alors cet oubli, quelle étrangeté.
lundi 2 novembre 2009
Je me souviens (8) - par Laura
Je me souviens des derniers lacets de la route qui précédaient la vision du village où nous venions vous voir. L’excitation, la joie, malgré souvent le brouillard, le vent et le froid qui saisissait à la descente de la voiture. Le clocher apparaissait, il restait encore quelques virages, le ruisseau à truites, le cimetière où désormais vous êtes à demeure et enfin l’entrée dans ce village circulaire où un silence empreint de gravité précédait notre arrêt.
Je me souviens de la fenêtre ouverte sur l’arrivée des hirondelles, la chaleur baignant la chambre et moi, accoudée, les regardant parader, et cette sensation de bonheur éphémère qui planait.
Je me souviens du sentier caillouteux bordé de gros rochers granitiques à cupules, qui me conduisait jusqu’à ma forêt de Brocéliande. Là, adossée à un pin écorcé à maints endroits, je sortais le livre de l’oubli.
Je me souviens de ces hommes, mes oncles, que je trouvais si grands dans mon regard d’enfant. Aujourd’hui, dans le fils je vois le père disparu et mes repères vacillent. Devant la tombe ouverte ils semblent moins grands et j’ai un peu froid.
Je me souviens de la longue silhouette noire me chantant « dis quand reviendras-tu… » et je me souviens aussi de ce jour où tu es partie et que je l’ai su avant que ta mort ne me soit annoncée.
Je me souviens de l’odeur de cuir qui régnait dans la boutique de cordonnier où nous passions ces après- midi de conversation muette, et le choc du marteau sur les petites pointes.
Je me souviens des premiers lacets de la route qui m’arrachaient au village où vous restiez. Agenouillée sur la banquette arrière, mes yeux s’accrochaient le plus longtemps possible aux toits de lauze qui me reliaient à vous. Les larmes que j’avais vues couler sur votre visage à notre départ achevaient leur chemin sur le mien.
Laura
Je me souviens de la fenêtre ouverte sur l’arrivée des hirondelles, la chaleur baignant la chambre et moi, accoudée, les regardant parader, et cette sensation de bonheur éphémère qui planait.
Je me souviens du sentier caillouteux bordé de gros rochers granitiques à cupules, qui me conduisait jusqu’à ma forêt de Brocéliande. Là, adossée à un pin écorcé à maints endroits, je sortais le livre de l’oubli.
Je me souviens de ces hommes, mes oncles, que je trouvais si grands dans mon regard d’enfant. Aujourd’hui, dans le fils je vois le père disparu et mes repères vacillent. Devant la tombe ouverte ils semblent moins grands et j’ai un peu froid.
Je me souviens de la longue silhouette noire me chantant « dis quand reviendras-tu… » et je me souviens aussi de ce jour où tu es partie et que je l’ai su avant que ta mort ne me soit annoncée.
Je me souviens de l’odeur de cuir qui régnait dans la boutique de cordonnier où nous passions ces après- midi de conversation muette, et le choc du marteau sur les petites pointes.
Je me souviens des premiers lacets de la route qui m’arrachaient au village où vous restiez. Agenouillée sur la banquette arrière, mes yeux s’accrochaient le plus longtemps possible aux toits de lauze qui me reliaient à vous. Les larmes que j’avais vues couler sur votre visage à notre départ achevaient leur chemin sur le mien.
Laura
Pourquoi écrire ? par Martine B.
Souvent, à ceux qui me demandent : « Pourquoi écrire, quand les journées sont déjà trop courtes pour tout y caser? Pourquoi écrire, il y en a tant qui le font mieux, à quoi bon balbutier dans ton coin ? », j’ai envie de donner des réponses idiotes, « Parce qu’on m’a offert un ordinateur, parce qu’en ces temps de crise, un passe-temps gratuit, ce n’est pas négligeable, parce que c’est moins barbant que le ménage, parce que je suis incapable de jouer d’un instrument de musique, parce que j’ai trop mal aux genoux pour faire du sport. » Puis je me ravise.
Pourtant on pourrait s’insurger, car en effet, pour toute autre activité que l’écriture, il n’est nul besoin de se justifier et l’amateurisme est de mise. Peu importent les maladresses si on y trouve du plaisir, si on s épanouit dans diverses pratiques, c’est fait pour ça, non ? Je me suis longtemps demandé pourquoi l’écriture subissait un traitement différent, et l’autre jour, en voyant mon fils partir à son cours de guitare, j’ai eu comme un déclic.
Pour toutes les autres activités, on peut s’inscrire dans un club ou une association, certaines sont même souvent démarrées dans le cadre scolaire. Or en France, il y a encore trop peu d’ateliers d’écriture.
Si j’étais ministre de l’éducation nationale, à l’aube d’une réforme des lycées, voilà quelque chose qui figurerait tout en haut de ma liste de priorités. Et pas seulement en cours de français, en langues également, pour jouer avec des sonorités différentes. Je ne mets pas en cause les enseignants, qui ont déjà peine à ‘boucler le programme’.Mais le comble, c’est que l’épreuve de français au bac propose un exercice d’invention, or il est apparemment risqué de s’y hasarder. Pourtant c’est le sujet que les élèves semblent plébisciter. Donc on ne les y entraîne pas ! Cherchez l’erreur.
Je rêve de sessions d’écriture comme cela se pratique dans les pays anglo-saxons, je pense entre autres au travail d’Asimov auprès des étudiants américains, mais il y aurait tant d’autres exemples… J’ai un temps fréquenté un atelier (initié par François Bon dans un quartier déshérité de ma ville), y participaient également des personnes un peu différentes, qui ne se posaient pas la question de la légitimité de l’écriture, mais agissaient, tout simplement, et certains nous ont ébloui par la profondeur et la créativité de leurs textes.
Le jour où l’écriture sera perçue comme une activité parmi d’autres, on se posera moins de questions et ce sera tant mieux!
dimanche 1 novembre 2009
Je me souviens (7) - par Martine B.
Je me souviens des vacances en Charente chez mes grands-parents,
Grand-père nous emmenait à la mer dans sa 4CV noire, cela semblait si loin.
Je me souviens des siestes interminables dont je m’échappais en douce
Pour aller sculpter le bois dans l’atelier de Grand-père.
Je me souviens de la chèvre qui refusait de me suivre quand on la menait au pré
Et me donnait des coups de corne.
Je me souviens de la ferme voisine
Où on allait chercher le lait le soir à la fraiche, avec Angèle.
Je me souviens de l’herbe glanée dans les champs pour nourrir la chèvre.
Je me souviens des cornichons que l’on mettait en bocaux et qui grattaient les doigts.
Je me souviens de la vieille tante avec du poil au menton qu’il fallait embrasser.
Je me souviens des tours pendables de mon cousin Pascal,
Je me souviens qu’Angèle lui passait tout et qu’il la faisait rire.
Je me souviens, le Noël suivant,
On m’a dit : ‘Ta grand-mère a eu un accident’.
Mais je ne me souvenais pas d’avoir jamais vu Angèle sur un vélo...
Je me souviens de ce que l’on m’a trop longtemps caché
Grand-père nous emmenait à la mer dans sa 4CV noire, cela semblait si loin.
Je me souviens des siestes interminables dont je m’échappais en douce
Pour aller sculpter le bois dans l’atelier de Grand-père.
Je me souviens de la chèvre qui refusait de me suivre quand on la menait au pré
Et me donnait des coups de corne.
Je me souviens de la ferme voisine
Où on allait chercher le lait le soir à la fraiche, avec Angèle.
Je me souviens de l’herbe glanée dans les champs pour nourrir la chèvre.
Je me souviens des cornichons que l’on mettait en bocaux et qui grattaient les doigts.
Je me souviens de la vieille tante avec du poil au menton qu’il fallait embrasser.
Je me souviens des tours pendables de mon cousin Pascal,
Je me souviens qu’Angèle lui passait tout et qu’il la faisait rire.
Je me souviens, le Noël suivant,
On m’a dit : ‘Ta grand-mère a eu un accident’.
Mais je ne me souvenais pas d’avoir jamais vu Angèle sur un vélo...
Je me souviens de ce que l’on m’a trop longtemps caché
Je me souviens (6) par Salomé
Je me souviens de la chicorée que tu mêlais au café, des étiquettes des paquets Leroux que tu échangeais contre des torchons, du lait cru que tu ramenais de la ferme d'à côté dans ces pots à lait en aluminium munis d'une anse en bois que tu appelais laitières, des tartines de confiture maison – la fraise, ma préférée.
Du tiroir du bout de la table de la cuisine, caché sous la toile ciré, que j'ai mis longtemps à découvrir et qui recelait des trésors de cartes postales.
Des œufs à la coque, du pâté de lapin, du bœuf en daube et des soupes, forcément meilleures que celles de nos mères. Des framboises gorgées de soleil que nous mangions sur pied, des haricots verts et des petits pois extra-extra fins. Du canard que nous trempions dans le café des adultes, à la fin du repas de midi, une fois la vaisselle faite.
Du bac à sable, de la charrette, des gravillons dans l'allée qu'il ne fallait pas toucher, de la cave où, l'hiver, nous jouions aux juifs cachés pendant la guerre.
Du plancher qui gémissait sous nos pas, des cadavres parsemés au plafond de la chambre, témoins de notre éphémère victoire au lancer de tatane contre des hordes de moustiques, des édredons en vrai duvet dont le gonflant n'avait rien à envier aux couettes d'aujourd'hui.
De ton sempiternel maigre chignon gris qu'un petit matin, en allant aux toilettes, j'avais surpris pas encore fait, révélant des cheveux d'une longueur que les miens n'avaient pas le droit d'atteindre, signe indiscutable de ta féminité malgré les années.
De tes paroles d'une sagesse surannée. Tes « Prends -ton temps, Jean-Philippe ! » d'une époque où l'on pouvait se permettre de faire les choses en s'appliquant et qui contrastaient délicieusement avec les « Mais dépêche -toi donc ! » de ma mère habituée à mener plusieurs choses de front. De tes « Il ne faut pas dire du mal des gens », qui, du coup, mettaient fin à de nombreuses conversations.
J'ai hérité de tes laitières, de ta cafetière émaillée, et j'ai conservé le goût de la chicorée.
Du tiroir du bout de la table de la cuisine, caché sous la toile ciré, que j'ai mis longtemps à découvrir et qui recelait des trésors de cartes postales.
Des œufs à la coque, du pâté de lapin, du bœuf en daube et des soupes, forcément meilleures que celles de nos mères. Des framboises gorgées de soleil que nous mangions sur pied, des haricots verts et des petits pois extra-extra fins. Du canard que nous trempions dans le café des adultes, à la fin du repas de midi, une fois la vaisselle faite.
Du bac à sable, de la charrette, des gravillons dans l'allée qu'il ne fallait pas toucher, de la cave où, l'hiver, nous jouions aux juifs cachés pendant la guerre.
Du plancher qui gémissait sous nos pas, des cadavres parsemés au plafond de la chambre, témoins de notre éphémère victoire au lancer de tatane contre des hordes de moustiques, des édredons en vrai duvet dont le gonflant n'avait rien à envier aux couettes d'aujourd'hui.
De ton sempiternel maigre chignon gris qu'un petit matin, en allant aux toilettes, j'avais surpris pas encore fait, révélant des cheveux d'une longueur que les miens n'avaient pas le droit d'atteindre, signe indiscutable de ta féminité malgré les années.
De tes paroles d'une sagesse surannée. Tes « Prends -ton temps, Jean-Philippe ! » d'une époque où l'on pouvait se permettre de faire les choses en s'appliquant et qui contrastaient délicieusement avec les « Mais dépêche -toi donc ! » de ma mère habituée à mener plusieurs choses de front. De tes « Il ne faut pas dire du mal des gens », qui, du coup, mettaient fin à de nombreuses conversations.
