jeudi 30 octobre 2014

Le métier d'écrivant - L'écriture au jour le jour (2)

Combien d'heures écrivez-vous chaque jour ?

Daniel Zimmermann m’a posé cette même question, un soir, au téléphone en 1990 ou 1991. J’avais publié La Vacation mais pas d’autre livre. Je lui réponds alors, embarrassé, que je n'ai pas toujours beaucoup de temps à moi, avec des patients, des enfants - j'en avais déjà deux... Il me décoche : "Si tu veux être un vrai écrivain, il faut que tu écrives dix heures par jour." J'ai éclaté de rire : j'en étais bien loin. Je pouvais tout juste taper quelques pages le soir quand je n'étais pas trop crevé. Mais cette déclaration de sa belle voix grave m'a ébranlé. Est-ce que je pourrais jamais être un vraicrivain si je ne travaillais pas dix heures par jour ?

(Je parle plus longuement de Daniel et Claude Pujade-Renaud, qui furent mes "parrain et marraine" en écriture dans ce chapitre. Si vous êtes curieux de ce qu'écrivait Daniel, écoutez ceci, lisez L'anus du monde ou Les chats parallèles.) 

Lorsque Daniel m'a dit ça, j'étais médecin généraliste à temps plein. J'avais publié un premier roman, qui n'avait pas marché mais dont j'étais très fier (et qui avait été publié par P.O.L, tout de même...). En 1993, j'ai quitté mon cabinet médical et, tout en exerçant la médecine à l'hôpital, à temps partiel, j'ai gagné ma vie en faisant de "petits boulots d'écriture". Pendant cinq ans, presque clandestinement, entre deux commandes alimentaires (articles, traductions médicales ou de comic-books), j'ai écrit un deuxième roman. Si jamais je le publiais un jour, pensais-je, tout le monde aurait oublié que j'en avais un jour publié un premier.

Une fois terminé, le nouveau roman faisait pas loin de 1.000.000 de signes, quatre fois plus que La Vacation. Il s'est d'abord intitulé Les Relations. Puis La relation. Et enfin, parce que ce dernier titre était déjà utilisé, La maladie de Sachs. 

Je n'ai pas travaillé dix heures par jour quand je l'écrivais - enfin, peut être que si, à la fin... Mais je l'écrivais au fur et à mesure, quand ça me prenait, quand j'avais le temps, quand je n'avais rien de plus urgent à faire. A force d'après-midi ou de week-end volés à mes tâches mercenaires, le résultat était là.

Depuis qu'il a été publié, je me suis "professionnalisé" : j'ai abandonné les traductions pour écrire mes propres textes, à temps plein (en dehors de deux vacations hospitalières par semaine, que j'ai assurées jusqu'à la fin 2008). Aujourd'hui, je me rends compte que parfois j'écris parfois quinze heures par jour. Et j'écris vite. Les Trois Médecins a été écrit au printemps 2004 en quatre mois - le temps qu'il a fallu à Dumas pour publier Les Trois Mousquetaires en feuilleton dans un quotidien. Le Choeur des femmes a été  presque entièrement rédigé entre le 1er mars 2009 et le 15 mai 2009. En souvenir d'André a été écrit pendant l'été 2011. (J'ai aussi écrit Dr House - L'esprit du Shaman, cet été là.) 

Est-ce qu'il faut écrire dix heures par jour ? Non, bien sûr. Il n'y a pas de règle. L'écriture quotidienne, c'était une discipline qui était vraie pour Daniel, pour des raisons qui lui étaient propres ; ça n'est pas vrai pour tout le monde. Pour moi, ça n'est pas vrai tout le temps : je peux passer de nombreux jours sans écrire. Et j'écris quand même, dans ma tête. 

Mais aujourd'hui, je sais que je peux écrire dix à quinze heures par jour. Et non seulement ça ne m'est pas difficile, mais c'est dans les moments d'euphorie insomniaque produits par l'écriture que je me sens le mieux. Mon corps n'a pas de poids, j'avance sans effort, mon esprit est clair, je sais où je vais et rien ne peut m'arrêter. (Oui, c'est une illusion, mais c'est chouette !) 

Ça m'arrive chaque fois que je suis "dans" un livre – je veux dire : chaque fois que rien d'autre ne compte, rien que ce livre-là. Je n'ai plus d'heure pour manger, je m'interromps à contre-cœur si je dois sortir ou me consacrer à une autre tâche, je suis absent et rêveur, parfois même irritable d'avoir dû abandonner mon histoire. J'ai envie d'y retourner sans attendre, de me remettre au clavier, de reprendre le fil. D'abord, parce que je veux connaître la suite : je ne la connais pas toujours, je suis souvent surpris des chemins qui s'ouvrent devant moi. Ensuite, parce qu'écrire au long cours est un "trip" au cours duquel je n'ai plus mal ni faim ni soif, ni désir, ni chagrin. Comme les marathoniens qui, au bout de quelques kilomètres, se mettent à "planer" et ne sentent plus aucune douleur. 

