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samedi 18 décembre 2010

La vie en Brève, 10 - par Fulbine (exercice N°16)


C’est à vif, que j’annonce la mort de ma dernière peau.

J’avais compris les prémisses de cette phase ultime en apercevant le suivant déjà prêt derrière moi dans le miroir. Il avait probablement eu un traitement de faveur du conseil, pour me pousser aussi vite vers le vide. Au départ une fumée légère, puis une silhouette blanche, de plus en plus dense. Jusqu’aux yeux avides dans ma nuque hérissée.
Ma dernière peau est morte presqu’assassinée.

Enfant, la perte de ma première peau ne m’a pas affecté naïf que j’étais. Jeune adulte engagé dans les troupes de sécurité, je pratiquais la flagellation des populations de dermocriminels. La perte de ma peau, patriote m’a même rempli de fierté, pour le suivant qui l’endosserait.

Ma dernière peau n’avait pas eu beaucoup d’antérieurs, je fus le premier à la marquer.
Elle portait en elle la lumière pâle des lunes rencontrées, était marquée des ondes lunaires qui bleutaient ses pigments. Elle en avait acquis une certaine grâce, qu’apprécierait sûrement le suivant qui attendait.
Elle était imprégnée de l’empreinte trouble des animas de la planète Terre que j’avais eu la chance d’aborder dans ma millième année. Ceux qui avaient besoin de copulation pour se régénérer. Un ballet de mélange de peaux, étrange et odorant. Ma dernière peau en portait l’expérience.

Ma dernière peau était empreinte des atmosphères d’Andromède et du Centaure. Autant d’années lumières subies dans ma carrière de Naute, qui l’ont liée intimement à mon esprit de chair. Combien de grammes partiront avec elle ? Combien de mon âme vais-je perdre ?
Ma dernière peau, était aussi ma dernière vie.

mardi 14 décembre 2010

La vie en brève, 9 - par Lyjazz (Exercice d'écriture n°16)

C’est ce matin vendredi 3 décembre 2010 que notre population, suivant en cela le cycle normal des naissances et des morts, s’est délestée de Mr Ignace, Adolphe FRANCISCO. Entré dans l’organisation en tant qu’aspirant à la copulation, pardon : étalon de 1ère classe, en 1969, il a suivi les grades habituels de masturbateur de 1er dan jusqu’au 32ème dan, celui de la sagesse. Il allait ensuite obtenir sans haute lutte, puisque sa carrière se déroulait selon ses vœux (et selon nos vieux) le titre de grand maître viagra de la copulation, en 1999. Nous nous souviendrons toujours avec dégoût de ses blagues cochonnes et de sa propension à mettre la main au panier. Il était entré en mode « hors copulation » autrement dit en retraite, en 2009. Au soulagement de ses pairs. Que sa famille soit assurée de notre entière flagellation en son honneur. Une cérémonie aura lieu en sa mémoire le 6 décembre à 17h, entre chien et loup. Ni fleur ni couronnes, mais 11000 verges et cilices. Lyjazz

mercredi 8 décembre 2010

La vie en brève, 7 et 8 par Salomé Viviana et Thierry V.


République Démocratique de France

Avis à la population

Après des années de lutte acharnée et grâce à l’appui de chacun de vous, nos Forces Intérieures Vertueuses viennent de remporter une victoire décisive :  

le Désir, ce fléau de l’humanité, est mort ce soir.

L’Homme nouveau, libéré de ses pulsions, est avenu.
La copulation, vestige des temps primitifs, est désormais interdite.
Une peine de flagellation, prévue par la loi, punira tout contrevenant.
La République Démocratique de France peut à présent rejoindre la puissante Confédération des Univers Libres.

Fait à Paris, le 4 mai 2031
Le porte parole du gouvernement

James Haibander
 (pcc : Salomé Viviana)


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Francisco Poncherello.