J'ai hérité de tes laitières, de ta cafetière émaillée, et j'ai conservé le goût de la chicorée.
samedi 31 octobre 2009
Des livres et des enfants
Un jour, j'ai déjeuné avec Bernard Werber. Nous avions tous les deux été invités à un débat par une des animatrices du magazine Muze, l'écrivaine Stéphanie Janicot. Je confie à BW que l'un de mes fils, 17 ou 18 ans à l'époque, dévore ses livres les uns après les autres. BW me répond drôlement : "C'est vrai ? Quand je pense que j'ai tant de mal à les faire lire au mien !"
J'ai bien compris sa frustration, mais je me suis rendu compte que je n'avais jamais écrit pour faire lire mes bouquins à mes enfants. Bien sûr, j'ai écrit des contes pour enfants dont certains que j'ai enregistrés sur CD et ils étaient presque toujours inspirés par eux, mais en dehors de ça, et des bouquins sur les super-héros ou les séries (auxquels certains des plus grands ont d'ailleurs collaboré), et dont je pensais qu'ils jetteraient un oeil dessus plus par intérêt pour les séries que pour ma prose, je n'ai jamais spécialement attendu que mes enfants lisent mes livres.
Pourtant, au fil des années, l'un ou l'autre des plus grands ont lu La Maladie de Sachs, Les Trois Médecins, certains romans policiers (le "Poulpe", en particulier), la "Trilogie Twain". D'un point de vue général, comme un auteur reçoit un certain nombre d'exemplaires d'auteur (une vingtaine, le plus souvent), il y a toujours un exemplaire pour chacun de mes enfants. Mais quand j'ai commencé à publier je leur ai toujours dit que je leur donnais un exemplaire de mes livres pour qu'ils l'aient, mais qu'ils ne devaient jamais se sentir obligés de les lire. Que ces livres, je les écrivais pour gagner ma vie et les élever (entre autres), pas pour qu'ils se sentent obligés de les lire. Mon seul souhait c'est que dans vingt ou trente ans, ou après ma mort (oui j'ai l'intention de tenir encore trente ans), l'un de mes enfants ou l'un des leurs s'ils en ont, en feuilletant l'un de mes bouquins, se dise "Eh, c'était pas déshonorant, ce qu'il écrivait, le vieux..."
L'un de mes plus jeunes fils me demande systématiquement un exemplaire signé depuis qu'il est tout petit, même s'il ne le lit pas, pour en avoir un à lui. Un jour, il a voulu lire Le Numéro 7 et s'y est préparé en regardant tout la série Le Prisonnier (en hommage de laquelle LN7 a été écrit). Après avoir terminé la série et le roman, il m'a dit : "Mais, dis-donc, tu ne t'es pas inspiré d'un roman de SF que tu m'as fait lire, Terminus les étoiles ?" et je lui ai dit qu'il y avait effectivement des ressemblances, tout simplement parce que le NUméro 7 et The Stars My Destination (titre original de Terminus... - et j'en profite pour dire que le titre français est, pour une fois, tout simplement génial) puisent à la même inspiration, à savoir... Le Comte de Monte-Cristo de l'increvable Alexandre Dumas père.
J'étais heureux qu'il me fasse ce commentaire, et qu'il voit la filiation entre les romans, la série et mon propre bouquin, afin qu'il sache que mon inspiration ne vient pas du néant, mais de mes propres lectures.
Plusieurs de mes enfants ont lu Légendes et Plumes d'Ange, il me semble, ne serait-ce que parce que ça leur a apporté des éclairages sur ma famille et ma vie passée, et je pense que les plus jeunes, un jour, les liront peut-être. En tout cas, je suis heureux de les avoir écrits pour qu'ils puissent un jour avoir accès à des souvenirs, des informations, des réflexions qui me paraissent importantes, même si je ne suis plus là pour les leur confier de vive voix. (Tiens, voilà encore une très bonne raison d'écrire, même si on n'est pas assuré d'être publié : laisser les histoires qu'on n'a pas pu passer directement.)
Tout récemment, deux de mes fils ont lu Le Choeur des femmes.
L'un d'eux, qui a vingt ans, m'a dit que ça lui avait plu "même si ce n'est pas le genre de livre qu'il lit d'habitude" (il lit plutôt de la SF et de l'Heroïc Fantasy). Mais il l'a lu spontanément et manifestement, ça ne l'a pas ennuyé.
L'autre, qui a six ans de plus, m'a appelé hier soir après m'avoir envoyé un message enthousiaste pour me dire quel plaisir il avait pris à le lire. Ce qu'il y avait de plus merveilleux dans ce qu'il me disait, c'est qu'il avait vu toutes les allusions, toutes les ficelles, et que précisément, c'est ce qu'il avait adoré - y compris la fin "rocambolesque" : "Eh bien heureusement qu'elle est rocambolesque, c'est ça que j'aime, justement, que ça bouge, que ça remue, que ce soit émouvant !" (Enfin, il n'a pas dit ça comme ça, mais c'est ce que ça voulait dire.)
Il m'a dit aussi que c'était un livre plus optimiste que les précédents, et je lui ai dit que j'étais d'accord, et que d'ailleurs, si on lit mes "romans médicaux" dans l'ordre de parution, ils vont du plus noir (La Vacation) au plus optimiste (Le CDF). La fin du CDF n'est pas seulement optimiste, elle est "on the upbeat" comme on dit en anglais - euphorique. ("Libérée", a dit MPJ quand je lui ai rapporté la conversation.)
Ca m'a touché, évidemment, que l'aîné de mes fils (qui paraît-il me ressemble physiquement beaucoup...) aime ce livre encore plus que les précédents.
Et ça m'a fait plaisir de penser qu'à mesure que j'avance, mes livres sont de plus en plus euphoriques et libérés.
Dans le message qui a précédé son appel, mon fils m'a demandé "C'est quand la nomination pour le Fémina ?" Je lui ai répondu que les listes de prix littéraires étaient closes et que le livre n'avait figuré sur aucune, ce qui n'a rien d'inhabituel : Les Trois Médecins est le seul de mes romans qui ait figuré, très brièvement, sur une liste des prix de l'automne, la première sélection du Fémina, en 2004.
Mais j'ai ajouté que je n'ai pas de quoi me plaindre, puisque le livre est lu et que son enthousiasme, en plus des messages que je continue à recevoir tous les jours de lectrices et d'un nombre croissant de lecteurs du CDF, vaut tous les prix littéraires.
Bon, je le répète, je n'écris pas pour mes enfants (et parfois je rougis d'embarrassement à l'idée que mes enfants lisent certaines scènes ou certaines phrases de mes livres). Mais quand l'un d'eux me dit qu'il a aimé l'un de mes bouquins, pourquoi cacher que j'en suis très fier ?
J'ai bien compris sa frustration, mais je me suis rendu compte que je n'avais jamais écrit pour faire lire mes bouquins à mes enfants. Bien sûr, j'ai écrit des contes pour enfants dont certains que j'ai enregistrés sur CD et ils étaient presque toujours inspirés par eux, mais en dehors de ça, et des bouquins sur les super-héros ou les séries (auxquels certains des plus grands ont d'ailleurs collaboré), et dont je pensais qu'ils jetteraient un oeil dessus plus par intérêt pour les séries que pour ma prose, je n'ai jamais spécialement attendu que mes enfants lisent mes livres.
Pourtant, au fil des années, l'un ou l'autre des plus grands ont lu La Maladie de Sachs, Les Trois Médecins, certains romans policiers (le "Poulpe", en particulier), la "Trilogie Twain". D'un point de vue général, comme un auteur reçoit un certain nombre d'exemplaires d'auteur (une vingtaine, le plus souvent), il y a toujours un exemplaire pour chacun de mes enfants. Mais quand j'ai commencé à publier je leur ai toujours dit que je leur donnais un exemplaire de mes livres pour qu'ils l'aient, mais qu'ils ne devaient jamais se sentir obligés de les lire. Que ces livres, je les écrivais pour gagner ma vie et les élever (entre autres), pas pour qu'ils se sentent obligés de les lire. Mon seul souhait c'est que dans vingt ou trente ans, ou après ma mort (oui j'ai l'intention de tenir encore trente ans), l'un de mes enfants ou l'un des leurs s'ils en ont, en feuilletant l'un de mes bouquins, se dise "Eh, c'était pas déshonorant, ce qu'il écrivait, le vieux..."
L'un de mes plus jeunes fils me demande systématiquement un exemplaire signé depuis qu'il est tout petit, même s'il ne le lit pas, pour en avoir un à lui. Un jour, il a voulu lire Le Numéro 7 et s'y est préparé en regardant tout la série Le Prisonnier (en hommage de laquelle LN7 a été écrit). Après avoir terminé la série et le roman, il m'a dit : "Mais, dis-donc, tu ne t'es pas inspiré d'un roman de SF que tu m'as fait lire, Terminus les étoiles ?" et je lui ai dit qu'il y avait effectivement des ressemblances, tout simplement parce que le NUméro 7 et The Stars My Destination (titre original de Terminus... - et j'en profite pour dire que le titre français est, pour une fois, tout simplement génial) puisent à la même inspiration, à savoir... Le Comte de Monte-Cristo de l'increvable Alexandre Dumas père.
J'étais heureux qu'il me fasse ce commentaire, et qu'il voit la filiation entre les romans, la série et mon propre bouquin, afin qu'il sache que mon inspiration ne vient pas du néant, mais de mes propres lectures.
Plusieurs de mes enfants ont lu Légendes et Plumes d'Ange, il me semble, ne serait-ce que parce que ça leur a apporté des éclairages sur ma famille et ma vie passée, et je pense que les plus jeunes, un jour, les liront peut-être. En tout cas, je suis heureux de les avoir écrits pour qu'ils puissent un jour avoir accès à des souvenirs, des informations, des réflexions qui me paraissent importantes, même si je ne suis plus là pour les leur confier de vive voix. (Tiens, voilà encore une très bonne raison d'écrire, même si on n'est pas assuré d'être publié : laisser les histoires qu'on n'a pas pu passer directement.)
Tout récemment, deux de mes fils ont lu Le Choeur des femmes.
L'un d'eux, qui a vingt ans, m'a dit que ça lui avait plu "même si ce n'est pas le genre de livre qu'il lit d'habitude" (il lit plutôt de la SF et de l'Heroïc Fantasy). Mais il l'a lu spontanément et manifestement, ça ne l'a pas ennuyé.
L'autre, qui a six ans de plus, m'a appelé hier soir après m'avoir envoyé un message enthousiaste pour me dire quel plaisir il avait pris à le lire. Ce qu'il y avait de plus merveilleux dans ce qu'il me disait, c'est qu'il avait vu toutes les allusions, toutes les ficelles, et que précisément, c'est ce qu'il avait adoré - y compris la fin "rocambolesque" : "Eh bien heureusement qu'elle est rocambolesque, c'est ça que j'aime, justement, que ça bouge, que ça remue, que ce soit émouvant !" (Enfin, il n'a pas dit ça comme ça, mais c'est ce que ça voulait dire.)
Il m'a dit aussi que c'était un livre plus optimiste que les précédents, et je lui ai dit que j'étais d'accord, et que d'ailleurs, si on lit mes "romans médicaux" dans l'ordre de parution, ils vont du plus noir (La Vacation) au plus optimiste (Le CDF). La fin du CDF n'est pas seulement optimiste, elle est "on the upbeat" comme on dit en anglais - euphorique. ("Libérée", a dit MPJ quand je lui ai rapporté la conversation.)
Ca m'a touché, évidemment, que l'aîné de mes fils (qui paraît-il me ressemble physiquement beaucoup...) aime ce livre encore plus que les précédents.
Et ça m'a fait plaisir de penser qu'à mesure que j'avance, mes livres sont de plus en plus euphoriques et libérés.