Je finis par en sortir, comme quand on termine une course. Et l'énergie, l'ivresse, mettent un peu de temps à s'estomper. Et puis après, je "crashe". Et je n'ai qu'une envie : retrouver cette énergie. Mais c'est comme le marathon : on n'en court pas deux d'affilée. Il faut se préparer de nouveau pour le suivant. 

Est-ce qu’il vous arrive d’avoir des « blancs », des blocages, ou l’angoisse de la page blanche ?

L’angoisse de la page blanche, non. C’est l’avantage d’avoir des intérêts très variés : j’ai toujours plusieurs idées ou projets de livres en même temps. Alors je prends des notes ou je fais des ébauches sans arrêt, pour l’un ou pour l’autre. Des blancs, des blocages, oui, certainement. Il y a des moments où un livre n’avance pas. Et il peut y avoir diverses raisons pour ça : si je suis fatigué ou surmené, ou si j’ai des soucis personnels, ça compromet ma concentration, je ne suis pas un robot... ça peut être parce que je me suis engagé sur une voie qui ne fonctionne pas. J'ai fini par penser que si un chapitre n’avance pas, c’est peut-être parce qu’il est de trop, ou pas à sa place ou parce que ce que j'y écris (la piste que j'emprunte) ne m'intéresse pas. Alors je reviens en arrière et j'emprunte une autre voie. Et parfois je jette ce que je viens d'écrire, ou je le mets de côté. Une autre solution – ça, c’est plutôt oulipien – consiste à envisager le blocage comme une contrainte et à le traiter comme tel - c'est à dire à en faire le sujet du texte. 

J’ai fait ça dans ma trilogie de science-fiction, Un pour deux, L’un ou l’autre et Deux pour tous (Calmann-Lévy)J’avais conçu le second volume comme une « saison » de série télévisée commentée par des spectateurs, qui se terminait par un cliffhanger : une fin explosive – littéralement – laissant personnages et lecteurs en suspens. Je n’arrivais pas à reprendre, alors j’ai poussé le "métadiscours-en-abyme" un cran plus loin en imaginant que le scénariste de mon roman-transformé-en-série fait appel à un autre scénariste pour l’aider à terminer. Ça m’a donné l’occasion de mettre en scène tout un ensemble de jeux de miroirs entre les personnages et d’insérer une réflexion sur la construction narrative à l’intérieur d’un roman de SF. C’est devenu une expérience un peu bizarre, mais c’est ce que je voulais faire. C’est une trilogie romanesque plus « expérimentale » que mes romans médicaux, et je suis plutôt content du résultat, même s'il n'a rencontré aucun succès. 

D'un point de vue plus général, j’avance mieux quand je me donne des cadres. C’est pour ça que les livres qui me sont commandés sont écrits très vite : je n’accepte que lorsque je sais exactement ce que je vais faire, et que l’éditeur est d'accord. Alors il peut m’arriver d’être fatigué, ou d’hésiter sur telle ou telle partie du livre, mais jamais, jusqu’ici – je touche du bois – au point de bloquer complètement.


Combien de temps vous faut-il pour écrire un roman?

Ça dépend. Mes deux premiers romans m’ont demandé du temps parce que je ne faisais pas que ça. Pour le premier, j’écrivais dans les moments où je n’exerçais pas la médecine. Ça m’a pris deux ans. Pour le second, je profitais des rares moments où je n’avais pas un boulot alimentaire – un article, une traduction – à rendre. Ça en a pris cinq. Mais à partir de 1999, j’ai écrit à temps plein, et le rythme s’est accéléré. Quand je sais ce que je veux écrire, je peux travailler sans interruption, je sais me relire et me corriger sans état d’âme, alors ça va très vite. Mais pas toujours : En souvenir d’André, qui est un livre très court, m’a pris le même temps que mes deux gros romans précédents. Je voulais l’écrire dans une prose plus économe, en pesant mes mots, avec toute la retenue possible ; ça m’a demandé plus de temps car je n’avais pas fait ça depuis La Vacation. Chaque livre est une expérience différente. 

Devoir rendre le livre à une date précise – pour que le travail éditorial se fasse dans de bonnes conditions – est stimulant, mais Paul Otchakovsky-Laurens ne me presse jamais. Si je ne le rends pas à l’heure dite, le bouquin paraîtra plus tard, et voilà tout. Pour les romans que j’ai publiés chez d’autres éditeurs, là  encore le délai a été variable. Le plus souvent, je me suis calé sur la date de remise indiquée sur le contrat ; les dates-butoir m’aident à organiser mon travail. Et je fais tout mon possible pour les respecter. Mais en général, l’écriture d’un roman me prend trois à six mois, à partir du moment où j’ai la trame générale de l’histoire, le début et la fin bien en tête.
  
