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vendredi 25 décembre 2009

Out of the Past (2) - par Martine B.

De: mimics@gmail.com
A: patvy@free.fr
Objet: C’est Noel !

Oui, je sais, ce courriel va te surprendre. J’en suis la première étonnée d’ailleurs, et je ne sais pas bien par où commencer.

Cela fait longtemps …vingt ans, exactement.

Il y a vingt ans, nous nous étions retrouvés par hasard chez des amis communs et avions projeté de nous revoir. J’ai eu le malheur d’en parler à une « bonne copine » », et la suite tu la connais.

Enfin, non, tu ne sais pas que cela fait vingt ans que je m’en veux, que je me demande ce qui aurait été différent dans ma vie si cette rencontre avait eu lieu, que j’ai le sentiment d’avoir été piégée et que c’est difficile à digérer parfois. Tu ne sais pas que tu es présent dans mes meilleurs souvenirs, et qu’il y a des endroits où je ne peux mettre les pieds sans penser à toi. Je n’y mets plus les pieds d’ailleurs.

Tu dois t’imaginer que je t’ai oublié puisque je n’ai pas donné signe de vie. J’ai pourtant essayé de te recontacter une fois déjà, il y a une dizaine d’années. Je t’avais écrit une longue lettre, que tu n’as jamais reçue. (Te connaissant, je pense que tu vas apprécier l’ironie de la situation !). Si tu savais comme je me suis sentie bête après l’avoir postée, puis combien j’ai attendu ta réponse, j’ai mis un temps fou avant de comprendre que je m’étais trompée d’adresse…

J’avais fini par me dire que mon erreur était un signe du destin, que ce n’était pas la peine de remuer le passé. C’est facile, finalement, de s’étourdir l’esprit avec son travail, sa famille, ses amis…jusqu’à ce que l’évidence frappe au moment où l’on s’y attend le moins.

L’autre jour, je traversais le marché de Noel. Les décorations, la musique, l’odeur de vin chaud, le sourire d’un inconnu – va savoir pourquoi, ton visage s’est furtivement superposé au sien- m’ont replongée en arrière. Tu te souviens de notre premier Christmas à Londres ? De ce que nous avons vécu ensuite je ne regrette rien. Sauf de ne plus pouvoir en parler …

Vingt ans ont passé et je n’ai pas envie d’attendre encore autant de te revoir. Je suis tombée sur ton adresse électronique dans un bouquin sur les séries télévisées. Je n’osais pas t’écrire ou te téléphoner, mais un courriel, c’est tellement simple. Tu peux me répondre dans les cinq minutes ou bien prendre ton temps, j’attends ton message comme autrefois j’attendais tes lettres.

Ou tu peux cliquer sur « supprimer» et m’ignorer.
Mais je t’en prie, ce serait un si beau cadeau de Noel !