A l’occasion d’une interview, Francisco Poncherello répondit à la question « Comment souhaiteriez-vous finir ? » par un laconique « En catalogue d’exposition ».
Du passé de l’artiste, nous ne connaissons que peu de choses : une enfance ennuyeuse à Bâle, encerclé par un père terrassier et une mère maniaco-dépressive, avant sa fuite à 17 ans pour New-York, où il aurait travaillé comme jongleur de rue ou cuisinier dans un restaurant portoricain. Il rejoint en 1992 la School of Visual Arts, où sa première exposition est remarquée. Pour Copulation, l’artiste prit en photo des dizaines de traders adeptes du sadomasochisme, les faisant poser devant leurs écrans de travail, bâillon boule en bouche.
De retour en Europe en 2002, Poncherello enchaîne les expositions controversées dans de nombreux pays, dont celle de 2012 en France : Population 0. Il transforme pour l’occasion le dernier étage du Centre Pompidou en paysage post-apocalyptique, où des comédiens, grimés en Michel Drucker et Mireille Mathieu, grognaient et erraient parmi les nombreuses pièces de l’artiste, uniquement constituées de détritus peints aux couleurs du drapeau français.
Si l’artiste nous a quittés le 23 juin dernier après 55 ans d’une existence agitée, ce n’est qu’à l’occasion de son exposition posthume que nous apprenons officiellement sa mort. Ses avocats ont bloqué toutes les tentatives d’annonces, afin que les assistants de Poncherello accomplissent ses dernières volontés. Le 31 octobre commence son ultime exposition au Palais de Tokyo : Toutes mes tripes. Selon les consignes très précises de l’artiste, son corps démembré et recomposé en diverses œuvres est exposé. Par exemple dans Flagellation : son cœur tranché est mis dans un cube en plexiglas, baigné de paillettes rouges, alors qu’à ses côtés, un chanteur folk enchaîne des reprises acoustiques de Cat Stevens. Le reste de Poncherello est tout aussi judicieusement disséminé dans l’exposition. Notons que la dernière salle propose une série d’œuvres « à emporter », sobrement intitulées Kebab. Les restes de l’artiste sont présentés dans plusieurs pains pita du plus bel effet, sobrement entourés de quelques frites convaincantes. Nous tenons à préciser aux collectionneurs que les frites, faites dans une résine synthétique, ne sont pas comestibles.

Thierry V.


samedi 4 décembre 2010

La vie en brève, 5 et 6 par BF et Zelapin (Ex. n°16)

Les propositions de rubriques nécrologiques tombent comme à Gravelotte. Alors je les publie deux par deux...
Merci à toutes et à tous
Mar(c)tin

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Veuves et orphelines ?

Marcel Mélot n’est plus hélas. Hélas, jamais plus ne le retrouverons
Nous ses femmes que, prodigue, il amenait, au temps de la copulation,
Aux plaisirs ineffables, infatigablement, sans dessein de population.
Nous ne le verrons plus, jamais plus, nous ses fans inconditionnelles,
Qu’il savait sans détour transporter aisément jusques au septième ciel.
Concoctons un hommage, mes sœurs, à l’homme qui nous rendait si belles
Que d’autres vibraient du pressant désir d’exercer leur concupiscence,
De jouir sans vergogne de nos libidos avivées par son exquise ferveur,
Tout impatients d’imposer maints caprices teintés d’obscène arrogance,
Infligeant flagellations et autres vils traitements ; mais leur ardeur,
Loin d’égaler celle de Marcel, abandonnait nos corps à leur frustration,
Attristés, amoindris par ces déplorables usages, en manque d’affection,
De cette affection que Marcel distribuait à toutes avec égale passion.
Nous sommes affligées, certes, … vivement que nous nous en remettions !      

BF

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Il s’en est allé…

Il s'en est allé, nous surprenant tous et le temps a manqué pour lui témoigner toute la rancune que chacun lui vouait.

    Il est parti et se sont éteints son rire chevalin, sa prononciation inimitable par laquelle des mots comme population, flagellation sonnaient comme copulation et fellation.
Éteint aussi l'éclat carmin de son visage en fin de repas, menton luisant de graisse,  postillons, caractéristiques qui réunies lui avaient valu le surnom de Spitfire le dragon du self.

    Absent à présent dans les couloirs ce parfum complexe, mêlant de façon inattendue les effluves sophistiquées de la haute parfumerie et celles plus triviales du vêtement de sport oublié dans le sac.

    Combien de mois avant que le personnel féminin cesse de trembler devant l'ascenseur, n'ayant plus à craindre de devoir « lui en claquer deux »?

    Tout à notre bonheur, saurons-nous garder en mémoire la cohésion qu'il a su créer contre lui?

    Ne l'oublions pas. C'est par nos moqueries qu'il restera présent.

Zelapin 

mercredi 1 décembre 2010

La vie en brève, 4 - par Serge (Ex. n°16)


"Pressé de sortir  et d’entrer dans la vie dés votre naissance prématurée, sans doute fils claustrophobe d’une maman pressée et d’un papaéjaculateur précoce, vous acceptâtes, par  devoir de clone,  la mission de réussir ce que vos anciens avait raté. Vous vous acquittâtes habilement d’une studieuse scolarité franchissant ce  passage étroit où se faufiler sans dommages et  de votre  adolescence perdure cette période d'invincibilité et d'immunité ornée d’une crinière léonine qui rendit jaloux les dégarnis et fit la fortune des capilliculteurs.