Quand vous écrivez un livre, est-ce que vous gardez ça pour vous, ou parlez-vous de ce que vous écrivez ? Quand c'est fini, le donnez-vous à lire ? A qui ? 

J’aime beaucoup parler des livres que j’ai en projet ou en travail. Quand je suis plongé dans l’écriture, je n’ai pas le temps d’en parler mais je le fais souvent avant de m’y mettre pleinement, car parler d’un projet, ça n’est pas l’éventer ou tourner autour du pot, c’est au contraire l’élaborer grâce à la parole, le penser tout haut, en quelque sorte. Dans une certaine mesure, je « teste » le projet auprès d’auditeurs bienveillants. Je ne l’ai pas toujours fait, je ne le fais pas toujours, mais j’ai beaucoup parlé des Trois Médecins à des collègues généralistes, car lorsque je me préparais à l’écrire, je participais à des séances de formation médicale. Je demandais à mes collègues de me raconter des anecdotes de leurs études, et je leur demandais s’ils étaient d’accord pour que j'en reprenne certains dans le livre et que je les attribue à mes personnages – tous ceux qui ont ainsi « contribué » au livre sont cités dans les remerciements. J'ai fait ça en pensant à l'équipe de ER/Urgences qui demandait à tous les services d'urgence des Etats-Unis de lui envoyer des anecdotes, et qui les intégrait sous forme de "vignettes" dans leurs épisodes. Et la plupart des médecins à qui j'ai parlé étaient très heureux non seulement d'évoquer leurs souvenirs mais aussi de la perspective de les voir "inscrits" quelque part.

Plus tard, j’ai beaucoup parlé du Chœur des femmes, pendant que je l'écrivais, à mes collègues du centre de recherche en éthique de l’université de Montréal - des philosophes qui étaient toutes et tous évidemment sensibles à la matière du livre, et en particulier à ce que j’y décris de la manière dont beaucoup de médecins maltraitent les femmes, physiquement et moralement. 

J'ai aussi la chance, au fil des années, de m'être lié à des amis/es à qui j'ai envoyé mes manuscrits en cours (en feuilleton) ou une fois achevés. Tout en étant des personnes relativement étrangères (des correspondant.e.s, pas des amis intimes), ces "lecteurs/trices alpha" m'ont beaucoup soutenu. Peut-être précisément par la distance qui nous séparait. 

Pendant vingt-cinq ans la personne à qui j’ai le plus parlé de ce que j’écrivais était ma compagne, que je désignais par les lettres « MPJ » dans mes livres. Elle a été, avec mon éditeur, Paul Otchakovsky-Laurens, la première lectrice des textes qui me tenaient le plus à cœur - les romans et les nouvelles - entre 1988 et 2011. Je l’avais rencontrée peu après avoir écrit mon premier roman, La Vacation, dont je lui ai fait lire le manuscrti ; nous nous sommes séparés quelques mois après que j’ai publié En souvenir d’André. 

Pendant de nombreux mois après notre séparation, je n'ai pas pu écrire. J'avais le sentiment que je ne pouvais pas écrire sans elle. Et puis quelqu'un m'a fait remarquer que j'avais commencé à écrire bien avant de la rencontrer, à une époque où personne ne me lisait. Aujourd'hui, je comprends bien que je n'ai besoin de personne pour écrire, mais que j'ai eu besoin (et j'ai probablement toujours besoin) que quelqu'un de proche réagisse "à chaud" à ce que j'écris. Pour une raison simple : je ne suis jamais sûr que ce que j'écris a de la valeur, non pas dans l'absolu, mais en tant que source d'émotion ou de réflexion pour quelqu'un d'autre que moi. Pendant que j'écris, ça n'a pas grande importance : je suis dans l'écriture, c'est suffisant en soi, je ne pense à rien d'autre et je ne ressens rien d'autre que ce que je suis en train d'écrire. Mais après que c'est écrit, j'ai souvent des sentiments mêlés d'abattement et d'incertitude. Et entendre quelqu'un me dire que c'est bon à lire, ou que ça serait meilleur si j'apportais telle ou telle modification, si je reprenais telle ou telle chose, c'est une manière de vérifier que ce que j'ai écrit n'est pas, purement et simplement, nul et non avenu. Ce n'est pas tant ce qu'on me dit qui importe (je peux encaisser les critiques ou les réserves), mais le fait qu'on réagisse à ce que j'ai écrit. Si ça provoque une réaction, quelle qu'elle soit, ça veut dire que ce n'est pas incolore, inodore et sans saveur - donc, futile. 

Cette crainte d'être futile (ou "mièvre" dans mes propos) est ancienne, et permanente. Elle n'a en rien été réduite par le fait que mes livres sont publiés, lus et appréciés. Je pense que c'est un "défaut fondamental", une crainte qui fait partie intégrante de ma personnalité. Elle est présente à chaque livre, beaucoup plus avant et pendant l'écriture qu'après (quand Paul O.-L. publie un de mes livres, je ne peux plus penser qu'il est futile, ce serait insultant pour lui, pour la maison et les autres auteurs P.O.L) mais elle ne me quitte pas. Je n'arrive juste pas à ne pas douter de l'intérêt de ce que j'écris. 

