vendredi 20 février 2026

"L'Amour à temps", dernier épisode : La Romance que j'ai toujours voulu écrire

 

  

(Illustration de la version audio publiée début mars par Ecoutez Lire)


J'écris des romans de genre(s). Une de mes amies, aujourd'hui disparue, aurait dit avec un sourire "Et même de mauvais genre(s)." 

Il faut dire que j'ai grandi dans la littérature populaire. 

Dans les mythologies grecques et romaines et les Mille et une nuits.   

Dans la Bibliothèque verte et le Livre de poche Policier (à l'époque où ils portaient sur leur tranche un cartouche distinctif qui était... un chat ! ) 

Dans Croc-Blanc de Jack London et Le dernier des Mohicans de Fenimore Cooper. 

Dans Jules Verne et Maurice Leblanc. Et, bien sûr, Conan Doyle et Agatha Christie et H. G. Wells. 

Alors qu'au lycée on ne jurait que par Balzac et Stendhal (qui m'endormaient profondément), je me régalais en lisant Les Trois Mousquetaires et La Légende des siècles. (Oui, Hugo était un auteur populaire, sinon il aurait pas eu deux millions de personnes à son enterrement...) 

Je lisais aussi des BD franco-belges et des comic books, j'allais voir des films de cape et d'épée et des westerns. 

Non seulement j'aimais les mauvais genres, mais aussi les mélanges de genres : les romans fantastiques de Conan Doyle, les histoires policières d'Asimov, les romances inter-espèces et intergalactiques de Philip José Farmer, les réécritures du Comte de Monte-Cristo d'Alfred Bester, les romances de SF de Robert A. Heinlein. 

Quand je me suis mis à écrire des histoires, j'ai commencé par des nouvelles policières et des nouvelles de SF. L'une de mes toutes premières histoires, encore déchiffrable dans un de mes cahiers d'adolescent, est une histoire de vengeance avec voyage dans le temps. Ca s'appelait "Paradoxe (Le Condamné)" J'ai écrit ça à 15 ans. 

Une autre est une histoire fantastique d'amour impossible qui finit par devenir possible. Bref, qui finit bien. J'ai écrit ça à 17 ans. Ca s'appelait "La Sylphide dans la colonne" 

Mon coeur de lecteur a toujours balancé entre l'aventure, le mystère, le fantastique et l'histoire d'amour.

Et le cinéma, la radio, les chansons.  

J'aime les histoires d'amour. Il y en a d'ailleurs dans tous mes romans, sans exception. 

Plus tard,  au début de mon âge adulte, beaucoup d'autrices m'ont aidé à mûrir : Beauvoir, Woolf, Lessing, Sontag, Thérame, Millett, Steinem.  

Ce sont ces lectures - et ma rencontre avec la vie des femmes à travers mon métier de médecin - qui ont (in)formé mon engagement féministe non seulement dans l'exercice médical mais aussi dans mon écriture. 

Quand j'ai été publié pour la première fois, La Vacation était un "roman médical"...  Les suivants (en particulier La Maladie de Sachs) l'étaient aussi. J'ai été "reconnu" principalement comme un "écrivain-médecin" (ou un "médecin-écrivain"). Et pourtant, j'écrivais d'autres choses en parallèle : des romans policiers et de SF, des essais sur les séries télévisées. 

J'ai toujours été un auteur transgenre et intersectionnel, au fond. Comme mes personnages. Parce que c'est comme ça que je me sens et que je vois le monde : comme l'intersection des expériences. 

Au fil du temps, dans mes romans "mainstream" (ceux qui sont publiés par P.O.L) j'ai mêlé le médical, l'engagement féministe et l'histoire (Les Trois médecins) ; le médical et le sentimental (En Souvenir d'André) ; le médical, le féminisme et la SF (L'Ecole des soignantes), tout en construisant une longue fiction romanesque, historique, familiale et féministe, dans Abraham et fils, Les Histoires de Franz et Franz en Amérique. 

Bref, je me suis amusé à jongler. 

Le projet de L'Amour à temps était déjà ancien, comme je l'ai expliqué dans les épisodes précédents du "making-of", et il était ancré dans toutes les influences qui m'ont baigné pendant mon enfance et à l'âge adulte. Comme l'étaient tous les romans précédents, plus ou moins.  

Mais à l'heure où les cartons voyagent vers les librairies, je me rends compte que pour la première fois je viens d'écrire un roman dont le thème central est une histoire d'amour, qui commence par une enquête familiale et historique, qui se poursuit par un voyage fantastique tout en abordant les problématiques féministes qui me sont familières - et parle aussi de mon obsession pour l'écriture, les livres, les bibliothèques et les librairies, sans oublier la culture anglophone et les chansons. 

Et qui (je crois) se finit bien. 

Autrement dit : une Romance. Avec certains des "tropes" les plus classiques du genre : l'amour interdit, la proximité forcée, la seconde chance, le triangle amoureux (avec un twist), l'amnésie, le voyage dans le temps, le "Qui t'a fait ça"... 

Et, fondamentalement, c'est le roman que j'ai toujours voulu écrire. Depuis le début. 

Je suis très heureux d'y être parvenu enfin (il était temps, hahaha) et je pense que c'est grâce à tous les romans précédents que j'y suis parvenu. Ceux que j'ai lus et ceux que j'ai écrits. 

J'espère qu'aux yeux des lectrices il sera réussi. 

Mar(c)tin  

  

 

 

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