Révolutionnaire opportuniste tournant  à contresens pour revenir à votre point de départ après avoir dépavé les rues tel un  fou lucide intermittent qui  touche le fond de la vérité et remonte à la surface de l'erreur vous vint la raison et la réversibilité vestimentaire.

Adulte, à l’heure du  renoncement,  la rencontre avec une actrice filiforme, évidente comme l’intersection de deux improbabilités fut la plus douce des punitions.

Libertin des mots martyrisés pour enfanter des idées imaginaires, dans la zone de non compromis de l’art, nous avons admiré le triptyque de votre talent protéiforme d' écrivain persistant, de cinéaste soporifique  et de justicier philosophe au courage  inversement proportionnel à la proximité du danger.
À bout d'échec et à taux d'usure,  investissant notre  espace, notre temps,  votre talent et votre  énergie de la difficulté à  vous faire aimer jusqu’ à vous faire détester votre entêtement  fût  finalement récompensé par la valeur ajoutée à votre notoriété prégnante d’un attentat pâtissier commis par un envieux de votre emblématique chemise.

Par facilité et goût des impasses, toute votre volonté  tendue d'un priapisme verbal bandant l’arc d’un Ulysse de pacotille, cédant aux sirènes lors de vos copulations médiatiques vous nous infligeâtes la dictature de vos redondances  jusqu’à la douleur de la  flagellation.

Cependant nous vous resteront attachés par amour, ce sentiment définitif et irréversible devenu  tendresse comme une épouse, dame aux rêves volages et aux réveils fidèles  à un mari, ce monsieur qui dit “je t’aime” au début et “qu’est-ce qu’on mange” à la fin.

Grâce à votre descendance, véritable projection du Vous dans le futur, la saga continue.

Sans rancune aucune, au Bien Achevé B.H.L désormais horizontal sous l’ultime et définitive Arielle Tombale, la population reconnaissante. "

samedi 27 novembre 2010

La vie en brève, 2 - par Julie (Ex. n°16)



Zénobie Maindefer est morte ce matin à l'âge vénérable de 88 ans. 88, ça fait tout de même plus net que 87 ou 89. On reconnaît bien là son amour déraisonnable de l'ordre, aussi bien matériel que moral, qui l'avait bien jeune détournée d'éventuelles envies de copulation - dont on n'a jamais décelé aucune trace chez elle, même pendant les poussées hormonales de l'adolescence. A cet âge tendre, elle se vouait déjà à rendre l'intérieur familial impeccable, maniant le balai et la Bible avec une ardeur qui confinait à l'auto-flagellation. L'observateur attentif aurait pu remarquer avec une certaine gêne qu'elle en tirait quelque chose de l'ordre du plaisir, mais les voies des grenouilles de bénitier sont impénétrables, surtout quand elles sont comme Zénobie restées vieilles filles, et fières de n'avoir pas contribué à la croissance "infernale" de la population mondiale. Qu'elle retourne donc à la poussière... si toutefois il en reste.

Julie

jeudi 25 novembre 2010

Suicide du Salon du roman - Par Bruno De La Vega (Ex. n°16, 1)


SUICIDE DU SALON DU ROMAN

Le salon du roman est mort, samedi soir en région parisienne.
La rédaction du journal et l’auteur de ces lignes sont bien sûr effondrés et présentent leurs condoléances à la famille de la grande littérature.
Les circonstances qui entourent cette disparition sont tragiques, mais nous ne pouvons écrire ici que rien ne laissait prévoir cette fin. En effet, nous avions rencontré le salon du roman quelques jours avant son geste funeste. Il s’était confié à nous et son ton était quelque peu déprimé : « Vous savez, il en faut de l’énergie pour continuer à me tenir, comme cela, droit dans mes bottes, tous les ans. Alors que, je peux bien vous le dire, j’en ai plus qu’assez de cette population d’auteurs, qui ne pensent qu’à venir chez moi, pour se distraire, passer un week-end de loisirs, à picoler, à s’empiffrer aux frais de la princesse, à assouvir leur besoin de copulation, prétextant me présenter leur dernier ouvrage, la plupart du temps, un livre écrit à la va-vite, de mauvais genre, noir, humoristique ou pire des deux. Je sais bien que c’est de ma faute, que j’aurais du être plus vigilant et ne permettre que la venue de vrais Livres de Littérature, avec deux grand L » 
Nous ne pensions pas que cette auto flagellation était prémonitoire d’une disparition prématurée…mais chaque fois que nous lirons un livre de grande littérature, que les auteurs de mauvais genre osent parfois qualifier de poussiéreux, voire d’ennuyeux, nous aurons une pensée émue pour notre salon disparu.

Bruno De La Vega