C'est parfois un peu pénible, mais c'est un peu comme quand on se regarde dans la glace et qu'on se trouve moche. Un autre aura beau dire qu'on ne l'est pas, c'est comme ça qu'on se voit. Et on est partagé entre le désir de croire l'autre, et la crainte que ce qu'il croit soit erroné. La crainte de le tromper et, un jour, d'être découvert pour ce qu'on est : un faussaire ; un escroc ; un imposteur. 

(A suivre) 



mardi 21 octobre 2014

Le métier d'écrivant - L’écriture au jour le jour (1)

Comment écrivez vous ? Au crayon, à la plume, à l’ordinateur ?

Aujourd’hui en 2013, et depuis vingt-cinq ans, j’écris essentiellement à l’ordinateur. Mais j’ai toujours des carnets avec moi, et quand je ne suis pas assis à mon bureau, je prends des notes, que je retranscris ou non par la suite. Avoir un morceau de papier m’aide à organiser ma pensée quand je ne suis pas devant un écran. Quand je pense à un livre, je prends des notes que je reporte plus tard ou non. J'écris aussi à la main, sous forme de plan plus ou moins détaillé, les conférences que je donne. Il m'est arrivé de les écrire entièrement, surtout les premières fois, car j'étais impressionné à l'idée de parler devant des assemblées de gens toujours plus savants que moi, et je ne voulais pas donner le sentiment que je bâclais mes interventions ou que je disais n'importe quoi. 

Mais le fait est que pour les conférences, je préfère une certaine part de spontanéité. Parfois, quand je raconte quelque chose, ou quand je formule une opinion, une hypothèse, il me vient des exemples auxquels je n'avais pas pensé auparavant. Si tout est déjà écrit, il est difficile de les insérer.  Mais si j'ai surtout le plan, le squelette de la conférence, je peux les glisser dedans. J'ai aussi constaté que je construis mieux mes textes en les écrivant à la main ; ça me permet de permuter, d'aller et venir dans le texte plus facilement qu'à l'écran.

Mais la plupart de mes textes sont écrits à l'écran, directement. Après, j'imprime et je relis/corrige/réécris sur papier.


Vous écrivez vite, ou lentement ?

Ça dépend. Il m’a fallu deux ans pour La Vacation et cinq pour La Maladie de Sachs parce que je faisais autre chose, j’exerçais la médecine à temps plein, puis j’ai été traducteur free-lance. Pour Les Trois Médecins, Le Chœur des femmes et En souvenir d’André, il m’a fallu seulement quelques mois, mais j’écrivais quinze heures par jour, j’avais déjà pensé les livres pendant longtemps, je savais où j’allais et ce que je voulais faire alors que c’était moins vrai pour les deux précédents. Pendant l’été 2012, en plus de En souvenir d’André, j’ai écrit un essai sur la série Dr House, et ça aussi m’a pris seulement quelques semaines parce que je n’ai fait que ça, et j’avais déjà le sujet bien construit dans ma tête. 

L’expérience compte beaucoup. Et puis, ça dépend du texte que je dois écrire. Pour les articles, je procède toujours de la manière suivante : une fois que j’ai accepté la commande, je pense au sujet pendant plusieurs jours et je m’asseois pour l’écrire deux ou trois jours avant la date de remise. Je l’écris en tâtonnant, pour trouver l’approche qui me semble juste, et souvent, la troisième ou la quatrième version est la bonne. Pour un essai, je fais un plan – qui souvent est destiné à indiquer à l’éditeur le contenu du livre, et ça aide aussi à rédiger. Je suis mon programme, même si je l’aménage en cours de rédaction. 

Pour un roman, bien sûr, c’est beaucoup plus long, parce que c’est plus aléatoire, plus expérimental. Le roman terminé n’est jamais exactement ce que j’avais imaginé au départ. Certaines idées sont abandonnées en chemin parce qu’elles tombent à plat, j’en oublie d’autres parce qu’elles n’ont pas leur place dans la construction. En général, quand j’ai l’idée d’un roman, elle me semble impossible à réaliser parce que j’ai envie de construire une cathédrale. Et puis, quand je me mets à construire, pierre par pierre, je me rends compte que construire une maison, c’est déjà pas mal, et que je peux même me contenter d’un chalet en bois. Tant qu’il est fait correctement, il n’y a pas à rougir. Et j’ai de la chance : je n’ai pas honte de mes romans quand je les relis. 