Dans le message qui a précédé son appel, mon fils m'a demandé "C'est quand la nomination pour le Fémina ?" Je lui ai répondu que les listes de prix littéraires étaient closes et que le livre n'avait figuré sur aucune, ce qui n'a rien d'inhabituel : Les Trois Médecins est le seul de mes romans qui ait figuré, très brièvement, sur une liste des prix de l'automne, la première sélection du Fémina, en 2004.
Mais j'ai ajouté que je n'ai pas de quoi me plaindre, puisque le livre est lu et que son enthousiasme, en plus des messages que je continue à recevoir tous les jours de lectrices et d'un nombre croissant de lecteurs du CDF, vaut tous les prix littéraires.
Bon, je le répète, je n'écris pas pour mes enfants (et parfois je rougis d'embarrassement à l'idée que mes enfants lisent certaines scènes ou certaines phrases de mes livres). Mais quand l'un d'eux me dit qu'il a aimé l'un de mes bouquins, pourquoi cacher que j'en suis très fier ?
Je me souviens (5) - par Zelapin
Tout d’abord, je me souviens que wikipédia m’a bien aidée sur ce coup-là, en 2009, me fournissant plein d’explications sur ces souvenirs de Georges Perec et l’inspirateur de cette forme (Joe Brainard «I remember »).
1 Je me souviens qu’en 1969, il est survenu au moins deux évènements majeurs, dont l’un a plus particulièrement affecté la vie jusqu’alors paisible de mon frère.
2/ Je me souviens avoir été vieille et avoir pleuré tous les soirs pendant deux mois, à la maison de retraite, quand la veilleuse était passée. En plus, j’aimais pas son parfum.
3/ Je me souviens avoir pensé qu’il était trop tôt pour te perdre, toi mon père, que je n’étais pas prête, alors que je ne suis plus mais plus du tout une enfant. C’était en mai 2007, quand cet interne aux urgences a parlé d’une énorme masse en face post du pancréas.
4/ Je me souviens avoir aimé la version de L.P., chirurgien viscéral, quand il a préféré t’envoyer au CHU pour qu’on puisse éventuellement emboliser cette « durite », qui n’avait rien d’une tumeur. J’ai aimé ce changement de diagnostic, j’ai aimé ne pas en avoir voulu à l’interne, je me suis trouvée terrible dans ma généreuse mansuétude. C’est pas souvent.
5/ Je me souviens des émissions de télé animalières qu’on regardait avec P. (mon frère), dont on imitait certains protagonistes. Ah, la danse nuptiale de la grue bleue du Nil (cherchez pas…) à 6 et 11 ans, en pyjama dans le salon…
6/ Je me souviens quand à sept ans j’étais Michel Sardou, que je rentrais sur scène et que les projecteurs m’éblouissaient. Juste après ça, je n’étais plus lui. Je voulais la sensation, pas le vécu.
(je me souviens de la mort de Claude François, que je n’aimais pas, le jour de la kermesse sur le terrain de sport)
7/ Je me souviens de la détresse de cette petite fille qui ne s’était pas vue grandir et qui avait écrit une lettre à cet andouille de G.B.. Il s’était fait choper par sœur J., qui en a fait tout un pataquès. La détresse est venue après, quand elle a été considérée comme une pestiférée et que la confiance s’en est allée. Elle s’est mise à vouloir correspondre à sa nouvelle image de trainée, sans réel succès malgré les coups foireux. Les sœurs lui ont adressé un courrier stupide dans l’été, disant qu’elles avaient prié pour qu’elle ne devienne pas péripatéticienne. Ca a marché, elle ne l’est toujours pas ! L’année d’après, en sixième, elle n’était plus l’extra-terrestre, d’autres qu’elle étaient réglées, d’autres qu’elle mesuraient plus d’un mètre cinquante.
8/ Je me souviens de Buenos-Aires et de cette première manche gagnée. Je me souviens de P.B. sur le bateau-comité, visiblement heureux qu’une petite française qui paie pas de mine s’octroie une première place. Mais peut-être est-ce une pure interprétation. M‘en fous, je m’en souviens.
9/ Je me souviens qu’il m’était pendant longtemps totalement inaccessible l’état d’esprit qui animait ma mère quand elle me proposait la moitié de son dessert « parce-que ça lui faisait plaisir ».
Si je suis honnête, j’avoue que cela m’est encore inaccessible pour au moins deux desserts sur trois (prototype de mère indigne).
10/ Je me souviens du choc à la lecture de Marcel Pagnol en ce1, puis de « L’ herbe bleue » (lu trop tôt, je sortais de là malade, comme si c’était moi qui fumais, j’en venais à éviter le regard de mes parents, de crainte qu’ils ne découvrent quelque chose…que je ne faisais pas). Je sais que c’est à ce moment-là que j’ai pensé que je lirais toujours. A ce jour, à la question « peste ou choléra » qui me demande de choisir entre la paraplégie et la cécité, je réponds paraplégie. Je sais qu’on peut entendre la littérature, mais la percevoir par moi-même, par mes propres sens, c’est essentiel. (fishtail end, pour pas faire trop long !)
1 Je me souviens qu’en 1969, il est survenu au moins deux évènements majeurs, dont l’un a plus particulièrement affecté la vie jusqu’alors paisible de mon frère.
2/ Je me souviens avoir été vieille et avoir pleuré tous les soirs pendant deux mois, à la maison de retraite, quand la veilleuse était passée. En plus, j’aimais pas son parfum.
3/ Je me souviens avoir pensé qu’il était trop tôt pour te perdre, toi mon père, que je n’étais pas prête, alors que je ne suis plus mais plus du tout une enfant. C’était en mai 2007, quand cet interne aux urgences a parlé d’une énorme masse en face post du pancréas.
4/ Je me souviens avoir aimé la version de L.P., chirurgien viscéral, quand il a préféré t’envoyer au CHU pour qu’on puisse éventuellement emboliser cette « durite », qui n’avait rien d’une tumeur. J’ai aimé ce changement de diagnostic, j’ai aimé ne pas en avoir voulu à l’interne, je me suis trouvée terrible dans ma généreuse mansuétude. C’est pas souvent.
5/ Je me souviens des émissions de télé animalières qu’on regardait avec P. (mon frère), dont on imitait certains protagonistes. Ah, la danse nuptiale de la grue bleue du Nil (cherchez pas…) à 6 et 11 ans, en pyjama dans le salon…
6/ Je me souviens quand à sept ans j’étais Michel Sardou, que je rentrais sur scène et que les projecteurs m’éblouissaient. Juste après ça, je n’étais plus lui. Je voulais la sensation, pas le vécu.
(je me souviens de la mort de Claude François, que je n’aimais pas, le jour de la kermesse sur le terrain de sport)
7/ Je me souviens de la détresse de cette petite fille qui ne s’était pas vue grandir et qui avait écrit une lettre à cet andouille de G.B.. Il s’était fait choper par sœur J., qui en a fait tout un pataquès. La détresse est venue après, quand elle a été considérée comme une pestiférée et que la confiance s’en est allée. Elle s’est mise à vouloir correspondre à sa nouvelle image de trainée, sans réel succès malgré les coups foireux. Les sœurs lui ont adressé un courrier stupide dans l’été, disant qu’elles avaient prié pour qu’elle ne devienne pas péripatéticienne. Ca a marché, elle ne l’est toujours pas ! L’année d’après, en sixième, elle n’était plus l’extra-terrestre, d’autres qu’elle étaient réglées, d’autres qu’elle mesuraient plus d’un mètre cinquante.
8/ Je me souviens de Buenos-Aires et de cette première manche gagnée. Je me souviens de P.B. sur le bateau-comité, visiblement heureux qu’une petite française qui paie pas de mine s’octroie une première place. Mais peut-être est-ce une pure interprétation. M‘en fous, je m’en souviens.
9/ Je me souviens qu’il m’était pendant longtemps totalement inaccessible l’état d’esprit qui animait ma mère quand elle me proposait la moitié de son dessert « parce-que ça lui faisait plaisir ».
Si je suis honnête, j’avoue que cela m’est encore inaccessible pour au moins deux desserts sur trois (prototype de mère indigne).
10/ Je me souviens du choc à la lecture de Marcel Pagnol en ce1, puis de « L’ herbe bleue » (lu trop tôt, je sortais de là malade, comme si c’était moi qui fumais, j’en venais à éviter le regard de mes parents, de crainte qu’ils ne découvrent quelque chose…que je ne faisais pas). Je sais que c’est à ce moment-là que j’ai pensé que je lirais toujours. A ce jour, à la question « peste ou choléra » qui me demande de choisir entre la paraplégie et la cécité, je réponds paraplégie. Je sais qu’on peut entendre la littérature, mais la percevoir par moi-même, par mes propres sens, c’est essentiel. (fishtail end, pour pas faire trop long !)
Je me souviens (4) - par Hervé K.
- Je me souviens d'un dessin animé que je regardais quand j'avais quatre ans ;
- Je me souviens d'un cartoon aux personnages pas très bien animés dont ma sœur et moi singions la manière de danser en nous tordant de rire;
- Je me souviens d'une cassette de Thriller reçue en cadeau d'anniversaire un Mercredi Matin, avant de partir au basket;
- Je me souviens du duo "The Girl Is Mine", qu'un pote et moi imitions en prenant des voix exagérément suaves;
- Je me souviens du vidéoclip de Bad et de cette image où Michael se passe la main (habillée d'une mitaine) sur la bouche, avec une tronche pas possible envoyant le message "ne me faites pas chier";
- Je me souviens d'un téléfilm en plusieurs parties sur la famille Jackson qui était passé pendant des vacances de Noël;
- Je me souviens avoir lu au supermarché la bande dessinée adaptée de ce téléfilm;
- Je me souviens d'un épisode de "Arnold et Willy" (ou "Ricky La Belle Vie", je ne suis plus sûr) avec Michael en guest star. Mais peut être était ce un sosie;
- Je me souviens de ma sœur qui fait un stage de danse animé par Nadir, un des danseurs du vidéoclip de "Bad";
- Je me souviens des questions que je me posais sur le sens des paroles de "Dirty Diana";
- Je me souviens de la voix de femme au début de "Liberian Girl" que ma sœur répétait en boucle jusqu'à me rendre dingue;
- Je me souviens de la chanson "Bad" dont j'écoutais l'introduction en boucle, juste parce qu'elle était particulièrement efficace;
- Je me souviens à quel point Michael Jackson m'a fait faire des choses en boucle et des imitations;
- Je me souviens que le réalisateur de "Bad" est Martin Scorsese, un de mes réalisateurs préféré;
- Je me souviens d'avoir manqué l'épisode de Cold Case utilisant "Man In The Mirror";
- Je me souviens de ce collègue qui faisait avec moi des concours de Moon Walk et de levés de mollets à la "Beat It".
- Je me souviens de Michel Jacques Sonne, le président du fan club de Michaël Jackson, dans "Nulle Part Ailleurs".
- Je me souviens à quel point je faisais chier mes voisins de résidence universitaire en écoutant ... en boucle ... "ABC" et "I Want You Back"
- Je me souviens avoir, lors d'un mariage, participé à une Soul Train line sur une chanson des Jackson Five, mais je ne me rappelle plus laquelle.
- Je me souviens avoir prêté attention sur le tard à "The Love You Save" et décidé que c'était ma chanson favorite des Jackson Five.
- Je me souviens d'un cartoon aux personnages pas très bien animés dont ma sœur et moi singions la manière de danser en nous tordant de rire;
- Je me souviens d'une cassette de Thriller reçue en cadeau d'anniversaire un Mercredi Matin, avant de partir au basket;
- Je me souviens du duo "The Girl Is Mine", qu'un pote et moi imitions en prenant des voix exagérément suaves;
- Je me souviens du vidéoclip de Bad et de cette image où Michael se passe la main (habillée d'une mitaine) sur la bouche, avec une tronche pas possible envoyant le message "ne me faites pas chier";
- Je me souviens d'un téléfilm en plusieurs parties sur la famille Jackson qui était passé pendant des vacances de Noël;
- Je me souviens avoir lu au supermarché la bande dessinée adaptée de ce téléfilm;
- Je me souviens d'un épisode de "Arnold et Willy" (ou "Ricky La Belle Vie", je ne suis plus sûr) avec Michael en guest star. Mais peut être était ce un sosie;
- Je me souviens de ma sœur qui fait un stage de danse animé par Nadir, un des danseurs du vidéoclip de "Bad";
- Je me souviens des questions que je me posais sur le sens des paroles de "Dirty Diana";
- Je me souviens de la voix de femme au début de "Liberian Girl" que ma sœur répétait en boucle jusqu'à me rendre dingue;
- Je me souviens de la chanson "Bad" dont j'écoutais l'introduction en boucle, juste parce qu'elle était particulièrement efficace;
- Je me souviens à quel point Michael Jackson m'a fait faire des choses en boucle et des imitations;
- Je me souviens que le réalisateur de "Bad" est Martin Scorsese, un de mes réalisateurs préféré;
- Je me souviens d'avoir manqué l'épisode de Cold Case utilisant "Man In The Mirror";
- Je me souviens de ce collègue qui faisait avec moi des concours de Moon Walk et de levés de mollets à la "Beat It".
- Je me souviens de Michel Jacques Sonne, le président du fan club de Michaël Jackson, dans "Nulle Part Ailleurs".
- Je me souviens à quel point je faisais chier mes voisins de résidence universitaire en écoutant ... en boucle ... "ABC" et "I Want You Back"
- Je me souviens avoir, lors d'un mariage, participé à une Soul Train line sur une chanson des Jackson Five, mais je ne me rappelle plus laquelle.
- Je me souviens avoir prêté attention sur le tard à "The Love You Save" et décidé que c'était ma chanson favorite des Jackson Five.
vendredi 30 octobre 2009
Je me souviens (3) - par Cacilie Lemoine
Je me souviens de Pollux et du manège enchanté
et puis zut, le reste
Je me souviens de ma première médaille de natation (en bronze), 1977
et puis de mon premier baiser sur la bouche d'un garçon, derrière une porte, 11 printemps...
Je me souviens du carillon qui faisait des siennes à minuit
Des gens que je suivais dans la rue en m'imaginant que devant moi, une caméra filmait... (12ans)
je me souviens que tout le monde s'en fout !
Je me souviens (2) - par Lambert Lambert
Jour blanc.
Je me souviens de la couleur de mon premier vélo : rouge ; et de ta main qui ma guide.
Je me souviens de tes retours le soir à l’heure du diner et de ton vieux Peugeot jaune qui a fait tant de kilomètres. Je n’ai jamais su le conduire.
Je me souviens de la couleur de ta robe de chambre bordeaux dans laquelle je pouvais m’emmitoufler quand j’étais malade. Elle me donnait l’impression d’être un grand seigneur drapé dans un vêtement somptueux.
Je me souviens de l’odeur miellée du tabac brun que tu mettais dans ta pipe.
Je me souviens de la couleur terne de l’ennui des fins de semaine devant le poste de télévision et des après-midi à regarder des vieux westerns à tes côtés.
Je me souviens de la couleur de la jalousie quand tu caressais notre chienne qui partageait le canapé avec nous.
Je me souviens du vert du terrain de football où j’allais te chercher dans les gradins le dimanche matin quand le poulet était cuit.
Je me souviens de t’avoir trouve beau dans ton costume gris quand je t’ai dit adieu.
Je me souviens de ta présence, tu me manques, mes larmes coulent transparentes.
Nuit noire.
Je me souviens de la couleur de mon premier vélo : rouge ; et de ta main qui ma guide.
Je me souviens de tes retours le soir à l’heure du diner et de ton vieux Peugeot jaune qui a fait tant de kilomètres. Je n’ai jamais su le conduire.
Je me souviens de la couleur de ta robe de chambre bordeaux dans laquelle je pouvais m’emmitoufler quand j’étais malade. Elle me donnait l’impression d’être un grand seigneur drapé dans un vêtement somptueux.
Je me souviens de l’odeur miellée du tabac brun que tu mettais dans ta pipe.
Je me souviens de la couleur terne de l’ennui des fins de semaine devant le poste de télévision et des après-midi à regarder des vieux westerns à tes côtés.
Je me souviens de la couleur de la jalousie quand tu caressais notre chienne qui partageait le canapé avec nous.
Je me souviens du vert du terrain de football où j’allais te chercher dans les gradins le dimanche matin quand le poulet était cuit.
Je me souviens de t’avoir trouve beau dans ton costume gris quand je t’ai dit adieu.
Je me souviens de ta présence, tu me manques, mes larmes coulent transparentes.
Nuit noire.
jeudi 29 octobre 2009
Veuillez nous excuser de cette interruption de l'image et du texte
RIen de grave, mais j'ai eu beaucoup de boulot et je suis parti quelques jours de chez moi, voilà pourquoi je n'ai pas écrit ces jours-ci.
Je serai de retour très bientôt.
En attendant, les passagers du blog sont eux/elles aussi invités à parler de l'écriture, sous forme de texte à publier, même "hors exercices" !
A vous lire !
Martin
Et c'est Emmanuelle (dans le commentaire ci-après) qui nous donne l'exercice de la semaine, spontanément. Il est simple... enfin, pas si simple que ça, finalement.
Forme ? Libre
Longueur ? Variable
Remise ? Quand on veut, sans date limite
Merci, Emmanuelle.
Je serai de retour très bientôt.
En attendant, les passagers du blog sont eux/elles aussi invités à parler de l'écriture, sous forme de texte à publier, même "hors exercices" !
A vous lire !
Martin
Et c'est Emmanuelle (dans le commentaire ci-après) qui nous donne l'exercice de la semaine, spontanément. Il est simple... enfin, pas si simple que ça, finalement.
Forme ? Libre
Longueur ? Variable
Remise ? Quand on veut, sans date limite
Merci, Emmanuelle.
mercredi 21 octobre 2009
Du "courage de s'exprimer"
Hier, à Radio-Canada, où j'étais de nouveau invité à m'exprimer sur la grippe A/H1N1 et la vaccination (je vous rassure tout de suite, je ne vous assommerai pas avec ça ici, je ne prononcerai même plus son nom, c'est juste pour resituer le contexte), la journaliste me demandait si m'exposer ainsi - à dire tout haut ce que d'autres pensent tout bas - ça ne demandait pas un certain "courage".
Je ne sais plus ce que j'ai répondu, je crois que j'ai répondu à côté, alors ça me donne l'occasion de revenir là-dessus.
Je ne crois pas être quelqu'un de particulièrement audacieux. Je traverse le plus souvent "dans les clous", je ne fais pas de sport extrême, je n'aime même pas les films d'horreur (j'ai horreur qu'on me fasse peur), et j'ai fermé les yeux pendant les trois quarts de Alien, ce qui fait bien rire mes enfants.
Je suis comme tout le monde, j'ai des crises d'angoisse de temps à autre, surtout quand je suis fatigué et/ou abattu mais je ne passe pas mon temps à me faire peur avec les catastrophes les plus invraisemblables. Et lorsque j'ai pris une assurance pour l'appartement que je venais de louer à Montréal, j'ai éclaté de rire, au téléphone, quand l'agente qui remplissait mon questionnaire m'a demandé si je voulais souscrire à l'option séisme. (Si, si, je vous jure...)
Je pense donc que je ne suis ni plus peureux ni plus brave qu'un autre, alors ça me surprend toujours qu'on me parle de mon "courage".
C'est tout relatif, le courage. Si j'avais été un journaliste algérien il y a quinze ou vingt ans, à l'époque où la moindre critique du pouvoir valait de se retrouver égorgé dans un coin sombre, alors oui, parler aurait été du courage.
Mais en France ou au Québec, en 2009, parler de la (je vous avais dit que je ne prononcerais plus son nom) à la radio ou à la télé, je ne vois pas bien quel courage cela demande.
Sinon qu'il est effectivement singulier de s'élever contre les discours dominants de toute nature. On peut craindre d'y laisser des plumes, d'être viré d'une radio ou d'une équipe d'enseignants de fac, par exemple.
La parade (quand c'est possible), c'est de dépendre le moins possible des autres. J'ai eu la chance de ne jamais dépendre d'un seul employeur, car j'ai toujours eu plusieurs boulots à la fois ; bien avant de gagner une indépendance supplémentaire grâce à mes livres.
Et avant ça, à peine arrivé en fac de médecine, j'ai farouchement revendiqué le droit de prendre la parole contre les gens ou les choses qui m'énervaient : le concours abject, le bizuthage, les profs sexistes, les étudiants soumis, les politiciens tordus (je sais, je sais, c'est un pléonasme...), les patrons autoritaires, et j'en passe.
(Maintenant que j'y pense, à l'adolescence, j'avais écrit des textes révoltés inspirés par le "J'accuse" de Zola... Donc, ça ne date pas de la fac...)
Ecrire ne me demandait (et ne me demande) aucun courage. Ecrire, c'était la manière la plus simple de canaliser la colère. C'était un exutoire, c'est devenu un outil. Et c'est l'écrit qui m'a, paradoxalement, donné une légitimité suffisante pour qu'on me demande, aujourd'hui, de parler.
Je sais que parler (et par "parler", je veux dire critiquer, dénoncer, prendre parti, bref : s'engager), c'est risqué. Surtout quand on ne fait pas, objectivement, partie de l'élite auto-proclamée à qui tout est permis...
Je sais aussi que ça n'est pas donné à tout le monde de prendre ce type de risque, et qu'il faut bénéficier de circonstances favorables. Mais je pense sincèrement que, parmi les "hors-élite", ceux à qui cette occasion est donnée se doivent de la saisir, pour eux et pour les autres.
Car la vie, c'est risqué. Et un écrivain "engagé" qui ne prend pas de risque, ce n'est pas un écrivain vivant.
(Post-scriptum, quelques heures plus tard)
J'ajouterai que prendre la parole en tant que médecin, pour remettre les pendules à l'heure, pour donner de la clarté à ce qui reste dans le flou, pour écarter les fantasmes et éviter les peurs inutiles, ça va de soi, à mes yeux. Un médecin détient un savoir, mais ce savoir ne lui appartient pas. Il a l'obligation morale de le partager. Et quand ce savoir lui permet de critiquer les discours "univoques" des institutions, politiques ou autres, son obligation morale n'en est que plus urgente.
Car celui qui connaît la vérité et se tait est, sinon un criminel, du moins complice de ceux qui veulent maintenir le silence.
Je ne sais plus ce que j'ai répondu, je crois que j'ai répondu à côté, alors ça me donne l'occasion de revenir là-dessus.
Je ne crois pas être quelqu'un de particulièrement audacieux. Je traverse le plus souvent "dans les clous", je ne fais pas de sport extrême, je n'aime même pas les films d'horreur (j'ai horreur qu'on me fasse peur), et j'ai fermé les yeux pendant les trois quarts de Alien, ce qui fait bien rire mes enfants.
Je suis comme tout le monde, j'ai des crises d'angoisse de temps à autre, surtout quand je suis fatigué et/ou abattu mais je ne passe pas mon temps à me faire peur avec les catastrophes les plus invraisemblables. Et lorsque j'ai pris une assurance pour l'appartement que je venais de louer à Montréal, j'ai éclaté de rire, au téléphone, quand l'agente qui remplissait mon questionnaire m'a demandé si je voulais souscrire à l'option séisme. (Si, si, je vous jure...)