Certains sont plus ambitieux que les autres, bien sûr, et ont représenté un travail plus important, mais je les aime tous. Comme l’immense majorité de mes livres. Tout ça pour dire que je n’ai pas une « vitesse standard » pour écrire, ça dépend du projet, des circonstances environnantes, de ma charge de travail… Mais j’écris vite, d’abord parce que je tape assez vite, et je peux taper pendant des heures, et j’ai appris à me relire et à me corriger sans état d’âme, ça aide à gagner du temps.

A quels moments de la journée écrivez-vous ? Le matin ? Le soir ? En silence ? En musique ? Avec le bruit des gens qui passent ? Au café ?

N’importe quand, je n’ai pas d’heure. Je peux commencer tôt le matin et finir tard le soir dans la nuit si je suis pris par l’écriture d’un livre. Je peux ne pas écrire de la journée ou n’écrire que des articles courts, ou quelques pages de journal. Je n’ai pas de « programme d’écriture ». Je m’adapte aux contraintes du moment – ou je fais passer en priorité le texte qui m’importe le plus.

Jusqu’à ce que j’aie un appartement rien qu’à moi, ce qui n’est arrivé que tout récemment, j’ai toujours écrit au milieu des autres. Lorsque j’étais enfant puis adolescent, ma chambre était un hall de gare. Il y avait trois portes, ma mère passait par ma chambre pour aller dans la chambre de ma sœur. A l’âge adulte, j’ai passé le plus clair de mon temps à écrire dans mes chambres successives, parfois - en 1993-94, en particulier - avec des bébés dans un lit juste derrière moi, ou sur les genoux - et c’est parfois acrobatique, vu la propension qu’ils ont à foutre leurs menottes couvertes de salive, de beurre ou de confiture sur le clavier… 

Je peux écrire en silence ou en musique. Je peux écouter des chansons en anglais mais pas de la chanson francophone. J’écoute souvent du jazz, Bill Evans. Je peux écrire avec des gens dans la pièce ; s’ils ne m’adressent pas la parole, le fait qu’ils se parlent ne me gêne pas. J’écris mieux le soir que le matin, sauf quand je suis dans un roman, alors là j’écris jusqu’à pas d’heure et je me lève dès que je me sens capable de m’y remettre. Je suis plutôt quelqu’un du soir et de la nuit que du matin mais quand une nécessité se fait jour – le plus souvent, un livre ou un article à finir - je peux me lever à quatre heures et écrire toute la journée. 

Depuis deux ou trois ans, je dors beaucoup moins, cinq ou six heures au plus. Je me lève et j’écris, ou je lis à l’écran. J’écris rarement au café, et quand je le fais, il s’agit de courriels, pas d’un livre ou d’un article, parce que pour ça, j’ai besoin de pouvoir me lever, aller me chercher un café ou me faire un sandwich, me rasseoir, marcher de long en large pour réfléchir à ce que je vais écrire ensuite, etc. Je ne peux pas faire ça au café.


En quoi l’écriture à l’ordinateur est-elle différente de l’écriture à la main ? Pensez-vous qu’on a perdu quelque chose en passant du papier à l’écran ? 

Franchement, non. Personnellement, j’ai beaucoup gagné à passr à l'ordinateur, d’autant qu’après avoir écrit à la main frénétiquement entre 12 et 17 ans, je suis passé du papier à la machine à écrire mécanique, puis à la machine électrique, puis à l’ordinateur entre 1973 et 1988. Tout ça s’est fait progressivement et chaque transition m’a permis d’écrire plus et plus vite. Umberto Eco écrit quelque part que l’informatique a changé la structure des textes, à cause de la facilité à pratiquer le copier-coller, d’effacer sans laisser de trace, etc. 

Mais le passage de l’oralité à l’écriture a changé la narration de manière beaucoup plus radicale encore. Et doit-on regretter de ne plus écrire à la plume d’oie ou sur des rouleaux de parchemin ? Jean Guenot, dans son merveilleux Ecrire, Guide pratique de l’écrivain, dit très justement que quand c’est dactylographié – ou, aujourd’hui, imprimé – ça a toujours l’air meilleur que si c’est écrit à la main. C’est vrai, et c’est un risque, mais ça permet aussi, pour moi en tout cas, de prendre des distances par rapport aux émotions qui font trembler la main, raturer, écrire entre les lignes, etc. Je ne sacralise pas les différents états d’un texte. J’ai souvent plusieurs versions d’un texte, mais à mes yeux ce sont seulement des étapes, pas des objets de vénération. 

Plus tard, je trouve intéressant de retrouver des fragments non utilisés, bien sûr, mais au moment où j’écris mes hésitations ne m’intéressent pas. Alors écrire à l’écran, ça me permet de gagner beaucoup de temps. Encore une fois, je ne suis pas un styliste qui écrit et réécrit dix, vingt ou cent fois la même phrase, je suis un narrateur qui veut avant tout que le récit coule et que le lecteur soit emporté. Pas qu’il s’arrête et s’émerveille à chaque trouvaille. Et pour ce qui est de la première question, je n’ai pas de réponse. Je ne sais pas ce que ça a changé de passer de la main à la machine, parce que ça s’est fait de manière très inconstante, très diverse, d’une culture et d’un auteur à un autre. 