Je pense donc que je ne suis ni plus peureux ni plus brave qu'un autre, alors ça me surprend toujours qu'on me parle de mon "courage".
C'est tout relatif, le courage. Si j'avais été un journaliste algérien il y a quinze ou vingt ans, à l'époque où la moindre critique du pouvoir valait de se retrouver égorgé dans un coin sombre, alors oui, parler aurait été du courage.
Mais en France ou au Québec, en 2009, parler de la (je vous avais dit que je ne prononcerais plus son nom) à la radio ou à la télé, je ne vois pas bien quel courage cela demande.
Sinon qu'il est effectivement singulier de s'élever contre les discours dominants de toute nature. On peut craindre d'y laisser des plumes, d'être viré d'une radio ou d'une équipe d'enseignants de fac, par exemple.
La parade (quand c'est possible), c'est de dépendre le moins possible des autres. J'ai eu la chance de ne jamais dépendre d'un seul employeur, car j'ai toujours eu plusieurs boulots à la fois ; bien avant de gagner une indépendance supplémentaire grâce à mes livres.
Et avant ça, à peine arrivé en fac de médecine, j'ai farouchement revendiqué le droit de prendre la parole contre les gens ou les choses qui m'énervaient : le concours abject, le bizuthage, les profs sexistes, les étudiants soumis, les politiciens tordus (je sais, je sais, c'est un pléonasme...), les patrons autoritaires, et j'en passe.
(Maintenant que j'y pense, à l'adolescence, j'avais écrit des textes révoltés inspirés par le "J'accuse" de Zola... Donc, ça ne date pas de la fac...)
Ecrire ne me demandait (et ne me demande) aucun courage. Ecrire, c'était la manière la plus simple de canaliser la colère. C'était un exutoire, c'est devenu un outil. Et c'est l'écrit qui m'a, paradoxalement, donné une légitimité suffisante pour qu'on me demande, aujourd'hui, de parler.
Je sais que parler (et par "parler", je veux dire critiquer, dénoncer, prendre parti, bref : s'engager), c'est risqué. Surtout quand on ne fait pas, objectivement, partie de l'élite auto-proclamée à qui tout est permis...
Je sais aussi que ça n'est pas donné à tout le monde de prendre ce type de risque, et qu'il faut bénéficier de circonstances favorables. Mais je pense sincèrement que, parmi les "hors-élite", ceux à qui cette occasion est donnée se doivent de la saisir, pour eux et pour les autres.
Car la vie, c'est risqué. Et un écrivain "engagé" qui ne prend pas de risque, ce n'est pas un écrivain vivant.
(Post-scriptum, quelques heures plus tard)
J'ajouterai que prendre la parole en tant que médecin, pour remettre les pendules à l'heure, pour donner de la clarté à ce qui reste dans le flou, pour écarter les fantasmes et éviter les peurs inutiles, ça va de soi, à mes yeux. Un médecin détient un savoir, mais ce savoir ne lui appartient pas. Il a l'obligation morale de le partager. Et quand ce savoir lui permet de critiquer les discours "univoques" des institutions, politiques ou autres, son obligation morale n'en est que plus urgente.
Car celui qui connaît la vérité et se tait est, sinon un criminel, du moins complice de ceux qui veulent maintenir le silence.
lundi 19 octobre 2009
Vous m'en lirez tant et "Elle"
Pendant les journées écoulées, alors que j'ai été surtout sollicité pour parler de la grippe, aussi bien à la télévision ("Tout le monde en parle", sur Radio Canada le dimanche soir) qu'à la radio (anglophone et francophone), il y a eu deux bons moments pour "Le Choeur des femmes".
D'abord l'émission dominicale "Vous m'en lirez tant" le 18 octobre, au cours de laquelle Lorraine Pintal m'a parlé du CDF avec beaucoup de chaleur et d'intelligence. (Vous pourrez entendre l'entretien au début de la 2e partie de l'émission, audible en ligne).
Ensuite un article paru dans "Elle" France, la même semaine, et que vous pouvez lire sur cette page de mon Webzine.
J'aime tout particulièrement la légende qui accompagne les photos, et qui renvoie à une partie de l'article particulièrement gratifiante : Olivia de Lamberterie souligne que, malgré le sujet "médical" du livre, je n'ai pas "oublié que je suis un écrivain".
Merci Madamae
Bref, pas de quoi se plaindre, meme si je suis un peu faché de ne pas pouvoir écrire beaucoup ici ces jours-ci.
A suivre...
D'abord l'émission dominicale "Vous m'en lirez tant" le 18 octobre, au cours de laquelle Lorraine Pintal m'a parlé du CDF avec beaucoup de chaleur et d'intelligence. (Vous pourrez entendre l'entretien au début de la 2e partie de l'émission, audible en ligne).
Ensuite un article paru dans "Elle" France, la même semaine, et que vous pouvez lire sur cette page de mon Webzine.
J'aime tout particulièrement la légende qui accompagne les photos, et qui renvoie à une partie de l'article particulièrement gratifiante : Olivia de Lamberterie souligne que, malgré le sujet "médical" du livre, je n'ai pas "oublié que je suis un écrivain".
Merci Madamae
Bref, pas de quoi se plaindre, meme si je suis un peu faché de ne pas pouvoir écrire beaucoup ici ces jours-ci.
A suivre...
vendredi 16 octobre 2009
Crime Parfait - par Thierry V. (Exercice n°4, dernier envoi)
Rapport de Police
Officier au rapport : Lieutenant GOBBOLA, Guiseppe
Transmission officielle du dossier Morgendorffer Daria, née le 23/06/1983 à Chicago (Etats-Unis), de nationalité franco-américaine, dans le cadre de son arrestation pour acte terroriste contre le cortège officiel du G8 le 22/11/2009.
FAITS :
L’itinéraire du cortège officiel démarre à 10 h 30 de l’Arc de Triomphe en direction du Palais de l’Elysée. A 10 h 43, sur la portion de l’avenue entre le Rond-point des Champs-Élysées et la Place de la Concorde, sont accrochés aux arbres, en bordure de route, 58 mannequins en plastiques, mâles et femelles, provenant sans doute de magasins de vêtements. Les mannequins sont accrochés aux arbres par une corde nouée autour du cou. Leurs bras droits sont inclinés vers le haut. Une pancarte blanche, d’1 x 1 m., est accrochée sur chaque mannequin, et des slogans contestataires y sont inscrits en lettres noires. Faute de déviation possible, le cortège a dû maintenir l’itinéraire prévu.
A 10 h 50, à proximité de la place de la concorde, mademoiselle Morgendorffer est interpellée en possession de trois de ces pancartes, où sont écrit « Obéissez », « Reproduisez-vous » et « Regardez la télévision ». Elle affirme aux policiers présents qu’elle vient de les ramasser à l’entrée de la station de métro Concorde. « Bah, elles sont plutôt cool », affirme t-elle devant témoins. La fouille de son sac à dos permet aux policiers de procéder à son arrestation. Il est retrouvé en sa possession : un marqueur noir, un livre de Bertol Brecht, un baladeur MP3 contenant des albums d’un groupuscule nommé Sonic Youth, un coffret DVD d’une série « Curb your enthusiasm », un téléphone portable, un sachet de M&M’s entamé et un parapluie de marque inconnue.
ANALYSE :
Une analyse des objets appartenant à la suspecte a été menée par l’expert psychiatre docteur Mabuse Friedrich. Le rapport détaillé de ce dernier (voir annexes) fait mention des traits de caractères suivants : déni de l’autorité, chaos moral, misanthropie fluctuante, délires paranoïaques enfantins, moralité politique confuse et prédilection pour un type peu courant de morbidité.
La suspecte n’a pas dû accrocher ces 58 mannequins seule et a très probablement bénéficiée de complicités. Les quatre contacts enregistrés sur son téléphone portable ont tous été interrogés (voir annexes) et ont des alibis solides. Maître Alamo Gisèle, belle-mère de la suspecte, a offert ses services à sa belle-fille. Mené en présence de son avocat, l’interrogatoire de la suspecte (voir annexes) n’a pu apporter les preuves nécessaires à son inculpation et à sa mise en détention provisoire. Les pièces discriminatoires apportées au dossier par Maître Alamo sont nombreuses. Nous nous permettons cependant d’émettre de forts soupçons quand à la préparation de ce dossier, un peu trop préparé.
La mise en détention provisoire de Mademoiselle Morgendorffer a été refusée par le Juge Messer, et sa mise en liberté provisoire ordonnée.
SUIVI :
Selon un nouvel examen des faits et de nouvelles preuves trouvées au domicile de la suspecte, Mademoiselle Morgendorffer est soupçonnée d’être le leader de l’organisation anarcho-clandestine, organisatrice du sabotage susmentionné, ainsi que de probables opérations de déstabilisation de l’état. Le dossier est dorénavant transmit à l’inspecteur Flint de la Direction de la Surveillance du Territoire.
Fait ce jour, jeudi 24 novembre 2009, à Paris.
Lieutenant GOBBOLA, Guiseppe.
Officier au rapport : Lieutenant GOBBOLA, Guiseppe
Transmission officielle du dossier Morgendorffer Daria, née le 23/06/1983 à Chicago (Etats-Unis), de nationalité franco-américaine, dans le cadre de son arrestation pour acte terroriste contre le cortège officiel du G8 le 22/11/2009.
FAITS :
L’itinéraire du cortège officiel démarre à 10 h 30 de l’Arc de Triomphe en direction du Palais de l’Elysée. A 10 h 43, sur la portion de l’avenue entre le Rond-point des Champs-Élysées et la Place de la Concorde, sont accrochés aux arbres, en bordure de route, 58 mannequins en plastiques, mâles et femelles, provenant sans doute de magasins de vêtements. Les mannequins sont accrochés aux arbres par une corde nouée autour du cou. Leurs bras droits sont inclinés vers le haut. Une pancarte blanche, d’1 x 1 m., est accrochée sur chaque mannequin, et des slogans contestataires y sont inscrits en lettres noires. Faute de déviation possible, le cortège a dû maintenir l’itinéraire prévu.
A 10 h 50, à proximité de la place de la concorde, mademoiselle Morgendorffer est interpellée en possession de trois de ces pancartes, où sont écrit « Obéissez », « Reproduisez-vous » et « Regardez la télévision ». Elle affirme aux policiers présents qu’elle vient de les ramasser à l’entrée de la station de métro Concorde. « Bah, elles sont plutôt cool », affirme t-elle devant témoins. La fouille de son sac à dos permet aux policiers de procéder à son arrestation. Il est retrouvé en sa possession : un marqueur noir, un livre de Bertol Brecht, un baladeur MP3 contenant des albums d’un groupuscule nommé Sonic Youth, un coffret DVD d’une série « Curb your enthusiasm », un téléphone portable, un sachet de M&M’s entamé et un parapluie de marque inconnue.
ANALYSE :
Une analyse des objets appartenant à la suspecte a été menée par l’expert psychiatre docteur Mabuse Friedrich. Le rapport détaillé de ce dernier (voir annexes) fait mention des traits de caractères suivants : déni de l’autorité, chaos moral, misanthropie fluctuante, délires paranoïaques enfantins, moralité politique confuse et prédilection pour un type peu courant de morbidité.
La suspecte n’a pas dû accrocher ces 58 mannequins seule et a très probablement bénéficiée de complicités. Les quatre contacts enregistrés sur son téléphone portable ont tous été interrogés (voir annexes) et ont des alibis solides. Maître Alamo Gisèle, belle-mère de la suspecte, a offert ses services à sa belle-fille. Mené en présence de son avocat, l’interrogatoire de la suspecte (voir annexes) n’a pu apporter les preuves nécessaires à son inculpation et à sa mise en détention provisoire. Les pièces discriminatoires apportées au dossier par Maître Alamo sont nombreuses. Nous nous permettons cependant d’émettre de forts soupçons quand à la préparation de ce dossier, un peu trop préparé.
La mise en détention provisoire de Mademoiselle Morgendorffer a été refusée par le Juge Messer, et sa mise en liberté provisoire ordonnée.
SUIVI :
Selon un nouvel examen des faits et de nouvelles preuves trouvées au domicile de la suspecte, Mademoiselle Morgendorffer est soupçonnée d’être le leader de l’organisation anarcho-clandestine, organisatrice du sabotage susmentionné, ainsi que de probables opérations de déstabilisation de l’état. Le dossier est dorénavant transmit à l’inspecteur Flint de la Direction de la Surveillance du Territoire.
Fait ce jour, jeudi 24 novembre 2009, à Paris.
Lieutenant GOBBOLA, Guiseppe.
jeudi 15 octobre 2009
Crime Parfait - par Brigitte François (Exercice N°4)
Notes personnelles préalables à rédaction de rapport.
Nom : Mona Délie – 17 ans
Mensurations : 1,72m, 85 cm là où il faut, et le reste à l’avenant. Canon, quoi.
Trouvée le 12 septembre dans les poubelles de l’école d’art Graron ; sculpture et modelage. Le corps nu recouvert d’éclats de marbre et de fragments de terre séchée est « tombé » dans la benne au moment du ramassage. Eboueurs choqués… et émoustillés !
M. D décédée suite à coup porté au foie, qui a provoqué hémorragie interne. Aucune empreinte sur le corps.
Graron, sculpteur de renommée mondiale - cote très élevée – venait de terminer une statue de nu : M. D était le modèle. Sculpture magnifique. J’ai toujours adoré ce qu’il fait. Pas les moyens d’acheter !
Vêtements de la victime retrouvés dans une poubelle d’une rue parallèle avec sac et portefeuilles. Pas d’empreintes non plus.
Je soupçonne une liaison entre l’artiste connu et la jeune fille.
Mon intime conviction : il l’a tuée.
Mais : zéro preuve. Parents introuvables : faux papiers, fausse identité. Elle ne s’appelait pas Mona… mais quoi ? Pas de personne disparue correspondant à la description. Interpol contacté : rien chez eux non plus.
Graron déclare ne la connaître que depuis deux mois, l’avoir payé généreusement comme modèle.
Il fanfaronne sur le fait de l’avoir rendue immortelle : la statue, elle, restera. Il jure vouloir la garder : il n’oserait pas ‘la vendre après ça’ (sic !).
Immortelle mais parfaitement morte.
Affaire à classer sans suite faute de preuves.
BF
Nom : Mona Délie – 17 ans
Mensurations : 1,72m, 85 cm là où il faut, et le reste à l’avenant. Canon, quoi.
Trouvée le 12 septembre dans les poubelles de l’école d’art Graron ; sculpture et modelage. Le corps nu recouvert d’éclats de marbre et de fragments de terre séchée est « tombé » dans la benne au moment du ramassage. Eboueurs choqués… et émoustillés !
M. D décédée suite à coup porté au foie, qui a provoqué hémorragie interne. Aucune empreinte sur le corps.
Graron, sculpteur de renommée mondiale - cote très élevée – venait de terminer une statue de nu : M. D était le modèle. Sculpture magnifique. J’ai toujours adoré ce qu’il fait. Pas les moyens d’acheter !
Vêtements de la victime retrouvés dans une poubelle d’une rue parallèle avec sac et portefeuilles. Pas d’empreintes non plus.
Je soupçonne une liaison entre l’artiste connu et la jeune fille.
Mon intime conviction : il l’a tuée.
Mais : zéro preuve. Parents introuvables : faux papiers, fausse identité. Elle ne s’appelait pas Mona… mais quoi ? Pas de personne disparue correspondant à la description. Interpol contacté : rien chez eux non plus.
Graron déclare ne la connaître que depuis deux mois, l’avoir payé généreusement comme modèle.
Il fanfaronne sur le fait de l’avoir rendue immortelle : la statue, elle, restera. Il jure vouloir la garder : il n’oserait pas ‘la vendre après ça’ (sic !).
Immortelle mais parfaitement morte.
Affaire à classer sans suite faute de preuves.
BF
mercredi 14 octobre 2009
Crime parfait - par Magali Bouclier (Exercice n°4)
République Française
Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure Et des Libertés Sociales
Direction Générale de la Police Nationale
Procès Verbal établi le 07 04 2009
Par l’agent de la Paix numéro 200045891 B C 32-4 : Jean Claude Duchêne
Objet : homicide sur la personne de Mme d’Estivelle Marie Ange
Reçu ce jour dans notre commissariat pour interrogatoires contradictoires les sous-nommés :
Mr d’Estivelle Marc
Mr d’Estivelle Richard
Mme d’Estivelle Véronique
(état-civil, adresses en annexe A1)
Extrait de l’interrogatoire Témoin n°1 : D’Estivelle Marc
Age : 40 ans
Professions : médecin
Le témoin déclare avoir retrouvé sa mère étendue inanimée dans la cuisine de la résidence familiale des marques de strangulation autour du cou. Il a tenté de porter les premiers secours à la victime mais ses efforts sont restes vains.
A téléphoné aux services de police immédiatement, est parti à la recherche de Mme d’Estivelle Véronique qu’il a retrouvé prostrée dans la chambre d’amis.
L’a interrogé sur d’éventuels cambrioleurs qui se seraient introduit dans la maison, n’a obtenu que des paroles incohérentes de la part de sa femme.
Elle m’a dit : « j’ai eu sa peau la salope »
Question : votre femme avait elle des problèmes psychologiques ?
Réponse : nous sommes mariés depuis très peu de temps mais je connais ma femme depuis plus d’un an. Elle est d’un caractère sensible et timide, je l’ai rencontré chez des amis communs, elle vient d’un milieu social nettement inférieur au mien et j’avais l’espoir qu’elle trouve une nouvelle famille au sein de la mienne. Il est vrai que ma mère fait heu faisait partie de cette haute bourgeoisie intransigeante sur les origines sociales et très à cheval sur les principes d’éducation. Elles n’ont guère eu le temps de s’apprivoiser l’une l’autre. J’ai senti une réticence de part et d’autre dès la première rencontre mais je pensais que le temps allait faire son œuvre et qu’elles trouveraient toutes les deux des terrains d’entente : ma femme rêvait d’avoir des enfants, ma mère est heu était elle-même mère de quatre enfants… Vous voyez quoi : une complicité maternelle…
Extrait de l’interrogatoire Témoin n°2 : D’Estivelle Richard
Age : 75 ans
Profession : Médecin retraité
Le témoin déclare que quand les faits se sont produits il se trouvait dans le jardin, à l’opposé de la cuisine et qu’il n’a rien remarqué d’anormal. C‘est son fils qui est venu le prévenir de ce qui venait de se passer.
Question : que pensez-vous de votre belle fille ?
Réponse : mon fils nous a présenté sa femme il y a quelques semaines à peine. Autant vous dire qu’aussi bien ma femme que moi n’étions pas d’accord sur cette union. Mais mon fils n’a voulu écouter aucun de nos avis et ce mariage a eu lieu. Ma femme a essayé de faire bonne figure, elle les a reçus avec beaucoup de bienveillance, et à tenter de superviser du mieux qu’elle a pu le jeune ménage. Conseils, idées, elle a souvent durant ces quelques semaines montré la voie à cette jeune femme, nous avons un réseau de connaissances dont elle aurait pu profiter pour essayer de se faire une petite place dans la région. Non elle n’était pas d’ici, une femme du Nord oui , qui ne travaillait pas de surcroit. Pas très brillante, un peu effacée, je ne sais vraiment pas ce que mon fils pouvait lui trouver comme qualités .Ma femme avait quand à elle un certain tempérament, un rien obsessionnelle de l’organisation oui, une vraie femme de médecin elle, ayant élevé quatre enfants oui. Mon ainé est architecte, sa sœur est avocate, mon troisième fils a embrassé la carrière militaire et le dernier est médecin oui comme son père. Nous avons de nombreux petits enfants et un véritable esprit de famille.
J’avoue que je ne comprends pas ce qui a pu déclencher une telle folie.
Extrait de l’interrogatoire Prévenue : Mme D’Estivelle Véronique
Age : 28 ans
Profession : sans
La prévenue déclare avoir étranglé sa belle mère avec un torchon de cuisine.
Question : pourquoi avoir fait cela ?
Réponse : j’ai perdu la tête…
Question : vous n’aviez pas de bons rapports avec votre belle mère ?
Réponse : mon mari est un homme parfait, cultivé, gentil, sérieux, dont l’ordre et l’organisation me rassuraient. Il aime beaucoup ses parents. J’étais très inquiète de les rencontrer et de leur plaire. Je pensais entrer dans une famille qui m’accepterait et m’aiderait à trouver mon chemin. Mais ma belle mère a voulu dès le départ tout décider, tout régenter elle n’a cessé de m’humilier et de me faire sentir nos différences.
Ce matin là elle m’a offert un paquet ravissant avec les mots suivants : « pour les rameaux, toujours quelque chose de nouveau » et quand j’ai ouvert la boite j’ai trouve ce torchon de cuisine. Devant ma surprise elle m’a prise par la main et fait admirer avec quel soin elle avait elle-même brodé les motifs d’un calendrier.
Elle m’a dit : « voilà ma petite, en rouge les dimanches comme vous pouvez le voir, afin que vous n’oubliez pas les déjeuners familiaux que nous donnons toutes les semaines Richard et moi. En bleu les vacances il va de soi que vous les passerez à nos côtés : l’hiver aux Maldives, Février à Gstaad, l’été à Cap d’Ail. En vert les dates anniversaires des membres de la famille, vous le savez nous sommes nombreux : enfants, conjoints, petits enfants.il ne saurait être question de manquer à la tradition. En jaune la semaine de bénévolat que nous effectuons toujours à Lourdes. En violet les jeudi où vous aurez la permission de recevoir vos relations dans le grand salon oui oui le violet et bien vous voyez vous comprenez vite quand vous le voulez finalement vous avez l’air plus gourde que vous ne l’êtes ma chère. Oui j’ai laissé en blanc quelques espaces pour lesquels vous pourrez broder vous-même une occupation qui vous plaît. Le cinéma ha quelle horreur, quel passe temps commun et ordinaire… et là Monsieur l’agent je ne sais pas ce qui m’a pris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, j’ai attrapé le torchon et j’ai serré serré serré…
Pendant l’interrogatoire de la prévenue, l’agent de la paix Jean Claude Duchêne relève plusieurs fois la tête, dans son angle de vue l’unique fenêtre de son bureau. Elle donne sur le bistro de la place centrale. A l’intérieur, attablés autour d’un café, les docteurs D’Estivelle père et fils se congratulent :
« Tu vois mon fils toujours miser sur les femmes, ces êtres fragiles et manipulables : une enfance malheureuse, une personnalité fragile, une pincée de syndrome pré menstruel, un soupçon d’agressivité hyperthyroïdienne… en fait je n’aurai pas choisi mieux que cette petite Véro pour nous libérer de cette virago acariâtre qui nous a pourri la vie bien trop longtemps »
Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Intérieure Et des Libertés Sociales
Direction Générale de la Police Nationale
Procès Verbal établi le 07 04 2009
Par l’agent de la Paix numéro 200045891 B C 32-4 : Jean Claude Duchêne
Objet : homicide sur la personne de Mme d’Estivelle Marie Ange
Reçu ce jour dans notre commissariat pour interrogatoires contradictoires les sous-nommés :
Mr d’Estivelle Marc
Mr d’Estivelle Richard
Mme d’Estivelle Véronique
(état-civil, adresses en annexe A1)
Extrait de l’interrogatoire Témoin n°1 : D’Estivelle Marc
Age : 40 ans
Professions : médecin
Le témoin déclare avoir retrouvé sa mère étendue inanimée dans la cuisine de la résidence familiale des marques de strangulation autour du cou. Il a tenté de porter les premiers secours à la victime mais ses efforts sont restes vains.