Beaucoup d’Américains – et un bon nombre d’Européens – composaient déjà leurs livres à la machine au début du  vingtième siècle ; d’autres écrivent encore à la main, le font dactylographier puis réécrivent ensuite. C’est un peu comme si vous disiez : « Est-ce que l’électrification des instruments a fait perdre quelque chose à la musique ? » Je ne crois pas. Ca ajoute des possibilités, ça permet à des musiciens d’acquérir une expérience et de produire leur musique de manière personnelle, mais ça n’enlève rien. Il en va de même quand on écrit. 

Bien sûr, passer de la plume au clavier a certainement changé quelque chose, mais en dehors de celui-là beaucoup de facteurs ont pu influer sur la manière d’écrire. Alors même si les expériences personnelles méritent d’être entendues (j’aimerais par exemple, interroger des écrivants pour leur demander de raconter quand ils ont écrit au clavier pour la première fois), je crois qu’on aurait tort de généraliser. A chacun.e de trouver la manière la plus confortable pour lui ou elle d'écrire.

Est-ce que vous avez des rituels pour écrire ?

Quand on a posé cette question à Isaac Asimov – il le raconte dans son bijou d’autobiographie, Moi, Asimov – il a réfléchi deux secondes avant de répondre – je le cite de mémoire – « J’approche mes doigts assez près du clavier pour qu’ils le touchent, et j’écris. » Je pourrais dire la même chose. Je n’ai pas de rituels pour écrire, j’écris parce que j’ai envie d’écrire, et je ne tourne pas autour du pot : je m’installe à mon clavier et j’écris, ou je saisis un papier et un crayon et j’écris, une phrase, des notes, ce que je veux garder. 

Tout ce que j’écris n’est pas toujours fait pour être gardé – ou repris, mais parfois simplement, c’est le mouvement d’écriture en soit qui me semble nécessaire, plus que les mots eux-mêmes. Je ne sais pas comment expliquer ça exactement, mais on dirait que parfois, une idée est si présente que j’éprouve le besoin de la rendre plus présente encore, pour qu’elle cristallise, pour qu’elle prenne une forme qu’elle n’a pas dans ma pensée. Ce que je me rappelle le mieux, c’est ce que j’ai lu. Par conséquent, pour qu’une idée me reste en mémoire, il faut que je la lise. Et pour pouvoir la lire, il faut que je l’écrive. Le mouvement d’écriture, à ces moments-là, n’est pas un mouvement de conservation mais d’exposition. La phrase écrite à la main a une texture, une consistance, une réalité qu’elle n’a pas dans la pensée. La phrase reprise sur un écran a une autre consistance encore parce qu’elle se retrouve mêlée à d’autres phrases, incluse dans quelque chose qui commence à être un texte. 

Le texte sortant de l’imprimante a un poids supplémentaire, celui qui apparaît sur mon écran mis en page par l’éditeur m’est presque étranger, et quand le livre m’arrive, c’est le livre de quelqu’un d’autre. Enfin, pas tout à fait, mais c’est l’illusion que j’ai… Mais je ne sais pas pourquoi je vous dis tout ça… Quelle était la question, déjà ? Ah oui ! Les rituels pour écrire… Au fond, parfois j’ai le sentiment qu’écrire est pour moi un moyen détourné d’accéder à des textes qui se condensent en moi, des textes que je veux voir imprimés, mais que je ne peux pas vraiment lire, une fois qu’ils le sont, car je n’aurai pas la fraîcheur, l’innocence qu’on a en découvrant un texte inconnu, je n’aurai pas les surprises, je n’aurai pas les émotions. Alors je me rattrape en lisant ou en écoutant avidement les réactions des lecteurs qui me parlent de mes livres. 

J’ai toujours envie qu’on me parle de mes livres, non pas pour m’entendre dire que je suis un auteur talentueux ou un type formidable, mais pour qu’on me raconte des histoires que je n’ai jamais entendues. Et rien ne me fait plus de plaisir que d’entendre des histoires en… « réponse » aux miennes. C’est comme s’il y avait une multiplication des histoires.

Est-ce que vous écrivez plusieurs textes en même temps ?

Il m’arrive de passer d’un texte à un autre, surtout quand j’en suis à l’étape de la prise de notes, ou l’établissement d’un plan ou d’un « chemin de fer », une suite de chapitres ou de parties. Je peux m’interrompre dans l’écriture d’un gros texte – un roman, un essai – pour écrire un texte plus court, un article, une lettre. Mais quand je suis vraiment plongé dans un texte, je n’aime pas en sortir. C’est ce moment d’immersion qui me procure le plus grand plaisir. Au point que, lorsque je suis contraint d’en sortir – pour me plier à une obligation, un repas, un coup de téléphone, une tâche impérative – je suis souvent au moins pensif, au pire de mauvaise humeur.

(A suivre...) 


samedi 16 août 2014

Le métier d'écrivant (22) - "En souvenir d'André"

En souvenir d’André (P.O.L 2012 - Folio, 2014) est un livre très différent des trois romans précédents. Plus bref, plus elliptique. Plus grave, aussi. Comment l’idée vous en est-elle venue ?

Je vivais à Montréal depuis trois ans et demi, j’avais baigné dans une autre culture, beaucoup plus tolérante, beaucoup plus ouverte à certaines idées que ne l’est le monde médical français. J’avais passé trois ans avec des philosophes à l’Université de Montréal, et suivi des cours aux Programmes de bioéthique en vue d’une maîtrise. La question de la fin de vie avait été traitée très clairement dans deux rapports importants, le premier « Prises de décision en fin de vie », avait été publié en 2011 par la Société Royale du Canada ; l’autre, « Mourir dans la dignité », commandé par l’Assemblée Nationale du Québec, en mars 2012.

La question du suicide assisté, je l’avais abordée de front à la fin du Chœur des femmes - il est clair, je pense, que la position de Franz Karma est l’exact reflet de la mienne - mais ce n’était pas le sujet du roman. Je voulais y revenir de manière plus précise, plus spécifique. Je n’avais pas vraiment prévu de le faire à ce moment-là, mais des circonstances personnelles m’y ont amené. Je vivais un deuil symbolique important, je m’interrogeais sur ce que j’avais fait jusqu’ici, en écrivant, et pourrais faire dans l’avenir, dans ce pays qui m’a accueilli mais où je suis encore un nouvel arrivant. J’avais envie d’écrire mon roman familial, mais j’anticipais que ça serait de nouveau un « gros » roman. Comme j’étais dans une humeur plutôt grave, plutôt sombre – je vivais un deuil personnel – je ne me sentais pas la force de me lancer dans ce grand bouquin, et je me demandais si j’étais capable d’écrire un « petit » livre, un texte plus succinct, plus condensé, plus sobre.

J’ai commencé par écrire les deux « chapitres » - enfin, les passages, car il ne s’agit pas de chapitres à proprement parler – dans lesquels Emmanuel parle de la mort de son père et de sa mère. Puis j’ai laissé « reposer », je me suis mis à un autre livre que je devais écrire aussi à ce moment-là, un essai sur la série Dr House et après quelques semaines, je me suis remis à ce roman, qui s’intitulait La Veillée. J’avais envie d’y exposer ma vision des choses, sans la théoriser. L’écueil, c’est que j’avais très peu d’expérience concrète sur le sujet. Et pour la première fois, j’ai décidé de parler d’une expérience non pas professionnelle, mais intellectuelle et émotionnelle. Dans mes autres romans, ce qui domine est la colère – la révolte contre l’arbitraire médical ou l’absurdité de certaines situations humaines. Dans En souvenir d’André, je voulais dépasser la colère et parler de sentiments plus essentiels, plus intimes.

Est-ce que le milieu médical a réagi au contenu du livre, qui décrit tout de même un médecin prêt à aider ses patients à mourir…

Je ne sais pas. Je n’ai pas vu d’article dans la presse médicale à son sujet. Mais j’ai reçu des messages de soignants me disant que ça les avait touchés et qui m’ont confié leurs réflexion et leur expérience. D'un point de vue général, la presse médicale réagit assez peu à mes romans, et pas du tout à mes essais sur la médecine. Je vais bientôt publier un nouvel essai, Le patient et le médecin, et je pense qu'il en ira de même, du moins en France, même si j'y attaque très vivement l'institution médicale, la formation des médecins et les comportements maltraitants d'un trop grand nombre d'entre eux. 
C'est une des grandes différences entre la France et les pays anglo-saxons. Le clivage entre le monde médical (qui n'est pas du tout homogène) et la société est très grand, au point que les organes d'information médicale semblent ignorer ce qui se passe dans le domaine culturel en particulier. On est très loin de l'attitude des Anglo-Saxons, qui accordent une grande place aux interactions entre Médecine, Sciences Humaines et Arts - ce qu'on appelle les "Medical Humanities".

Comment le roman a-t-il été reçu par le public français ?