A téléphoné aux services de police immédiatement, est parti à la recherche de Mme d’Estivelle Véronique qu’il a retrouvé prostrée dans la chambre d’amis.
L’a interrogé sur d’éventuels cambrioleurs qui se seraient introduit dans la maison, n’a obtenu que des paroles incohérentes de la part de sa femme.
Elle m’a dit : « j’ai eu sa peau la salope »
Question : votre femme avait elle des problèmes psychologiques ?
Réponse : nous sommes mariés depuis très peu de temps mais je connais ma femme depuis plus d’un an. Elle est d’un caractère sensible et timide, je l’ai rencontré chez des amis communs, elle vient d’un milieu social nettement inférieur au mien et j’avais l’espoir qu’elle trouve une nouvelle famille au sein de la mienne. Il est vrai que ma mère fait heu faisait partie de cette haute bourgeoisie intransigeante sur les origines sociales et très à cheval sur les principes d’éducation. Elles n’ont guère eu le temps de s’apprivoiser l’une l’autre. J’ai senti une réticence de part et d’autre dès la première rencontre mais je pensais que le temps allait faire son œuvre et qu’elles trouveraient toutes les deux des terrains d’entente : ma femme rêvait d’avoir des enfants, ma mère est heu était elle-même mère de quatre enfants… Vous voyez quoi : une complicité maternelle…
Extrait de l’interrogatoire Témoin n°2 : D’Estivelle Richard
Age : 75 ans
Profession : Médecin retraité
Le témoin déclare que quand les faits se sont produits il se trouvait dans le jardin, à l’opposé de la cuisine et qu’il n’a rien remarqué d’anormal. C‘est son fils qui est venu le prévenir de ce qui venait de se passer.
Question : que pensez-vous de votre belle fille ?
Réponse : mon fils nous a présenté sa femme il y a quelques semaines à peine. Autant vous dire qu’aussi bien ma femme que moi n’étions pas d’accord sur cette union. Mais mon fils n’a voulu écouter aucun de nos avis et ce mariage a eu lieu. Ma femme a essayé de faire bonne figure, elle les a reçus avec beaucoup de bienveillance, et à tenter de superviser du mieux qu’elle a pu le jeune ménage. Conseils, idées, elle a souvent durant ces quelques semaines montré la voie à cette jeune femme, nous avons un réseau de connaissances dont elle aurait pu profiter pour essayer de se faire une petite place dans la région. Non elle n’était pas d’ici, une femme du Nord oui , qui ne travaillait pas de surcroit. Pas très brillante, un peu effacée, je ne sais vraiment pas ce que mon fils pouvait lui trouver comme qualités .Ma femme avait quand à elle un certain tempérament, un rien obsessionnelle de l’organisation oui, une vraie femme de médecin elle, ayant élevé quatre enfants oui. Mon ainé est architecte, sa sœur est avocate, mon troisième fils a embrassé la carrière militaire et le dernier est médecin oui comme son père. Nous avons de nombreux petits enfants et un véritable esprit de famille.
J’avoue que je ne comprends pas ce qui a pu déclencher une telle folie.
Extrait de l’interrogatoire Prévenue : Mme D’Estivelle Véronique
Age : 28 ans
Profession : sans
La prévenue déclare avoir étranglé sa belle mère avec un torchon de cuisine.
Question : pourquoi avoir fait cela ?
Réponse : j’ai perdu la tête…
Question : vous n’aviez pas de bons rapports avec votre belle mère ?
Réponse : mon mari est un homme parfait, cultivé, gentil, sérieux, dont l’ordre et l’organisation me rassuraient. Il aime beaucoup ses parents. J’étais très inquiète de les rencontrer et de leur plaire. Je pensais entrer dans une famille qui m’accepterait et m’aiderait à trouver mon chemin. Mais ma belle mère a voulu dès le départ tout décider, tout régenter elle n’a cessé de m’humilier et de me faire sentir nos différences.
Ce matin là elle m’a offert un paquet ravissant avec les mots suivants : « pour les rameaux, toujours quelque chose de nouveau » et quand j’ai ouvert la boite j’ai trouve ce torchon de cuisine. Devant ma surprise elle m’a prise par la main et fait admirer avec quel soin elle avait elle-même brodé les motifs d’un calendrier.
Elle m’a dit : « voilà ma petite, en rouge les dimanches comme vous pouvez le voir, afin que vous n’oubliez pas les déjeuners familiaux que nous donnons toutes les semaines Richard et moi. En bleu les vacances il va de soi que vous les passerez à nos côtés : l’hiver aux Maldives, Février à Gstaad, l’été à Cap d’Ail. En vert les dates anniversaires des membres de la famille, vous le savez nous sommes nombreux : enfants, conjoints, petits enfants.il ne saurait être question de manquer à la tradition. En jaune la semaine de bénévolat que nous effectuons toujours à Lourdes. En violet les jeudi où vous aurez la permission de recevoir vos relations dans le grand salon oui oui le violet et bien vous voyez vous comprenez vite quand vous le voulez finalement vous avez l’air plus gourde que vous ne l’êtes ma chère. Oui j’ai laissé en blanc quelques espaces pour lesquels vous pourrez broder vous-même une occupation qui vous plaît. Le cinéma ha quelle horreur, quel passe temps commun et ordinaire… et là Monsieur l’agent je ne sais pas ce qui m’a pris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, j’ai attrapé le torchon et j’ai serré serré serré…
Pendant l’interrogatoire de la prévenue, l’agent de la paix Jean Claude Duchêne relève plusieurs fois la tête, dans son angle de vue l’unique fenêtre de son bureau. Elle donne sur le bistro de la place centrale. A l’intérieur, attablés autour d’un café, les docteurs D’Estivelle père et fils se congratulent :
« Tu vois mon fils toujours miser sur les femmes, ces êtres fragiles et manipulables : une enfance malheureuse, une personnalité fragile, une pincée de syndrome pré menstruel, un soupçon d’agressivité hyperthyroïdienne… en fait je n’aurai pas choisi mieux que cette petite Véro pour nous libérer de cette virago acariâtre qui nous a pourri la vie bien trop longtemps »
mardi 13 octobre 2009
Crime parfait - par Zelapin (Exercice N°4)
Je soussigné Albert LETERRIER, officier de police judiciaire, déclare recueillir ce jour le 22022002, à Longuefeuilles (France) la déposition-générique de toutes les jeunes épouses-génériques (et assimilés), plainte valant pour toute forme de relation intime entre adultes consentants, de même sexe ou non, l'un des deux étant le représentant de la jeune épouse.
La jeune épouse générique, parfois à l'unisson du jeune époux générique (et assimilé, si même sexe, l'un des deux le représentant) déclare être la victime de la belle-mère générique, chaque fois que la relation du jeune époux générique à sa mère vient s'immiscer insidieusement et intensément dans ce qu'ils vivent ensemble, causant des dégâts allant de la simple gêne à la rupture définitive.
La déposante allègue la possibilité d'une telle intrusion à une fréquence quotidienne pouvant aller jusqu'à une notion de permanence pour les victimes les plus exposées.
La déposante souhaite voir mentionnée la difficulté de qualification du crime suivant le niveau de conscience de cette intrusion chez les parties en présence; il lui apparaît ainsi difficile d'évaluer le degré de responsabilité des acteurs de la relation ( la déposante va jusqu'à mettre en balance la notion d'intention, indispensable selon elle pour qualifier le crime). Elle nous signale qu'il est complexe dans la plupart des cas de déterminer si les victimes sont uniquement les jeunes épouses, les jeunes époux et/ou les belle-mères et assimilés, mais ne souhaite pas pas se faire le porte-parole de ces dernières (je cite « faut quand même pas déconner, on doit bien en trouver une poignée pour les défendre, mais moi, je suis la générique, pas le cas particulier. »).
Décidément intéressée par le droit, la jeune épouse générique (et assimilés) estime irrecevable la défense de la belle-mère générique qui consiste à culpabiliser les époux (et assimilés) sous prétexte qu'elle aurait fait le cadeau de la vie au jeune époux (je cite encore: « Cadeau? Tu parles, qui peut savoir qui est le cadeau, l'enfant, le parent, la vie? Et cadeau pour qui? Elle le sait, elle, si c'est un cadeau la vie, et si son fils c'est un cadeau? »). Il est même envisagé de réfuter l'argument comme circonstance atténuante, si l'affaire devait être portée au tribunal.
En guise de conclusion de cette déposition , la jeune épouse générique (et assimilés) tient à ce qu'il soit mentionné le fait que « si elle ose franchir le pas en poussant la porte de ce commissariat et en s'asseyant face à moi » (citation), LETERRIER Albert opj de son état, c'est pour qu'enfin peut-être, le crime parfait (« puisque quasi-constant et négligé voire ignoré, parfois volontairement » citation, encore) de toutes les belles-mères génériques soit connu de tous, et pour qu'enfin chacun puisse prendre ses responsabilités et fasse du mieux possible pour réduire au minimum le préjudice subi par la relation intime entre adultes consentants.
Fait à Longuefeuilles, le 22022002.
La jeune épouse générique, parfois à l'unisson du jeune époux générique (et assimilé, si même sexe, l'un des deux le représentant) déclare être la victime de la belle-mère générique, chaque fois que la relation du jeune époux générique à sa mère vient s'immiscer insidieusement et intensément dans ce qu'ils vivent ensemble, causant des dégâts allant de la simple gêne à la rupture définitive.
La déposante allègue la possibilité d'une telle intrusion à une fréquence quotidienne pouvant aller jusqu'à une notion de permanence pour les victimes les plus exposées.
La déposante souhaite voir mentionnée la difficulté de qualification du crime suivant le niveau de conscience de cette intrusion chez les parties en présence; il lui apparaît ainsi difficile d'évaluer le degré de responsabilité des acteurs de la relation ( la déposante va jusqu'à mettre en balance la notion d'intention, indispensable selon elle pour qualifier le crime). Elle nous signale qu'il est complexe dans la plupart des cas de déterminer si les victimes sont uniquement les jeunes épouses, les jeunes époux et/ou les belle-mères et assimilés, mais ne souhaite pas pas se faire le porte-parole de ces dernières (je cite « faut quand même pas déconner, on doit bien en trouver une poignée pour les défendre, mais moi, je suis la générique, pas le cas particulier. »).
Décidément intéressée par le droit, la jeune épouse générique (et assimilés) estime irrecevable la défense de la belle-mère générique qui consiste à culpabiliser les époux (et assimilés) sous prétexte qu'elle aurait fait le cadeau de la vie au jeune époux (je cite encore: « Cadeau? Tu parles, qui peut savoir qui est le cadeau, l'enfant, le parent, la vie? Et cadeau pour qui? Elle le sait, elle, si c'est un cadeau la vie, et si son fils c'est un cadeau? »). Il est même envisagé de réfuter l'argument comme circonstance atténuante, si l'affaire devait être portée au tribunal.
En guise de conclusion de cette déposition , la jeune épouse générique (et assimilés) tient à ce qu'il soit mentionné le fait que « si elle ose franchir le pas en poussant la porte de ce commissariat et en s'asseyant face à moi » (citation), LETERRIER Albert opj de son état, c'est pour qu'enfin peut-être, le crime parfait (« puisque quasi-constant et négligé voire ignoré, parfois volontairement » citation, encore) de toutes les belles-mères génériques soit connu de tous, et pour qu'enfin chacun puisse prendre ses responsabilités et fasse du mieux possible pour réduire au minimum le préjudice subi par la relation intime entre adultes consentants.