Bien, compte tenu du sujet. C’est un roman d’abord plus difficile, je le savais, je m’attendais à ce qu’il fasse peur, mais il a trouvé son public, comme les autres. Toute la maison P.O.L l’aimait, mes proches l’ont aimé, les lecteurs qui m’en ont parlé l’ont fait avec beaucoup d’émotion. Je suis très heureux qu’il ait été reçu ainsi. Ce n’est pas un roman qui fait parler beaucoup, je crois, c’est plutôt un roman qui fait méditer, songer, et ça correspond bien à l’atmosphère dans laquelle je me trouvais en l’écrivant. Il a été traduit en langue allemande et ça m’a valu de me rendre au Festival International de Berlin en septembre 2013, et d’y rencontrer des gens vraiment intéressants. C’était émouvant, parce que c’est aussi ce qui s’est passé pour La Vacation, roman difficile lui aussi. Alors j’avais un peu le sentiment que je commençais un nouveau cycle. Tout le monde n’a pas cette chance. Le livre a été repris en Folio en mars 2014, en même temps que La Vacation, et j'ai eu l'occasion d'aller signer au Salon du Livre. J'ai pu y rencontrer beaucoup de lecteurs, qui m'ont dit que le livre les avait touchés profondément, sans pour autant les déprimer - ce qui me souciait, quand même. Je pense que c'est ce qu'il y a de plus gratifiant pour moi : entendre dire que mes livres, qui ne sont pas toujours très gais, touchent la sensibilité des lecteurs et leur laissent un sentiment plutôt positif, c'est très important à mes yeux.

Le livre est construit autour d'un procédé narratif particulier et se termine de manière très surprenante, par un retournement romanesque, une révélation de dernière minute. De dernière page, même. N'est-ce pas paradoxal pour un livre abordant un sujet aussi délicat ? 

Je ne pense pas, parce que dans mon esprit, ce n'est pas un livre à thèse sur l’assistance au suicide, c’est un roman. Et le sujet profond de ce roman est la transmission : Qu’est-ce que nous laissons derrière nous au moment de disparaître ? Et à qui confions-nous ce que nous laissons ? Peut-on confier ce qu’on porte de plus secret, de plus difficile à raconter ? Et à qui ? Ce qui m’intéressait, surtout, c’était d’approcher ces questions-là. Chaque fois que j'écris un roman, je me pose deux questions : quelle histoire (l'histoire de qui) est-ce que je raconte, et qui la raconte ? Là, c'était assez simple : Emmanuel, le personnage principal, raconte son histoire pour la première et la dernière fois. Et il choisit très précisément à qui il va la raconter, tout comme ceux et celles qui se sont confiés à lui auparavant l'ont choisi, lui, pour les entendre. Mon "idéal" de narration, c'est un texte qui se clot par une illumination, un éclairage ; un texte qui, lorsqu'on finit sa lecture nous donne à voir l'histoire qu'on vient d'entendre sous un jour nouveau. Dans une certaine mesure, le procédé est le même que celui de La Vacation. Mais si à la fin de La Vacation on apprend l'identité du narrateur, à la fin de En souvenir d'André, on apprend celle de l'auditeur d'Emmanuel. Bien entendu, le procédé avait une autre fonction : celle de mettre le lecteur dans la position de l'auditeur de l'histoire, une position silencieuse mais pas du tout passive : la lecture est un processus de création autonome, tant sur le plan des images (le visage des personnages, le décor des événements) que sur celui des idées et des sentiments. Dans une certaine mesure, les cinq romans que j'ai publiés chez P.O.L, mais aussi un certain nombre de mes nouvelles sont tous des variations sur ce va-et-vient entre le narrateur et l'auditeur - c'est à dire entre l'auteur et le lecteur. Je pense que c'est lié à ma propre expérience de lecteur : un livre qui me touche, c'est un livre dont il me semble qu'on me raconte l'histoire à moi, personnellement. Et c'est ce genre de relation que j'espère reproduire dans mes propres livres.

Vous dites avoir le sentiment de commencer un "nouveau cycle" avec ce livre. Pouvez-vous préciser en quoi ? 


Mes cinq romans médicaux avaient tous des personnages principaux médecins, leur matière romanesque puisait dans mes de médecin, et les récits se déroulaient dans des milieux ou des situations propres à cette profession. Parmi les romans que j'ai l'intention d'écrire dans les années qui viennent, un seul a un thème proprement "médical". Les autres auront un thème et un décor très différent. En un sens, je pense avoir fait le tour de ce que j'avais à dire sur mon métier (il me reste cependant un roman à écrire sur mon expérience dans un groupe Balint) ; à présent, je veux parler de choses plus personnelles, plus intimes, que j'ai vécues en tant qu'individu, en tant qu'homme, père, amant, compagnon, ami - et aussi dans mon enfance et mon adolescence. J'ai beaucoup donné la parole aux autres - aux femmes, en particulier. A présent, j'aimerais parler de moi, et en particulier de ce que c'est à mes yeux qu'être un homme. Ce n'est pas un mince projet, et j'espère que j'aurai le temps de l'aborder dans tous les romans que j'ai en tête. 

Il y en a beaucoup ? 
Au moment où je vous parle, j'en ai déjà deux en travail (l'histoire d'un père et de son fils, et une histoire d'amour et de voyage dans le temps) et trois autres en préparation. Bref, je ne suis qu'à la moitié de mon trajet, et j'ai du pain sur la planche !



Prochain épisode : l'écriture au jour le jour.