Fait à Longuefeuilles, le 22022002.
lundi 12 octobre 2009
Hubert VS Hubert - par Martine Bourguignon (Crime parfait)
OBJET : AFFAIRE HUBERT ET HUBERT
RAPPORT des OPJ MANKELL Sophie et LEPAGE Francis.
Le lundi 14 septembre 2009 à 22h30, nous sommes requis téléphoniquement par un individu désirant garder l’anonymat. Lors d’une visite à un ami il a été le témoin auditif d‘une violente dispute entre les deux occupantes de l’appartement voisin, le 221 b de la Résidence des Mésanges, 15 rue du Grand Marché. Selon cet ami les relations entre Madame Veuve Clémence Hubert et sa belle-fille Agathe se seraient sérieusement dégradées depuis le décès de Charles Henri Hubert le 4 février 2009.
Nous décidons de vérifier derechef les dires de l’individu. Nous arrivons sur site à 22h46. L’endroit est calme. Nous sonnons au 221b. La susnommée Agathe Hubert s’étonne de notre prompte arrivée, ayant appelé le central seulement quelques minutes auparavant pour signaler le décès soudain de sa belle mère pendant la diffusion de Derrick. Force est de constater que Clémence Hubert git sans vie sur un large canapé de cuir de couleur ivoire.
La bru, désorientée, se brûle avec la verveine qu’elle boit machinalement. Elle répond nonobstant d’assez bonne grâce à nos questions. Sans nier l’existence des querelles elle nous livre sa version des faits. Sa belle-mère n’a jamais digéré le mariage de son fils, propriétaire de la plus grosse officine de la ville, avec une préparatrice en pharmacie de douze ans sa cadette. Clémence Hubert lui a rendu la vie impossible, jusqu’à la harceler avec toutes les séries de TF1 qu’elle regardait à haute dose depuis la dégradation de son état de santé.
La belle fille ajoute qu’elle lui a pourtant offert un lecteur/graveur dernier cri ainsi que de nombreux DVD pour tenter de la distraire. La fragilité cardiaque de madame Hubert est confirmée par un simple appel à son médecin traitant à 23h. Nous concluons que la cause du décès est accidentelle.
À 23h02 Sandrine Hubert perd connaissance. Nous pratiquons les gestes d’urgence, les secours arrivent à 23h10. Toutes les tentatives de réanimation restent vaines. Le décès est prononcé à 23h58.
Le 20 septembre nous recevons le rapport d’autopsie du docteur Scarpa. La mort a été causée par l’absorption d’un puissant narcotique dissous dans une grande quantité de liquide. Nous reprenons l’enquête de voisinage qui ne révèle aucun élément significatif hormis l’animosité croissante entre les deux femmes. La mort d’Agathe Hubert aurait permis à sa belle-mère de récupérer tous les biens de son défunt mari. Le mobile du crime semble évident.
Notre conscience professionnelle nous interdit cependant d’écarter tout de go la thèse du suicide. Le 22 septembre nous décidons de procéder à une ultime vérification dans l’appartement des défuntes. Après trois heures de fouilles minutieuses nous trouvons un DVD suspect sous le canapé. Nous l’introduisons dans le lecteur. Trois minutes et trente deux secondes après le début d’un épisode de Derrick apparait le visage blafard de Charles Henri Hubert. D’une voix caverneuse, il s’adresse à sa femme : ‘Clémence, c’est moi, Charles Henri, regarde-moi, Clémence, écoute-moi, je vais bientôt venir te chercher…..’
Nous n’avons pu établir pourquoi les meurtrières ont choisi le même soir pour accomplir leur forfait. Chacune des coupables étant également victime dans ce double meurtre avec préméditation, nous déclarons l’affaire classée.
RAPPORT des OPJ MANKELL Sophie et LEPAGE Francis.
Le lundi 14 septembre 2009 à 22h30, nous sommes requis téléphoniquement par un individu désirant garder l’anonymat. Lors d’une visite à un ami il a été le témoin auditif d‘une violente dispute entre les deux occupantes de l’appartement voisin, le 221 b de la Résidence des Mésanges, 15 rue du Grand Marché. Selon cet ami les relations entre Madame Veuve Clémence Hubert et sa belle-fille Agathe se seraient sérieusement dégradées depuis le décès de Charles Henri Hubert le 4 février 2009.
Nous décidons de vérifier derechef les dires de l’individu. Nous arrivons sur site à 22h46. L’endroit est calme. Nous sonnons au 221b. La susnommée Agathe Hubert s’étonne de notre prompte arrivée, ayant appelé le central seulement quelques minutes auparavant pour signaler le décès soudain de sa belle mère pendant la diffusion de Derrick. Force est de constater que Clémence Hubert git sans vie sur un large canapé de cuir de couleur ivoire.
La bru, désorientée, se brûle avec la verveine qu’elle boit machinalement. Elle répond nonobstant d’assez bonne grâce à nos questions. Sans nier l’existence des querelles elle nous livre sa version des faits. Sa belle-mère n’a jamais digéré le mariage de son fils, propriétaire de la plus grosse officine de la ville, avec une préparatrice en pharmacie de douze ans sa cadette. Clémence Hubert lui a rendu la vie impossible, jusqu’à la harceler avec toutes les séries de TF1 qu’elle regardait à haute dose depuis la dégradation de son état de santé.
La belle fille ajoute qu’elle lui a pourtant offert un lecteur/graveur dernier cri ainsi que de nombreux DVD pour tenter de la distraire. La fragilité cardiaque de madame Hubert est confirmée par un simple appel à son médecin traitant à 23h. Nous concluons que la cause du décès est accidentelle.
À 23h02 Sandrine Hubert perd connaissance. Nous pratiquons les gestes d’urgence, les secours arrivent à 23h10. Toutes les tentatives de réanimation restent vaines. Le décès est prononcé à 23h58.
Le 20 septembre nous recevons le rapport d’autopsie du docteur Scarpa. La mort a été causée par l’absorption d’un puissant narcotique dissous dans une grande quantité de liquide. Nous reprenons l’enquête de voisinage qui ne révèle aucun élément significatif hormis l’animosité croissante entre les deux femmes. La mort d’Agathe Hubert aurait permis à sa belle-mère de récupérer tous les biens de son défunt mari. Le mobile du crime semble évident.
Notre conscience professionnelle nous interdit cependant d’écarter tout de go la thèse du suicide. Le 22 septembre nous décidons de procéder à une ultime vérification dans l’appartement des défuntes. Après trois heures de fouilles minutieuses nous trouvons un DVD suspect sous le canapé. Nous l’introduisons dans le lecteur. Trois minutes et trente deux secondes après le début d’un épisode de Derrick apparait le visage blafard de Charles Henri Hubert. D’une voix caverneuse, il s’adresse à sa femme : ‘Clémence, c’est moi, Charles Henri, regarde-moi, Clémence, écoute-moi, je vais bientôt venir te chercher…..’
Nous n’avons pu établir pourquoi les meurtrières ont choisi le même soir pour accomplir leur forfait. Chacune des coupables étant également victime dans ce double meurtre avec préméditation, nous déclarons l’affaire classée.
dimanche 11 octobre 2009
Corinne Bessière, par Salomé Viviana (Crime parfait)
Rapport de synthèse sur le décès de Corinne Bessière
Décès survenu à son domicile 15 rue des Trappeurs 72320 Villar Lès Tourmens, le 2 octobre 2009.
Identité de la victime : Corinne Bessière, née Lemonier, le 23 octobre 1981 à Nantes, nationalité française, mariée le 28 mai 2009 à Charles Bessière.
Corinne Bessière a été retrouvée par son mari, pendue dans son garage. Le médecin légiste (rapport pj1) conclut qu'elle s'est donné la mort aux alentours de 10h30. Il n'a rien relevé de particulier sur les circonstances du décès (prise de drogue ou de médicaments, blessures...)
Il a par contre noté que la jeune épouse, qui a tous les attributs de la féminité (elle est enregistrée à l'état civil depuis sa naissance comme étant de sexe féminin), était également dotée d'un pénis de taille non négligeable. Elle avait d'ailleurs une boîte de Viagra dans la poche de son pantalon.
Circonstances et causes du décès :
1 - Charles Bessière (PV d'audition pj 2 et 3)est très affecté par la mort de son épouse. Selon lui, le décès peut être en rapport avec ses particularités anatomiques, Corinne Bessière ayant beaucoup de mal à vivre son hermaphrodisme. Elle n'a pourtant jamais voulu se faire opérer, estimant que l'intervention n'est pas sans risques. Corinne Bessière suivait une psychothérapie. Le mari a déclaré qu'il l'avait toujours acceptée comme elle était et que ça ne posait pas de problème particulier entre eux. Ils menaient une vie de couple normale.
Les relations étaient plus tendues entre la victime et sa belle-mère qui habite à moins de 20km (Tourmens) et que le couple voyait régulièrement, au moins au début. Charles Bessière est fils unique et sa mère est possessive. Elle leur a fait savoir qu'elle tenait à être grand mère rapidement, ce qui était impossible, Corinne Bessière étant stérile. Pour éviter de mettre son épouse mal à l'aise, Charles a pendant longtemps raconté à sa mère qu'ils ne voulaient pas d'enfants. Mais devant l'insistance et le harcèlement de celle-ci, il a fini par lui dire la vérité, en lui faisant promettre de garder le secret, espérant qu'elle cesserait d'aborder le sujet. La mère de Charles a été choquée que son fils ait épousée un monstre et a exigé qu'il l'a quitte immédiatement, ce qu'il n'a pas fait. Par contre, depuis cette conversation qui a eu lieu vers la mi septembre, Charles Bessière a trouvé des prétextes pour que le couple ne rencontre plus sa mère.
Interrogé au sujet de la présence de Viagra dans la poche de la victime, Charles Bessière a eu l'air surpris et ne se l'explique pas. Selon lui, la prise de Viagra ne fait pas partie de leurs pratiques, sauf si son épouse ne lui a pas tout dit.
2 - Marie Bessière, la mère de Charles (PV d'audition pj 4): elle est veuve depuis 8 ans, son mari étant décédé dans un accident de voiture. Elle a dit ne pas avoir beaucoup de sympathie pour sa belle-fille, qu'elle trouvait bizarre. Par exemple, Corinne refusait de se mettre en maillot de bain à la plage, elle ne voulait pas d'enfant, bref, elle avait un comportement qui ne cadrait pas avec celui qu'on attend habituellement d'une jeune épouse.
Elle a indiqué que Charles l'avait informée des particularités anatomiques de sa belle fille ; elle est encore choquée aujourd'hui que de telles monstruosités existent. Elle trouve quand même dommage qu'elle se soit suicidée, mais c'est peut être mieux comme ça pour Charles.
Quant au Viagra, elle a commencé par dire qu'elle ne voyait pas de quoi il s'agissait mais elle est devenue rouge et ses explications étaient très embrouillées. En insistant un peu, elle a avoué en avoir envoyé par la Poste à sa belle fille, sans mot d'accompagnement. Elle a dit que c'était un cadeau, car le Viagra coûte très cher. Corinne Bessière a dû comprendre d'où venait le Viagra grâce au cachet de la Poste.
3- Les personnes de l'entourage de Marie Bessière (PV d'audition pj 5 à 9) ont dit qu'elles étaient au courant pour sa belle fille, qu'elle se chargeait de lui faire une réputation parce qu'elle voulait que son fils la quitte.
En envoyant du Viagra à sa belle fille, Marie Bessière lui a fait clairement comprendre qu'elle connaissait ses particularités anatomiques et que son fils l'avait donc trahie. Il est possible que Corinne Bessière ait en outre craint la publicité que sa belle mère pourrait lui faire, compte tenu de son caractère. Cet envoi a probablement contribué au suicide d'une personne déjà fragile psychologiquement.
Fait à Tourmens, le 10 octobre 2009
L'inspecteur de police
André Magloire
Inscription à :
Articles (Atom)